Gares § Connexions Culture

Les gares SNCF viennent d’éditer leurs nouvelles aventures pour l’année 2013 : à l’occasion des 30 ans des FRAC, les fonds régionaux d’art contemporain, de nombreuses gares accueilleront leurs œuvres d’art, en se proposant d’être le relais de la vie culturelle des régions. Car le programme est vaste et ne concerne pas que les FRAC :  la musique, Marseille Provence Capitale européenne de la culture ou encore des événements qui comptent sont aussi proposés par la SNCF gratuitement. La SNCF y invite tous  les voyageurs à vivre et partager des expériences hors du commun. La semaine prochaine, nous traiterons des « Aéroports et de leur implication culturelle », mais il ne fallait  surtout pas rater ce joli train de projets touristiques et culturels.

Une appli!

LE PROGRAMME 201328/05/2013 : Gares & Connexions, la 5ème branche SNCF, en charge des gares, s’associe donc avec les FRAC. Près de 60 oeuvres d’art contemporain seront exposées dans plus de 40 gares de France. Dijon est la première gare à accueillir des oeuvres à partir du 18 mai 2013. Elle donne le coup d’envoi du partenariat inédit entre Gares & Connexions et les FRAC qui s’étendra jusqu’à la fin de l’année.
– Deux exemples : à Dijon,  jusqu’au 30 septembre :  dans la rotonde, un bâtiment en béton garni d’une verrière où l’on vend les billets de train, trois vidéos de l’artiste japonais Hiraki Sawa sont projetées en continu.En Aquitaine, Gares & Connexions s’associe pour la première fois à GAROROCK, grand festival de musique en plein air, se déroulant du 28 juin au 30 juin 2013 à Marmande. À partir du 4 juin 2013, les gares de Bordeaux Saint-Jean et Marmande accueilleront des chorales ainsi qu’une exposition de photographies sur les murs et espaces des gares. LE PROGRAMME COMPLET EST ICI!

I- LES STRATÉGIES ET LES OBJECTIFS En principe, une gare n’est pas un lieu d’exposition idéal : trop d’insécurité, de stress, de flux, et surtout d’autres missions prioritaires! Mais voilà, il y du monde, dans les gares et, comme les salles d’attentes sont plutôt moroses, la SNCF a dû  faire le pari  que, sur l’ensemble des visiteurs,  elle accueillerait au moins ces  15% de fans de culture, prêts à tout pour assouvir leur passion. Même à rater un train? Yes ! Et la SNCF, puissante entreprise, a bien raison de miser  sur une SNCF qui aura , avec ce type d’opération, une nouvelle image haut de gamme, celle d’une marque « créative » .Se rapprocher des FRAC, des artistes et de leurs visiteurs assidus (Collectionneurs; fans d’art contemporain…) est tout à fait dans l’air du temps, au niveau international. Plus qu’une tendance, cela devient presque un devoir!

1- Quand La culture participe aux stratégies de communication de la SNCF Participer, pour la Culture, c’est aussi communiquer avec des visiteurs peu habituels, exposer ailleurs que dans les lieux inédits : les professionnels culturels ont l’occasion, avec ce travail conjoint, de sortir de leur « entre-soi » (Culture/Education nationale/Secteur public/Publics de proximité…), de développer de nouveaux réseaux en plus de leurs  partenariats traditionnels. Ils ont raison, cela ne peut que leur profiter!

2- La SNCF et les acteurs culturels vont profiter ces  événements qui leur donnent:

– Une très bonne occasion, aux deux parties, de communiquer : se rapprocher des « leaders locaux » et de tous les voyageurs (Et hop ! Une conférence de presse, un  vernissage ! Des visuels pour le Dossier de presse ! Des campagnes d’affichages !

– Une très bonne occasion de créer le buzz sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux. Si la page Facebook des événements est bonne, les plus jeunes, en particulier, partageront leurs avis, leurs photos, leurs expériences.  Ils deviendront des ambassadeurs d’une image plus créative de la SNCF et apporteront une contribution, bénévole, qui correspond à l’air du temps. La preuve ? Auriez-vous su que cette expérience avait  lieu sans cet article de mon petit blog ? Me voilà donc ambassadrice volontaire et bénévole !

Une très bonne occasion pour évaluer ces clientèles difficiles, volatiles que sont les classes jeunes, les fans d’art contemporain ou encore les voyageurs touristes occasionnels. Cerner leurs profils, leurs attentes, leurs motivations pour mieux les satisfaire une prochaine fois , fait partie du jeu  de l’ouverture aux publics « les plus larges possibles » !

II- QUELLES RETOMBÉES MÉDIATIQUES, PÉDAGOGIQUES, ECONOMIQUES ? Est-ce la bonne question ? Oui, car on peut chiffrer ces retombées « médiatiques ». Difficile pourtant de chiffrer le degré de satisfaction, le parcours des visiteurs ou ce qu’ils auront réellement « vu et regardé ».   Avec ce type d’événement,   nous sommes très largement dans le domaine des images, des symboles, d’un nouveau mode de communication, d’un enrichissement immatériel. Si, à première vue, cette remarquable organisation doit coûter cher à la SNCF(1), il s’agit aussi d’un investissement. Nous aimons beaucoup l’idée que, plutôt que de mettre un jeune sur une affiche SNCF, on lui propose, en live ( dans la vraie vie), une réelle expression artistique, une éducation du regard, des surprises! Nous aimons beaucoup l’idée que la SNCF ait aussi choisi le local, plutôt qu’une grande opération nationale et, surtout qu’elle ait choisi la Culture et la création plutôt que des animations commerciales traditionnelles.Nous saluons aussi son courage, car faire une exposition ou demander à un pianiste de jouer dans une gare, négocier avec des FRAC ou GAROROCK n’est pas chose simple! Cela demande de bien connaître les acteurs culturels, leurs exigences ; un suivi compliqué ; une mise en scène difficile ( Flux des voyageurs…) ; une évaluation…Même si toutes ces contraintes  se « voient pas », elles sont incontournables et la réussite des événements croisés entre la SNCF et les sites ou événements culturels en dépendent. (1) NDLR :  nous avons renoncé à demandé les budgets et coûts détaillés, les profils et compétences des équipes engagées dans l’opération car chaque fois on nous répond, en France :  « C’est confidentiel! ». Et je leur réponds toujours la même chose »Les anglais ou les espagnols, les néerlandais nous donnent tout cela, qui figure aussi en ligne sur Internet, gratuitement  et en accès libre! Comment voulez-vous que les professionnels  fassent  des progrès, si le moindre ouvrage chez ATOUT France coûte 45€ et si les opérateurs font de la com’ en « oubliant » de parler de leurs  modèles économiques et des coûts? ?Bref, si la SNCF nous lit et serait d’accord pour que nous publions les budgets  de l’action culturelle et une analyse SWOT de l’opération « FRAC », nous leur promettons aujourd’hui que leur candidature aux Ken d’Or 2013 est bien partie!:-)

– ET UN MUSÉE DANS UN CENTRE COMMERCIAL ? Merci à mon ami William Saadé  pour son envoi de cette hallucinante expérience, dans une galerie commerciale, cette fois! Expéreince courageuse, aussi, et qui nous a beaucoup plu !C’est le Rijksmuseum d’Amsterdam qui en a eut l’idée (Hollande). » Amenons le musée aux gens; espérons qu’ils viendront ensuite nous voir! ». La direction et les équipes du musée ont choisi une peinture de Rembrandt, la Ronde de nuit (1642).Puis  ils ont bâti une mise-en-scène autour des personnages de la toile et ils ont amené ces personnages dans une galerie commerciale.Vous pouvez voir le résultat , incroyable, sur le lien suivant http://www.youtube.com/embed/a6W2ZMpsxhg?feature=player_embedded

KEN LE TOURISTE PARFAIT Barcelone, sa Movida, la Crise…Ken remonta la Gran Via de les Corts Catalanes avec son ex, Barbie Chérie, pour rejoindre l’Hôtel Soho, sa piscine, sa terrasse et ses chambres design où l’on pouvait jouer toute la soirée en composant la lumière de la chambre. Mieux que la télé, avait estimé Barbie qui pianotait compulsivement ses lumières. Ils avaient « fait la totale », Gaudi/MACBA/MII-IBA, CCCB/Opera…et arpenté joyeusement  le Rival. Touriste, certes, mais Ken ne pouvait en rester là. Pour y ajouter « Parfait », il se lança donc dans une série de coup de fils : banquiers et investisseurs barcelonnais, hommes d’affaires et causes charitables. Il lui importait de participer à la relance de l’économie catalane et il acheta douze restaurants, quatre golfs en périls, un nouveau jet privé et vingt-trois abonnements culturels avant de faire confirmer leur vol pour l’Allemagne avant de repartir au Japon.

(2 commentaires)

    • Van de Moortele on 21 juin 2013 at 12 h 02 min

    Chère Evelyne,
    quel plaisir votre billet de ce matin !
    tout d’abord excusez ma mauvaise frappe, mais je n’ai que ma main gauche de valide en ce moment pour taper sur le clavier et je suis droitière !!!
    revenons à votre billet. je découvre l’action de la SNCF et j’en suis ravie, dans le cadre di projet du CACP Villa pérochon à niort, nous sommes à 300m de la gare, il faut que nous tissions des liens de partenariat absolument. même si la gare de niort n’est pas une plaque de transit majeure, on peut peut-être travailler à l’échelle des gares de la région. à voir, mais en tout cas merci de cet éclairage. et j’abonde dans votre argumentaire. pour avoir un grand ado passionné de trains, je peux vous dire qu’ily a une puissance des réseaux e forums des mordus du rail que l’on ne soupçonne pas tant qu’on ne les a pas approchés. un post et c’est puissance 2000 derrière;
    Bel été et au plaisir de vous lire toujours. bien à vous. sylviane

    • elbée on 4 juillet 2013 at 12 h 00 min

    bien sûr: si le public ne vient pas à la culture, faut bien que la culture se déplace (en train – enfin, à la gare) et vienne vers le public
    la vidéo du centre commercial est effectivement superbe ! si vous pouviez juste revérifier le lien (il ne fonctionne pas – j’ai réussi à voir la vidéo en copiant l’adresse manuellement), ce serait encore meilleur

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