RHONE-ALPES, l’excellence en Tourisme culturel!

  

Ken et Titien, le scoop! Voir en bas du billet, viiiiite!

Quand la MITRA, Mission d’Ingénierie Touristique, de Rhône-Alpes,  se marie avec la DRAC, direction régionale des affaires culturelles, pour former les acteurs des VPAH, les Villes et Pays d’art et d’Histoire de cette région, un grand vent d’espoir souffle sur tous les projets. Mais pas seulement. La MITRA est aussi un peu magique par la façon dont elle anime les séminaires. Nous en avions eu déjà une magnifique expérience avec le Réseau de CST « TISTRA », réseau que conseille aussi la MITRA.  Son directeur, Hugues Beesau,  pose les bonnes questions, tranquillement, et croit avec raison les stratégies et les objectifs sont toujours à réviser ou réinventer, du moment que ce sont les acteurs du terrain qui s’expriment. La MITRA vient donc  en appui, non pour donner des leçons,  mais pour accompagner les VPAH dans le changement et souligner ce qui peut faire lien entre Tourisme et Culture. Aux VPAH, Hugues Beesau a demandé simplement :   qui voulez vous-être, au fond ? Qu’est-ce qui vous différencie des autres labels, à part l’hétérogénéité ? (La diversité des sites est aussi le propre de tous les autres Labels…). A quelle demande voulez-vous répondre ? Y répondez-vous déjà ? Devez-vous y répondre, et pourquoi ? 

C’est donc dans ce cadre idyllique que je suis intervenue, pour présenter un panorama actuel des TIC, technologies de l’information et de la  communication pour la visite culturelle et touristique ; en partant des usages et des comportements, et non d’une approche par les outils. Avec un plan acceptable, depuis 2006, première journée technique que j’avais  consacrée à Tourisme, culture et TIC à l’Echangeur (Paris), en suivant les étapes  « Avant, pendant et après la visite ».  Nous avons aussi évoqué des pistes pour l’avenir, comme l’effet générationnel des TIC, les conséquences des TIC sur les métiers, ou la co-création des contenus, qui risque de bouleverser durablement les professions de la culture. Bref, un petit résumé de web et culture, pour une première sensibilisation, et une présentation aussi des priorités d’action, ou quelques orientations pour ces actions prioritaires.
LE PUBLIC DES INTERNAUTES : LE TROISIEME PUBLIC ! 
Aujourd’hui,  il faut bien admettre qu’un troisième public existe, à côté du public qui visite effectivement les sites culturels et des publics potentiels (Ceux que l’on sait attirer et qui viendront effecftivement), qui est le public des internautes. Les réseaux sociaux et les blogs fonctionnent en effet comme des « Livres d’Or », mais avec la notoriété à la clef, et une autonomie des sites Internet par rapport aux sites réels.
Car si les Internautes sont de fervents « visiteurs » de sites Internet, ils sont aussi :
– de vrais lecteurs de leurs contenus, amateurs de photos, de découvertes « à utiliser » ;
– des joueurs ;
– des commentateurs de contenus, des donneurs d’avis, de leçons, des comparateurs permanents!
– des décideurs, des financeurs – cf la production (musique et maintenant cinéma, via le net) et des mécènes ou co-producteurs potentiels.. 

LES TIC NE SONT PAS DES CONCURRENTES DE LA CULTURE
Voilà pourquoi les internautes ne sont pas du tout  un simple public « virtuel » : ils existent réellement, dans la vraie vie !
Voilà pourquoi, aussi, les TIC ne sont pas du tout « concurrentes » des sites culturels : les internautes ne se  rendront probablement jamais, effectivement,  en visite ( penser à tous ceux qui habitent en Australie ou en Afrique du sud, en Chine ou même à 600 km..…)
Mais, avec les qualités ci-dessus énoncées, ce qu’ils représentent, comment les ignorer ? Pourquoi ne pas faire, plutôt, des sites Internet complémentaires du site réel, qui répondent  aux profils et aux demandes des internautes ? ( Cf « la présentation sur le web « De la conservation à la conversation », par Maxwel Anderson ( IMA, Indianapolis,  à la Conférence de Museum2.0, voir sur ce blog).
Réinventer la médiation culturelle 
Bref, voilà un potentiel inouï (en milliards…)de futurs  visiteurs de sites et de visiteurs de sites Internet, tous acteurs pour contribuer au développement des VPAH.  Mais on le sent, il faut réinventer stratégies et les objectifs de la médiation « sur le terrain ».  Les anglais sont partis les premiers, en Europe, (Années 2000), et  nous connaissons leurs résultats. Mais aussi ceux des USA ou de l’Europe du nord, du Japon ou  de l’Australie. Des exemples concrets par centaines…Voyez sur ce blog toute les ressources, les pays, les villes concernées….
Les causes du retard français pour rapprocher  les musées, monuments, évènementiel culturels des TIC? Peu importe, disons simplement que, dans les années 1998 – 2000, aucun programme, aucun directeur du patrimoine ou de ses services ne se sont  penchés sur Culture et TIC, à part pour le volet « numérisation du patrimoine » à des fins d’inventaire. Comme les VPAH sont un programme national, celui-ci a hélas pâti de cette  quasi-indifférence, voire d’ignorance ou d’hostilité ( Hostilité, car  les TIC gomment les hiérarchies, donnent la parole et retirent le pouvoir «  classique  »  du chef) et leurs personnels n’ont pas été sérieusement formés.
VPAH,  TOURISME et TIC
Avec des missions très éloignées, dans leur temporalité mais surtout dans leurs objectifs, de celles du Tourisme, les VPAH peuvent, en acceptant ces différences, profiter des compétences, complètement complémentaires, du Tourisme. Bien sûr, pour quelques uns d’entre eux,  peut-être faudra-t-il qu’ils fassent en quelque sorte leur deuil d’une mission centrée sur les habitants et  la pédagogie auprès des jeunes. Et  accepter que la réalité du développement local  passe par l’ouverture du territoire à tous les visiteurs, même ceux venus   d’ailleurs, et parfois de très loin : les touristes français et étrangers.
Les atouts des acteurs de VPAH
Aujourd’hui les animateurs des VPAH ont surtout, « de l’extérieur », de mon point de vue, une qualité formidable : ils sont sérieux ! Qualité professionnelle, qualité de la recherche, de leurs synthèses « scientifiques  et techniques », qualité de relationnel avec les habitants, les autres acteurs qu’ils rencontrent. Et qualité de guides, de conteurs ou  de prescriptions en matière de conservation préventive et de petits aménagements pour ce faire.   Excellents médiateurs, qui sortent des sentiers battus ( méthodes, thèmes)de la médiation pour construire des programmes qui font notre admiration. Ceux de Rhône-Alpes pour les jeunes, les scolaires, les publics « spécifiques » sont tout à fait remarquables. Ensuite,les VPAH  ne sont à notre avis pour rien dans le relatif abandon de leur tutelle de Paris (Leurs statuts, leur formation continue, leurs moyens financiers, leurs rémunération,  tout cela n’est pas au beau fixe…). Mais avec  des connaissances hors du commun, leur passion de la qualité, de la communication, ils sauront parfaitement s’adapter aux changements et aux défis qui attendent la culture.
UNE PLUS GRANDE AUTONOMIE POUR LES VPAH?
Il faut faire confiance aux acteurs. Hugues Beesau a raison. Béatrice Grandchamp le sait et le fait !
Renforcer le réseau tel qu’il est, avec les mêmes missions et objectifs est à notre avis une promesse de… grosses difficultés. Cela supposerait que l’on puisse faire une mission sur le patrimoine, « à fond », et en même  une mission sur la valorisation, « à fond ». Si quelqu’un a vu, sans moyens nouveaux, ce type de schéma réussir, vite qu’il nous dise comment ce miracle eût lieu !
Nous pensons plutôt que ce réseau est en ordre de marche, et que ce sont les acteurs culturels de Rhône-Alpes qui peuvent créer de nouveaux réseaux : le réseau culturel existe, créer un ou de nouveaux réseaux locaux Culture/ multi-activités du Tourisme serait plus réaliste, désenclaverait la culture, ses habitudes, en permettant de changer de point de vue. Faire un projet VPAH et TIC  sera très revigorant si le Tourisme accompagne cette démarche, car le e-tourisme est déjà une réalité!  

Pour gagner en autonomie, l’idéal serait sans doute une réelle décentralisation – moyens financiers transférés,  MAD etc.. –  comme celle de l’Inventaire en 2003, permettant de résoudre localement les questions prioritaires que sont les statuts, les rémunérations, la formation des personnels, leur carrière, leur évolution,questions  laissées tout de même en jachère depuis trop d’années par l’Etat central. Et  permettant de gérer ces questions au plus près du territoire.  Mais davantage d’autonomie ne nuirait pas non plus aux critéres de choix des programmes, de ceux des conditions d’ éligibilité des VPAH, de leur mode de fonctionnement. Tenir au courant Paris des partenariats, des objectifs est intéressant, mais passer par Paris pour avoir le feu vert (partenariats, liberté de décision, collaboration directe avec les autres VPAH) est une contrainte, sans grande contre-partie financière, d’ailleurs. Depuis 1985, on pourrait  tout de même imaginer que les VPAH sont devenus…adultes! Non ? Et la chance inouie de bénéficier de l’excellence et des compétences d’une Béatrice Grandchamp comme directrice serait de plus un argument de poids pour décentraliser réellement la décision, dans cette région. Béatrice gagnerait, à notre avis, un temps infini à ne pas « rendre compte » de ses faits et actes majeurs, à négocier, présenter, détailler, et réunionner à l’échelon central. Les trois ou quatre échelons territoriaux  Région, département, communes et leurs groupements) sont peut-être suffisants? Faire une expérimentation serait intéressant, et pas réellement une idée inadmissible, non ? Nous n’avons pas eu le temps de aprler de cette autonomie avec nos interlocuteurs, Hugues Beesau et Béatrice Grandchamp, mais, quelques jours après notre intervention, et en cherchant ce qui pourrait faire levier pour un programme aussi important que les VPAH, cela nous a, de facto, sauté aux yeux! Une évidence : puisque les acteurs sont si compétents, puisque les élus collaborent, puisqu’ il y a, de plus, aujourd’hui, une nouvelle dynamique  grâce à la MITRA, il faudrait que tout le monde ait une réelle liberté d’agir.     
VPAH : quelle notoriété ? 
Ajouter de la communication sans revisiter les stratégies et objectifs de fréquentation (quali et quanti), sans changer à la marge les missions des VPAH de la région fonctionnera dans les premiers mois d’une campagne,  sans doute,  mais pas de façon durable. Et une communication nationale n’aura aucun impact si elle n’est pas colossale,  hypothèse fantasque en temps de crise. 
Et ce serait aussi  oublier ce qui a été construit depuis 1985 : une Marque ! Sérieux, qualité, identité, acteurs, financements …la « marque VPAH » existe ! Comme pour Versailles, développer cette marque, même si cela ne prend pas l’ampleur du travail réalisé par le Louvre (des milliards sur  10 ans…) revient à valoriser un bien immatériel, la transmission culturelle , propre à cette marque.
 Conclusion
Avec les 3 « N » du nouveau tourisme culturel (nouvelles clientèles, nouveaux comportements, nouvelles technologies…) :
– Considérer que les TIC ne sont ni une concurrence, ni un gadget en plus, qui va  « rajouter des tâches et du travail ».
– Penser plutôt stratégies et priorités, pour ne pas rater ce train là, qui est structurellement inscrit, aujourd’hui, dans toutes les pratiques  culturelles
 

– Imaginer les nouveaux partenariats  avec leur apport en compétences et en investissements,  non négligeables : le Tourisme, la Recherche, les entreprises…  

  POUR EN SAVOIR PLUS…       
Le Plan de notre communication, Etat des lieux et analyse prospective de l’usage des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication(NTIC) dans le domaine du patrimoine. Plan décliné à Lyon le 8 juin 2010, grâce à  50  exemples concrets sur notre PPT : exemples français et étrangers, présentation d’un  panorama des outils « en situation »: 
LES TROIS TEMPS DE LA VISITE CULTURELLE ET TOURISTIQUE ET LES TIC 
I – Avant la visite : choisir sa destination
• Repérer, connaitre, choisir une destination;
• Prendre des avis ( amis, famille…) et pouvoir comparer;
• Préparer les incontournables du séjour : voyage, hébergement, autres activités…
ex.: le Voyage : réserver en ligne, payer en ligne
-Réserver  des guides-conférenciers, ou créer son propre choix, « à la carte », pour sa famille, pour un groupe, dans sa langue. Cf La fin du tourisme de masse avec « la même chose pour tout le monde! »
Pour les professionnels :  un lieu ou un site « en ordre de marche »pour l’accueil, le confort, les services ET les contenus, la médiation.
Pour la médiation culturelle et  les relais des publics : préparer « ses » publics : scolaires, groupes, visites de touristes étrangers… 

Les outils possibles : sites Internet, réseaux sociaux, blogs..
II – Pendant la visite   
.  Se repérer, ne pas se perdre, ne pas perdre son groupe, ses amis…
•  Mieux comprendre!
. Les outils possibles : Immersion multimédia- Guides multimédia, couplés avec des GPS – Réalité augmentée, NFC, WI FI, WI MAX : villes et territoires communicants dans un monde largement interconnecté ( Présentation, les outils en situation, France /étranger).
III – Après la visite
Pour le visiteur:
• Pouvoir rapporter un souvenir, pouvoir en discuter, partager
Pour le site culturel ( ou le lieu de séjour, hôtel ou camping..) :
• Conserver ce visiteur pour le fidéliser, pour qu’il revienne, avec ou sans ses amis…
• Evaluer ses propres actions, bénéficier des critiques, des avis positifs, pour améliorer ou changer son offre (Outils :  blogs, réseaux sociaux…)
IV – Respecter le continuum de la visite:
– Séjourner ( dormir, se restaurer, choisir
des  activités ,  ou ne rien faire, se détendre..)
– Un possible séjour « multi-activités », et pas du « tout culture » (10% des visiteurs de proximité, tout au plus, et 15 à 20% des touristes…)
– Et trois souhaits très forts :
1 – Une demande de participation, surtout pour les plus jeunes
2- La très forte demande de convivialité, pour tout le monde!
 3 – Les souhaits de l’industrie touristique : création de nouvelles destinations, dessaisonalisation, tourisme de luxe, requalification ou renouvellement de l’offre, d’évènementiel…
 
 

Même regard, il est vrai...

KEN ET L’HOMME AU GANT DE TITIEN NE FONT QU’UN !!! 

Ken a le moral dans les chaussettes. Non seulement il sait, lui, que les mecs en son genre, Touristes Parfaits, qui voyagent dans les palaces, s’habillent comme des princes, dépensent sans compter pour leurs Barbies,  font des affaires à tour de bras et gagnent des millions de dollars ont toujours existé, mais aujourd’hui on refuse juste de reconnaitre son intemporalité, la première de ses qualités. Bien sûr que Ken est parfaitement  intemporel et se balade à travers les siècles comme vous à la plage ou dans votre triste bureau ! Bien sûr que l’énigme de l’Homme au Gant de Titien est résolue ! Bien sûr que l’Homme au Gant c’est Ken, votre ami, adulé par toutes les girlies de la terre ! Il avait convoqué hier   les revues people Voici, Gala et Public, pour leur faire part de la nouvelle, et ils ne sont pas venus…Aujourd’hui, c’est décidé,  il appellera son ami Loyrette, le dirlo du Louvre, autrement plus sérieux que ces feuilles de chou, qui n’ont que faire, en plus de la culture en scoop.
Alors, rien que pour vous, voici sa preuve : au bas du tableau, à l’arrière, juste entre deux fils du textile de la toile, un peu planquée sous un petit rivet de bois – vous y êtes ??? – est inscrite à l’encre de chine, la clef du mystère ! « KEN, TURISTUS PERFECTUS » , soit Ken le Touriste Parfait ! C’est le musée Fesch qui va être content ! Tout rénové, avec son « mystère «  résolu ! On sait enfin qui est l’Homme au Gant, de Titien !!!!
Exposition du 26 juin au 27 septembre «  Titien, l’étrange homme au Gant », réouverture du Palais Fesch, musée des Beaux Arts d’Ajaccio.    

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