Le Tourisme Culturel Durable

Les  chartes du développement culturel durable étaient en gestation depuis une bonne dizaine d’année, les voilà au grand jour!

– UNE REALITE!
Le Tourisme, quelques soient ses grands mérites, peut aussi anéantir un site, laisser de côté les habitants ou polluer notre environnement. Les causes et les conséquences font l’objet de croisades, car, à la base, nous avons là un nouveau militantisme pour une planète verte, des attitudes et des décisions responsables, et, en définitive, des choix différents qui tiennent compte des dangers possibles.

Des nouveaux usages
Prendre en compte les dangers possibles demande de prendre les devants dès la conception d’un projet : les urbanistes, les architectes, les propriétaires de sites culturels peuvent revoir leur copie grâce à des conseils qui prennent donc le mal à sa racine, soit notre étourderie permanente et ce sentiment que le monde nous appartient et que nous pouvons y agir comme bon nous semble.
– L’ICOM, le Conseil International des musées
Le Conseil International des Musées regroupe des milliers de musées et de sites patrimoniaux dans le monde. Source de conseils, de formation, et surtout d’échanges entre les professionnels, l’ICOM publie une Lettre, les « Nouvelles de l’ICOM », la dernière (Vol.62-2009-N°1 concernant  la thématique « Musées et Tourisme ». L’édito est donc consacré au Tourisme Durable, qui vient de mettre sa nouvelle Charte en ligne, ainsi que l’actualité de la JIM, Journée Internationale des Musées, qui sera célébrée le 18 mai 2009 sur le thème  du développement durable.Voi le site : http://icom.museum/2009_contents_fr.html
Les musées présents sur Second Life
L’an dernier, la journée internationale des musées avait accueilli plus de 20 000 musées de 90 pays, de l’Australie au Zimbabwe. au Tech Museum sur Second Life. La JIM peut devenir une expérience humaine qui nous lie les uns aux autres, déclare Alessandra Cummings, Présidente de l’ICOM. Cette année, la question sera donc : « Comment les musées peuvent-ils instaurer de nouvelles relations  entre les visiteurs et les communautés locales , qui ont rarement l’occasion de se rencontrer, pour promouvoir le développement durable ? ». Site Internet : http://thetechvirtual.org/museums/icom
La Nuit Européenne des musées ne suit pas…
On comprend moins pourquoi la manifestation européenne, la nuit des musées, le samedi 16 mai, ne reprend pas ce thème, mais cela n’est pas grave, les uns et les autres sont très amis et s’accordent des parrainages . Tout le  programme de la Nuit européenne des musées sur :  http://nuitdesmusees.culture.fr/index.php?l=FRA
 Rappelons que La Nuit des Musées a démarré en France en 1999 et s’est étendue à  l’échelle européenne en 2005.  A l’occasion de l’événement, les musées proposent des animations qui se veulent toujours  insolites, des parcours chaque année plus originaux, des ateliers, des concerts, par exemple des visites à la bougie, ou encore des lectures de contes à Ouessant, une initiation au tir à l’arc à Crépy-en-Valois ou du jazz à Montauban.
– COMMENT FAIRE DU CULTUREL DURABLE?
Si les déclarations de l’ICOM sont réjouissantes pour le monde des musées, c’est en Poitou Charentes que nous avons trouvé le meilleur mode d’emploi pour créer un évènementiel durable ! Grâce à la revue en ligne de Territorial, l’un des meilleurs sites pour aider les professionnels du Tourisme et de la culture. Institutionnel, certes, mais jamais langue de bois, le site de Territorial » !
Nous vous conseillons donc d’aller sur le site de la région Poitou-Charentes ou sur dcelui de l’ADEME pour accéder à deux excellents petits manuels,  pratiques et gratuits :
Guide des Eco-manifestations :  CONCILIER L’ORGANISATION D’UNE MANIFESTATION ET LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT, Avril 2007, dont voici les contenus:
 
Pourquoi un guide des éco-manifestations ?
Des centaines de manifestations sportives, culturelles ou institutionnelles sont organisées chaque année en Poitou-Charentes autour de thématiques très variées.
De par leur vocation à rassembler ponctuellement du public sur des sites donnés, ces événements génèrent des impacts sur l’environnement : production de déchets (le plus souvent en mélange), pollution liée au transport, consommations d’eau et d’énergie…
Les papiers, canettes, emballages et autres types de déchet, le bruit, les embouteillages, les voitures mal garées… sont autant de nuisances qui sont difficilement supportées par les riverains d’une manifestation.
Une liste de 21 préconisations en 20 pages. Il s’agit des différentes actions, classées par thème, que les organisateurs peuvent intégrer dans la préparation de l’événement. Pour chaque thème, le guide propose également des indicateurs qui permettront de mesurer l’impact des mesures engagées et des références pour faciliter leur mise en application.
Les thèmes traités sont les suivants :

La communication éco-responsable
1 : Limiter le nombre et la taille des supports papiers
2 : Limiter les aplats de couleur sur les supports papier
3 : Sensibiliser à l’environnement dans les supports de 4 : Intégrer des critères environnementaux dans l’évaluation des offres d’impression
Le transport éco-responsable
5 : Inciter au covoiturage ou au transport collectif dans les supports de communication
6 : Prévoir des conditions avantageuses pour le public qui utilise un transport collectif
7 : Mettre en place des navettes
8 : Mettre en place des véhicules « propres » pendant la durée de la manifestation
Les politiques d’achats, de choix des équipements et de prestations
9 : Intégrer des critères environnementaux dans les prestations
10 : Aménager le site en utilisant des matériaux de récupération ou réutilisables
11 : Prendre en compte la qualité environnementale des accessoires promotionnels
12 : Installer des cendriers ou distribuer de cendriers de poches
La maîtrise des consommations et la gestion des déchets
13 : Réduire les quantités de vaisselle jetable et non valorisable
14 : Utiliser des appareils économes en énergie ou des solutions alternatives
15 : Organiser une bonne gestion des déchets
16 : Mettre en place des systèmes d’économie d’eau
17 : Mettre en place des toilettes sèches
La Sensibilisation à l’environnement
18 : Former les intervenants
19 : Installer des points d’information sur l’environnement
20 : Communiquer en direction des médias
21 : Réaliser et diffuser le bilan environnemental de la manifestation

Il est important que les organisateurs se fixent des objectifs avant la mise en oeuvre des préconisations, puis qu’ils évaluent les actions engagées à l’issue de la manifestation. Les indicateurs proposés dans le guide peuvent être complétés par des indicateurs plus adaptés aux particularités de chaque événement. Dans une perspective d’amélioration continue, il est également nécessaire de suivre leur évolution dans le temps.

Un Guide des éco-manifestations en Poitou-Charentes est encore plus précis, avec des préconisations sur :
– La dépense environnementale
– Les déchets évités et produits
– Les déplacements liés à l’organisation et aux publics
– Les différentes consommation (électricité, eau, papier)
– Les poste « alimentation » et « boisson,
– Et même des recommandations pour les produits dérivés ( textile des tee-shirts, par exemple).

Le Guide pratique  Guide de collecte des données
environnementales sur une manifestation
Démarche « éco-festivals »
Région Poitou-Charentes – ADEME
Décembre 2007

Tourisme Culturel durableLes Suisse à l’avant-garde !
Les musées de la Suisse sont complètement investis, depuis de nombreuses années, sur ce thème ! Leur association est très active, et complètement liée au Tourisme, sans que cela ne semble poser problème. Leur programme d’action est tout simplement innovant, participatif, dynamique !

Des bémols dans ce concert de louanges…
Car on peut tout de même regretter, au niveau de l’ICOM, par exemple, que ce thème serve aussi de critique  bien acide, contre le Tourisme. L’édito des Nouvelles de l’ICOM ne souligne que les aspects négatifs et dangers potentiels du Tourisme. Que nous sachions, la préoccupation des sites culturels est surtout d’augmenter leur fréquentation car, comme l’écrit souvent Claude Origet du Cluzeau, très peu de sites sont en surfréquentation et  ont trop de visiteurs; Et, à s’opposer ainsi aux retombées économiques, le risque majeur est surtout de diminuer ou voir disparaître les crédits publics et privés pour l’entretien et la restauration des musées et des monuments, à notre avis.
Ensuite il est aussi regrettable que le Durable soit un peu le cheval de Troie des puissants comités de la médiation culturelle locale. Comme si les touristes excluaient l’action locale. « J’ai plutôt peur qu’en cherchant à augmenter les entrées des touristes, […] les musées perdront d vue leurs audiences locales » annonce David Flemming, président d’Intercom et directeur des musées de Liverpool dans Les Nouvelles de l’ICOM. Ou qu’aucun expert du Tourisme n’ait été invité aux Journées nationales de l’ICOM en France, à Caen, prochainement, qui pourtant a pris pour thème « Musées et Tourisme ». 

Le Tourisme Culturel Durable comme nouvelle énergie! 

Ces petits bémols ne vont pas nous  détourner de l’essentiel, qui est d’ introduire, au plus vite, ces notions de Durable – le patrimoine est déjà installé dans ce temps-là – et de tourisme Culturel responsable, dans toutes nos démarches, pour inventer aussi un tourisme plus doux, moins agressif que celui de l’après-guerre, plus adapté à ce que les visiteurs ont comme envie aujourd’hui : qu’on les prenne en considération, individuellement et collectivement! La convivialité n’en sera que meilleure, entre touristes et habitants de proximité!De trop nombreux pays ne connaissent pas pas le luxe, pourrait-on dire, de pouvoir prendre cette avance, ce nouveau regard. En France, cela devrait être possible, grâce à  son offre majeure pour la culture et des pratiques renouvelées pour introduire le Durable dans le Tourisme Culturel.

KEN, NOTRE TOURISTE PARFAIT!

Ken prend des loisirs. Oui, vous ne rêvez pas : sans son attaché-case de touriste d’affaire parfait, sans ses lunettes noires hyper class  de  multi-fréquenteur de Casinos, sans sa panoplie d’habitué des hôtels de Luxe ( en fait, pas de panoplie : dans les hôtels de luxe, tout y est, vous n’avez besoin de rien, une bonne Carte Gold suffira…).Donc Ken, aujourd’hui, bulle  dans l’herbette, tout simplement.

Il a bien compris que ce Durable est source de renouvellement des pratiques du côté du bizz : vente de nouveaux papiers écolo pour les affiches des festivals de cet été ; et surtout nouveaux marchés pour les entreprises labellisées « Durable », avec l’ensemble de sa vie quotidienne bouleversé : voiture propre pour sa future Barbie et plages de rêve avec détecteur de déchets insonnorisé et  fonctionnant à piles photovoltaïques, pour leurs « courts-séjours plus fréquents et moins lointains »… Presque toujours en avion, Ken? Grand pollueur, notre Touriste Parfait? Rassurez-vous :  il paye cash la nouvelle dîme qui contribue à effacer l’addition des pollutions des vols. Le panier moyen du touriste va s’en trouvé tout requinqué, pense-t-il aussi, avant de cueillir un muguet…

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