Le Rapport sur la Culture dans le monde! 

Quelles politiques culturelles dans les villes et pays du monde? Si Bilbao fut reconnue comme une ville très fortement engagée pour avoir su créer un musée-phare, d’autres cités du monde peuvent nous apporter des moissons d’idées. Un très bon Rapport, celui du Forum mondial des villes pour la Culture de la culture, à lire ici), fait le point chaque année sur le rôle de la culture dans 38 villes et sur les « nouvelles pratiques innovantes » qu’elles proposent aujourdhui.
– Le Forum s’appuie sur de nombreuses données ( Data accessibles, ici! )  sur les investissements, les pratiques mais aussi les choix pour élaborer les politiques. Chers amis du blog, vous rêvez de vous comparer ? Vous cherchez de nouveaux modèles ? Vous souhaitez connaître les 45 indicateurs qui « font » une politique culturelle équilibrée ? Alors, allons-y !
I- Le WORLD CITIES CULTURE FORUM(WCCF), c’est quoi ? Tout d’abord c’est le fruit d’ un travail permanent du réseau des 38 hauts responsables municipaux engagés dans leurs politiques culturelles. Ce réseau est composé de vrais convaincu.e.s que la culture peut être la source de la rencontre entre habitants mais aussi source de développement économique ou de de «différenciation» entre les villes.
La production du Rapport est financé en partenariat avec ces personnes compétences, le Maire de Londres, avec le soutien de par Bloomberg Philanthropies.

II- LES MUTATIONS EN COURS : réussir des modèles plus égalitaires et centrés sur le citoyen.
Deux contextes sont pris en compte : la participation des habitants, appelée « Contexte civique » mais aussi les retombées » économiques sur la ville ou le pays. J’ajoute que si totues les villes sont des grandes villes, leur politiques sont transférables à des cités petites ou moyennes, la différence étant la dimension et la durée des interventions plutôt que la volonté politique, qui préside à toutes les décisions.
1- Quelques généralités par rapport aux années précédentes : sans surprise, le rapport, constate que deux mutations en cours modifient les approches culturelles : les politiques nationales sont de plus en plus conflictuelles avec la montée de mouvement populistes (Elite qui gouverne /Peuple qui n’a pas son mot à dire) et les crises d’identité nationale ou locale (revendications de la langue, de l’identité perdue, groupes constitués par leur origine du peuplement : aborigène, multi-ethnique, coloniale…)
2- « Reconnaissant que l’investissement culturel des 20 dernières années a parfois involontairement contribué aux pressions sociales dans les villes globales » le rapport constate l’un des principaux objectifs de ces politiques, aujourd’hui, serait de réussir de modèles plus égalitaires et centrés sur le citoyen.
3- Des pratiques culturelles innovantes très variées visent une inclusivité croissante, la culture étant de plus en plus ouverte à un plus grand nombre de personnes, de praticiens, de formes d’art et de nouveaux espaces.( Notre photo : Giovanni BattistaTiepolo, – Renaud et Armide , 1742-45-Huile sur toile- 187X216 cm)

III- 200 PROGRAMMES INNOVANTS ! Voilà la partie la plus instructive et concrète de du Rapport : dans les questions posées à chaque ville, l’une consiste à présenter son ou ses programme-phare les plus innovants : 200 programmes sont ainsi passés à la loupe et on rêve de tous les visiter« en live »!(A lire page 19 : le menu complet vous est proposé). Quelques exemples :
Des projets à Montréal, San Francisco et Melbourne ont été élaborés en collaboration avec les populations autochtones et en reconnaissance de celles-ci,  afin de célébrer et de reconnaître pleinement les cultures des Premières Nations.
Londres a mis en place la première initiative mondiale « Culture en péril » –Culture at Risk– avec une ligne directe d’arlerte  au service de  sites culturels susceptibles de fermer en raison de la hausse des loyers, du développement urbain ou du déplacement des habitants. 300 sites culturels auraient été sauvés (des sites de musique populaires aux espaces LGBT) grâce à ce programme.
Pour répondre aux besoins d’une population vieillissante , Amsterdam a mis en place un programme de ville culturelle adaptée aux aînés d’ Amsterdam axés sur des offres culturelles pour les plus âgés de la ville.

IV- COMMENT LES VILLES MÈNENT-ELLES LEUR POLITIQUE CULTURELLE ?
1- 45 indicateurs distincts ont été utilisés pour chaque ville, et c’est aussi un outil utile, si vous voulez mesurer « votre ville » en reprenant leurs critères !(Liste ci-dessous en VII-2).

Qui conduit la politique culturelle? De façon très variable, ces politiques sont conduites par des professionnels ou des élus, parfois des coopératives, souvent à partir d’initiatives locales, en particulier celles des artistes ou de groupes de citoyens. Mais le Rapport insiste sur l’incontournable présence de compétences et de talents!

2- Tous les habitants sont concernés « Nous avons constaté que l’équité culturelle, la représentation, l’égalité raciale, la diversité culturelle et l’inclusion sociale sont devenues des priorités absolues pour nos villes. L’objectif est d’assurer une participation réelle de tous à la vie culturelle de la ville et de valider les différents patrimoines culturels qui constituent les communautés de nos villes du monde.[…] Les institutions ne doivent plus servir, comme trop souvent et par négligence, à un petit segment de la société!

3- La lutte contre la « gentrification des centre-ville »est devenue prioritaire car la rénovation urbaine et le développement économique ont des conséquences tangibles : les périphéries s’étendent et le succès d’une telle revitalisation a conduit à une perte d’espaces résidentiels et commerciaux abordables, donc à chasser les artistes des villes et à fermer des lieux culturels populaires.
Exemples : reconnaissance par Montréal et Melbourne de la dette envers les Premières Nations et célébration de l’ histoire, jusque-là «invisible» des populations autochtones ; stratégie culturelle de Dublin, «Culture Connects», conçue pour donner aux communautés les moyens de façonner l’agenda culturel de la ville ; quartiers culturels de San Francisco avec «Initiative», une législation qui protège et honore les atouts culturels de communautés historiques – district culturel latino-américain et le district culturel transgenre de Compton–  .

LISTE DES VILLES présentées dans le Rapport et, à droite,les numéros sont ceux des pages du Rapport , pour vous montrer que ce ne sont pas de simples résumés de leurs « profils » : environ une dizaine de pages pour chacune!

V- UNE «OUVERTURE DE LA CULTURE» Pour que les villes s’ouvrent vers des politiques culturelles davantage axées sur les citoyens, ouvertes et inclusives, un changement est nécessaire : la culture doit donc s’ouvrir à «toutes les personnes et à de nouveaux lieux, à des idées différentes et à de nouvelles formes, afin que les citoyens puissent revendiquer une place pour eux-mêmes dans la ville, aux côtés de leurs voisins». Le mot culture ne doit plus être refermé sur quelques pratiques «historiques» de l’art occidental (théâtre, musique, arts visuels, etc…) , avec ses  les musées et son  patrimoine. Un «épanouissement», est nécessaire, vers les pratiques actuelles. Ces nouvelles formes culturelles représenteront un plus grand nombre de citoyens.                   Exemples :                                                                                                              À Zurich, l’évaluation «Projekt Tanz-und Theaterlandschaft», qui a duré un an, vise à combler le fossé qui sépare des institutions renommées des projets indépendants.                                  – La «Campagne des arts communautaires» de Séoul consiste à favoriser une participation culturelle active et à encourager les gens à créer leurs propres formes de culture dans leur voisinage ou milieu professionel. – Le nouveau musée de la ville d’Helsinki aborde à présent les récits de groupes minoritaires auparavant marginalisés dans ses expositions, par exemple autour de la culture queer et de la discothèque.
– L’urbanisme «pop-up» , avec des expériences « ephémères » et les espaces réaffectés introduisent la culture dans le paysage urbain et dans la vie quotidienne de chacun. Des cartographies d’erreurs ont aussi vu le jour, et les nouvelles expériences, très nombreuses, de réussites sont intéressantes : «Hotspots culturels» ; l’«OperaCamion» de Rome, «Reading is Flying» de Bogotá…et réutilisation de friches comme à Taipe «Le mouvement culturel des vieux bâtiments» à Taipei ou site «CheLA», à Buenos Aires, qui accueille le travail multidisciplinaire d’artistes numériques modernes dans un espace flexible.

VI- REVITALISER LES INFRASTRUCTURES TRADITIONNELLES est aussi un incontournable pour mieux partager la culture, selon les contextes de chaque ville . « Dans les villes des pays développés, il s’agit principalement de protéger les espaces et pratiques culturelles informels des pressions de l’immobilier ». Exemples :     – Sydney a été à l’avant-garde de ce développement en tant que première ville du monde à élaborer un «plan d’infrastructure culturelle» en réponse à la crise d’accessibilité de la ville et à ses effets sur la communauté créative.                                                                                                                                                                                                                              – À Lagos, le fonds d’affectation spéciale pour l’emploi de l’État de Lagos finance des projets de films et aide à formaliser le secteur de Nollywood.                                                                                                                                                                      – À Chengdu, le gouvernement de la ville soutient de nouveaux systèmes financiers pour encourager les investissements dans les entreprises culturelles afin de renforcer le secteur.

 

CONCLUSION : LA CULTURE RELIANT LES CITOYENS À LEURS VILLES ET À L’ « AUTRE ».
La Culture, en conclusion, doit favoriser la collaboration et la coexistence plutôt que le ressentiment, la méfiance et la polarisation. La résilience des villes du monde réside dans leur capacité à envisager un avenir différent, fondé sur une interdépendance qui reflète et soutient toutes les personnes qu’elles représentent ». Cette conclusion de Richard Naylor, Directeur de Recherches du World Cities Culture Forum & BOP Consulting, résume un nouveau rôle de la culture dans les villes du monde. A travers la mosaïque des 200 programmes, on lit en effet que l’évolution des politiques culturelles éviteront sa mort par « étouffement », si je puis dire,d’une culture réservée à quelques-uns!(Photo : Seine-Saint-Denis Tourisme)
VII – POUR EN SAVOIR PLUS Le Rapport est signé par Paul Owens , cofondateur de BOP et directeur du WCCF et par Justine Simons OBE, présidente du WCCF et adjointe au maire de Londres pour la culture et les industries créatives.
À nouveau : le lien du Rapport  de 313 pages.   © Copyright World CitiesCulture Forum                                         -1-  LES INDICATEURS Données sur plus de 70 indicateurs culturels pour chaque ville : Profil de la ville d’ Amsterdam | données de la ville | les tendances | infrastructure | programmes innovants | points de vue Voir le plan d’approche ici pour Amsterdam.
– 2- Autres sujets développés dans le Rapport (mots-clés combinés avec les trois entrées ». Les trois entrées : « Infrastructure et sortie/Consommation et participation/ Données contextuelles » . Les Mots clés : Faire de la place pour la culture – Culture à la périphérie-Culture et changement climatique-Diversité culturelle et représentation-Accès culturel et inclusion-Politiques et programmes culturels dirigés par les citoyens-Infrastructure culturelle du 21ème siècle–Gouvernance et stratégie culturelles du 21ème siècle-Événement culturel et formats du 21e siècle-Infrastructure culturelle-Arts visuels Patrimoine culturel La musique Culture littéraire-Arts performants-L’inclusion sociale Revitalisation urbaine Les gens et le talent- Vitalité culturelle et Diversité culturelle.
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KEN LE TOURISTE PARFAIT   avait un peu le tournis, là…Il avait beau lire et relire le billet, il ne trouvait presque rien sur les USA. « Holà! Braves experts du monde, auriez-vous perdu la tête? », pensait-il en se séchant après un bain délicieux dans sa piscine de L.A! Son ex, Barbie Chérie, qui lisait dans ses pensées, lui répondit à haute voix « Mais Ken, toi qui fait le tour du monde chaque semaine pour tes Affaires,  toi qui sillonne les Palaces pour ton Job de Touriste parfait, tu connais bien la mondialisation, non?« . C’est fou, mais Barbie avait toujours raison…  

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