Le Musée de Mougins choisi pour l’Europe!

EMYA

LE MACM DE MOUGINS (06) NOMINÉ comme l’un des meilleurs musées européens!

Nous aimons bien dans ce petit blog donner des nouvelles des projets déjà présentés, ceux dont nous analysons les qualités et que nous soutenons. Aujourd’hui nous reviendrons sur le MACM, musée d’art classique de Mougins (06) , auquel nous avions décerné le Ken d’Or en janvier dernier. Ce musée est encore à l’honneur cette semaine, de la plus belle des façons qui soit : le MACM vient en effet d’être nominé pour le prix de l‘European Museum of the Year , seul musée français présent sur les 28 musées européens choisis par l’équipe de l’EMYA.

Voilà l’occasion pour nous de reparler de la démarche qualité des sites culturels , avec deux démarches : la Qualité Tourisme des sites culturels et le Classement du Journal des Arts. Aucune cependant n’est aussi excellente que le Prix européen du meilleur musée, nous verrons pourquoi.

Enfin notons que le Lauréat du prix EMYA 2013 sera annoncé durant la cérémonie qui se tiendra au musée Gallo-Romain de Tongeren en Belgique courant Mai, et nous espérons très fort que le MACM l’emportera!

I- LE PRIX du MUSÉE EUROPÉEN DE L’ANNEE (EMYA) Le prix du musée européen de l’année (EMYA) a été fondé en 1977 par le Conseil de l’Europe, et c’est le prix le plus prestigieux d’Europe car son ambition n’a pas varié depuis sa création :  témoigner de l’excellence des musées européens et encourager les processus innovants. Innovants par rapport à la vision traditionnelle qui privilégie  les collections plutôt que leur utilisation au profit de la société. Innovants sur le fond, c’est à dire la vie du musée, sa gestion, ses équipes, sa direction et leurs stratégies.

Ses objectifs de départ étaient très simples :  Promouvoir des approches novatrices dans le secteur des musées en Europe,  quelque soit le « type » de musée : tous les musées sont égaux qu’ils soient publics ou privés, petits ou grands.  Quels que soient aussi leur objet ou leur nationalité, les musées candidats y sont évalués sur la base de ce qui est considéré comme étant EXCEPTIONNEL pour les services que propose un musée à ses  visiteurs.

Enseble au MACM : Klein, Warhol, la Grèce antique

– Le MACM de Mougins a donc triomphé à juste titre sur sa Newsletter cette semaine : « Cette nouvelle, capitale pour notre musée, émane de la réunion annuelle des membres du jury EMYA à Bruxelles. Le MACM est fier d’être sélectionné  parmi les 28 candidats venant de l’Europe entière; depuis le Royaume Uni à l’Azerbaïdjan en passant par la Finlande et le Portugal. »

POUR EN SAVOIR PLUS : Site Internet de l’EMYA .Voir la Liste complète des nominés EMYA ici – Contacter les Organisateurs d’ EMYA :  Email: emf@liverpoolmuseums.org.uk – Tél: +44 (0) 151 478 4559/4984 Fax: +44 (0) 151 478 4321- Découvrir Le MACM sur son site Internet.

II – ET EN FRANCE ?

1) LE CLASSEMENT ACCUEIL DANS LES MUSEES DU JOURNAL DES ARTS La courageuse revue Le Journal des Arts avait commencé un classement très différent de celui d’EMYA car il distinguait « l’Accueil des Publics » plutôt que l’innovation dans l’accueil des publics comme l’EMYA. Par exemple on lit dans les critères ci-dessous du JDA qu’en 2011 un auditorium et une publication semestrielle étaient un « plus ». Est-ce bien raisonnable ? Un musée ne peut-il se passer aujourd’hui d’un auditorium, contrairement à ce qui fut innovant dans …les années 20 (en 1925, date du premier auditorium de musées à NYC)? A-t-il besoin de conférences savantes, généralement destinées aux aficionados ou aux étudiants? Ne peut-il pas négocier avec d’autres auditoriums de la ville, ou avec les universités voisines, plutôt que d’avoir le sien?

Bref, il me semble que, avec ces critères, les publics déjà bien gâtés par les musées sont tout simplement  « sur-gâtés !  ». Je crois donc, pour ma part, que de tels critères et indicateurs confortent une offre académique, destinée prioritairement aux classes moyennes supérieures, plus diplômées et plus riches que la moyenne, selon toutes les études sur les profils des visiteurs « habitués » des musées.

Ne vaudrait-t-il pas mieux que, plutôt que d’entretenir un auditorium, le musée consacre de nouveaux  moyens pour diffuser toutes ses collections via le numérique dans le monde entier ? Qu’il organise des rencontres entre les habitants à partir de sujets qui les passionnent? Ou qu’il modère un débat entre les internautes? Qu’il soit effectivement réellement ouvert au monde, et« multiculturel »? S’il peut faire « les deux », tant mieux ! Mais conforter les publics habitués ET proposer une nouvelle offre innovante est aujourd’hui très rare pour les 2000 musées en France, par exemple.
Ensuite, tout comme la Démarche Qualité (Cf2 ci dessous), le Classement du JDA privilégie le « moment de la visite », plutôt que les trois temps de cette visite « Avant/Pendant/Après », pourtant incontournables aujourd’hui, avec les nouveaux comportements des visiteurs qui sont aussi interconnectés en permanence.

Enfin, prendre  en compte la fidélisation de ce « troisième public », celui  qui ne viendra pas mais que l’on doit aussi passionner sur le web, avec des contenus, comme le font les musées anglais, par exemple, est aussi une priorité actuelle. Peut-on négliger ce troisième public qui représente deux  milliards de e-visiteurs potentiels, mais bien réels?

LES 22 CRITERES DU  CLASSEMENT JDA : les 22 critères sont pondérés (coefficient de pondération indiqué entre parenthèses) et déterminent le nombre total de points de ce classement.- librairie (1),- cafétéria (2),- accès handicapé (2),- plan de visite gratuit (1),- fiche explicative dans chaque salle (2),- cartel bilingue (1),- audioguide (2),- outils numériques (1),- salle jeune public (1),- auditorium (1),- publication semestrielle d’un programme (1),- tarif incluant l’audioguide (1),- carte annuelle d’adhérents (1).- 8 critères notent enfin de « 1 » à « 5 », selon la méthode des quintiles, les indicateurs suivants :  nb de journées d’ouverture sur l’année (2), nb de nocturnes (1), pourcentage moyen de salles ouvertes (1), nb de fiches en langues étrangères (1), nb de conférences (1), effectif d’accueil et de surveillance (1), plein tarif (3), nb de jours gratuits (1). La qualité du site Internet est notée de 0 à 3 avec un coefficient de 2.

Le Journal des Arts prévient à juste titre que, dans son classement « Les nouveaux musées (Mac/Val, Quai Branly) ou récemment rénovés (Les Arts décoratifs, Musée Fabre) offrent naturellement un meilleur confort de visite. » En effet, dans la liste des 30 premiers musées ayant le meilleur accueil des visiteurs, en 2011, on ne trouve que des valeurs sûres, des établissements importants, à Paris comme en région. Voir le Classement des 30 premiers musées en 2011 dans LE JOURNAL DES ARTS nº350 / Du 24 juin au 7 juillet 2011, à voir  ICI.
2) LA DÉMARCHE-QUALITÉ TOURISME pour les sites culturels

Nous prendrons l’exemple de la démarche conduite par la Région en Ile-de-France pour les musées et les monuments, mais il en existe bien d’autres, dont celle, pionnière de la Bretagne. – L’enquête 2010 a été réalisée par des visites mystères menées par des enquêteurs professionnels du cabinet DMS réalisées du 1er juin au 31 juillet 2010 . Cinq métiers ont été évalués : les musées et monuments, les points d’accueil touristique, les taxis, les excursionnistes et les cafés brasseries. Pour les musées et les monuments, 300 visites mystères (entre 5 et 10 visites par site) ont été effectuées. De plus une évaluation des sites Internet des musées et monuments a été faite par l’ARTESI.- Des grilles de critères spécifiques à chaque métier ont été élaborées au préalable, en concertation avec des représentants des métiers concernés, avec 74 critères pour les musées et monuments-(Voir ces critères sur un document de travail préparatoire de 2008,  sur demande à NTC, via les Commentaires du blog, car ces critères ne figurent pas sur leur site Internet).

MAIS , il y a à notre avis cinq difficultés pour adhérer complètement à cette démarche :

a) Les sites retenus sont déjà tous des sites majeurs : pas de sites privés ou de tout petits sites  ;

b) La démarche est longue (donc coûteuse) et non obligatoire. La Région  Languedoc–Roussillon, par exemple, a donc bien du mal à la terminer pour l’ensemble des sites ;

c) La Collectivité territoriale (Région) doit « traiter tout le monde de la même façon » et ne peut hiérarchiser les résultats des musées ou des monuments. Sur l’ensemble, aucun n’émerge, donc, et , comme pour l’offre « exhaustive » des Offices de Tourisme, l’embarras du choix des visiteurs est très important. Ils auront donc tendance à se replier vers les incontournables (Le Louvre, Orsay et la Tour Eiffel) pour ne pas prendre le risque d’être déçus.  

d) Les critères portent essentiellement sur l’interaction entre les visiteurs et les personnels. L’imagination, l’innovation  de grands professionnels culturels (Ex :  Le MAC VAL de Vitry /s /Seine, distingué par Le Journal des Arts ; ou de très fortes expositions temporaires, comme au 104 de Paris…) ne sont  pas prises en compte. On sait  détecter les absences de confort, d’absence d’équipements pour les personnes souffrant d’un handicap, l’absence d’aides à la visite ou des agents insuffisamment formés pour l’accueil, mais on ne valorise pas d’autres qualités majeures d’une offre : son inventivité, son charme, sa convivialité, son travail de fonds avec les habitants ou son attractivité pour une cible de visiteurs (visiteurs étrangers ; Jeunes et Adolescents ; Familles, etc…).  « Lors de la visite mystère, les enquêteurs  professionnels effectuent une visite standard et répondent par «oui» ou par «non» à la grille de critères. […]

e) Ces critères sont objectifs et ne permettent aucun jugement de valeur. Le principe de la visite mystère ne permet l’identification d’aucun personnel. »e) Au final, lorsque vous avez rempli toutes les cases « objectives », vous avez une garantie de qualité générale, certes, et c’est déjà très bien. Mais les choix de la visite culturelle, lorsque se prend la décision,  sont beaucoup plus complexes : un tout petit musée, même sans répondre à tous ces critères objectifs, même « imparfait » sur certains de ces critères, peut être, à notre avis,  autrement plus attractif grâce à de très nombreuses qualités «  non objectives »  que ne peut prendre  en compte cette démarche qui souffre de trop d’objectivité.Lire les résultats de l’enquête ICI.

Calder et l'Egypte ancienne(MACM)

CONCLUSION : Le MACM de Mougins correspond parfaitement au nouveau rôle assigné par EMYA aux musées , ce rôle social et multiculturel qu’il devrait remplir partout ! Pourtant, au vu des budgets et des compétences des personnels, on peut dire que le rapport est encore hyper favorable à la fonction de conservation des œuvres et objets du musée. Pour mémoire, en 1977 seule une poignée de musées (Américains, anglais et pays du Nord de l’Europe ou d’organisations comme l’ICOM) avaient assigné cet objectif de « sociabilité » aux musées.  En France nous n’avons aucun prix officiel qui aille dans ce sens et, du coup, les pouvoirs publics ne font guère attention aux initiatives « exceptionnelles », même à celles de leur propre territoire. Pour des raisons très simples mais hélas quasi impossibles à gérer aujourd’hui, au vu de la législation (Le rôle d’un conservateur, en France, est toujours de faire un inventaire et de la conservation préventive…) et au su des priorités des élus ou de l’Etat (la Culture y est passée des premières priorités (Années 70-80) à la treizième ou quinzième place aujourd’hui…). Les jeunes professionnels, les idées innovantes n’ont donc pas droit de cité, et nous encourageons les jeunes professionnels ou les jeunes élus à se battre de toutes leurs forces pour faire passer l’innovation en France.

Mon premier Ken, Kenneth Hudson

III – NOTRE CADEAU BONUS: LE SECRET DES MUSEES INNOVANTS! Nous sommes en juin 1979 et Kenneth Hudson, le créateur du Prix du Meilleur musée m’a invitée à déjeuner en Camargue, où il vient de remettre le prix EMYA (1).Très admirative de ses livres et de ses travaux, dont Iron Bridge, en Angleterre (une vallée entière d’archéologie industrielle qui reçu d’ailleurs le Prix EMYA en 1979(2)), j’ose une demande : « Mais quels sont vos critères, pour EMYA ? ».

Et Kenneth  me fit cette réponse stupéfiante, mais qui m’a portée tout au long de ma vie ; en résumé:

« Ecoutez, Evelyne, ce n’est pas très difficile…On a une batterie de critères, d’indicateurs, certes, mais là n’est pas le plus important. Quand je dois décider, je fais moi-même un test, un seul : je me débrouille pour déjeuner avec le conservateur qui dirige le musée. Je lui dis combien je l’admire et que cela doit être un travail colossal de réussir un si bel établissement. Et cela provoque deux types de réactions. Le premier type de réaction, c’est un conservateur qui me répond « Oui, j’ai beaucoup de mal, c’est très dur. D’autant que les personnels traînent parfois, ne sont pas toujours trop bien formés ou d’accord avec moi…Mais en y passant tous mes week-ends et mes vacances… ». Le second type c’est celui (ou celle) qui me répond : « Oui, mais même si vous n’avez invité que moi, aujourd’hui, je vous assure que je ne suis pas seul(e) ! Nous sommes une équipe, et c’est comme ça qu’on peut y arriver ! ». Et la conclusion de Kenneth était donc « Peu importe notre  batterie de critères : le premier groupe ne peut avoir l’EMYA ; par contre le second a toutes ses chances! ».

Là était donc le secret : le management était la clef d’un « meilleur musée » en Europe! Savoir utiliser toutes les compétences, ne pas user de son  « pouvoir » hiérarchique était le sine qua non de l’innovation, de la réussite et de l’excellence. Et, malgré la persistance de ces fonctionnements ultra hiérarchiques, ahurissants aujourd’hui -de vrais brise-talents !- je persiste malgré tout à croire que la gouvernance, le management feront un jour ce grand progrès : passer au participatif, au collaboratif, et mettre fin en un même temps à la souffrance des gens au travail et au manque d’innovation.

(1) Ironbridge Gorge Museum Trust, Ironbridge, Royaume-Uni – (2) Musée de la Camargue, Arles, France

KEN LE TOURISTE PARFAIT

Ken avait rejoint dans un très joli bar son nouvel ami Christian, Christian Mantei, avant de passer aux choses sérieuses : Ken avait un petit milliard de trop à son actif et voulait investir en Europe et il avait  pensé à ce petit pays au grand passé, la France. En fait, le job de Ken, Touriste Parfait, avait séduit Christian : « Homme d’affaire, passant sa vie dans les avions et les palaces, laissant sur son passage une somme colossale de retombées économiques, ça me convient !», avait dit le Délégué Général à Ken. Oui mais voilà, Christian se faisait le porte-voix, dans le journal L’ Echo touristique, d’une bérézina annoncée si le Tourisme périclitait en France…

– Que puis-je pour vous, my Dear?, commença Ken…

 

POUR VOUS FAIRE UNE PETITE IDÉE DES RESULTATS ET PREVISIONS DU TOURISME EN 2012 ET DU COMMENT Y REMEDIER ?, RENDEZ VOUS AU PROCHAIN BILLET, LA SEMAINE PROCHAINE!

 

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  1. […] ICI,  ou la nomination du MACM au Prix du meilleur accueil des musées européen, l’EMYA, ici. Ou encore allez faire un  petit tour, pour vous faire une idée, sur le site Internet et le blog […]

  2. […] POUR EN SAVOIR PLUS Le Musée d’Art Classique de Mougins est situé au  5 rue des Muriers Mougins 06250 France 6 . Le musée en images ! ICI!  Tourisme à Mougins, ici! Tous les articles de notre petit blog sur le MACM, qui a eu le Ken d’Or en 2012! A Mougins, c’est Hôtel et Culture, à lire  ICI,  pour compléter votre ingénierie du Tourisme Culturel. Où Le Musée d’Art Classique de Mougins,  choisi pour le Prix européen du meilleur Accueil, à voir ICI!  […]

  3. […]     »Accueil et Musée » , car le MACM avait été nominé pour le Prix du Meilleur Accueil décerné par l’Europe ;   « Un forfait touristique Restaurant et Musée » et  Hôtel et […]

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