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Oct 18

Comment créer de bonnes visites culturelles?

MasqueDans une région rurale, mais sans doute encore plus dans les villes, l’offre de culture est toujours abondante. Lieux de mémoire, maisons d’écrivains, anciennes usines ou centres d’art contemporain : la diversité des sites, en Europe, est telle que les « itinéraires » ont pu être construits à partir d’une seule thématique : itinéraires cultuels des pèlerinages, Route Napoléon ou Routes gastronomiques Parcours d’ Artisanats. Alors la tâche est rude, non tant pour valoriser les lieux de visites – ils le sont à peu près tous lorsqu’ils sont ouverts au visites – mais pour choisir, pour les futurs visiteurs, ce qui sera le mieux, le plus agréable, le plus cohérent, en un temps imparti, de quelques heures à plusieurs jours. Comment créer de bonnes visites culturelles, dans ce contexte ? Voici nos propositions.
Nous avons pris un exemple aujourd’hui qui illustre bien le parcours et la meilleure méthode pour proposer, à des publics aussi variés que possible, une découverte culturelle du territoire. Cet exemple, même s’il est en milieu très urbanisé, est celui de la Seine-Saint-Denis, un département qui n’est pas, et de loin, l’un de ces « joyaux » de notre richesse culturelle au sens classique, comme le sont les Châteaux de la Loire ou tous ceux, fort nombreux, du Moyen-âge.  Pas de centre historique, non plus, à l’architecture civile remarquable par un régionalisme de son architecture ou le poids et la patine des ans sur son patrimoine bâti. Quant au « paysage », laminé aux siècles derniers par la révolution industrielle puis par l’urbanisation, il n’a pas non plus le « cachet » de la Bourgogne ou l’identité forte du pays Basque, de l’Alsace ou de la Corse. Bien sûr il y a les grands témoins de l’histoire, comme la basilique, dans la ville de Saint-Denis, et le Stade de France
Et pourtant…Les acteurs du tourisme du département ont fait avec ce « peu » des merveilles. On peut même dire « les meilleurs visites qui soient » en France, car, à chaque visite, ce sont les gens que l’on va rencontrer, leur art de vivre, leur diversité, leurs passions d’aujourd’hui. Comment vit-on en France ? A quoi pensent les habitants ? Peu de régions touristiques partent du principe que cette question intéresse grandement une bonne moitié des touristes, et sans doute beaucoup plus lorsqu’il s’agit d’une « seconde » visite en France.
Les visites culturelles sont hélas très formatées, en France 1– la plupart des visites culturelles sont conçues sur le modèle très « passif  » du tourisme de masse « J’arrive, je contemple et je repars »,  et rarement adaptées à des groupes affinitaires, qui  partagent des goûts , des opinions ou des projets. 2- Le continuum d’un séjour (visiter/manger/dormir) ou encore les contraintes horaires (Ai-je le droit d’être pressé ?), le désir de visiter « hors heures de travail (On fait quoi à 19 h ?) sont également peu prises en compte. Il s’agit aussi très largement de « visites passives », où l’on prend l’offre comme elle se présente, où presque rien n’est fait pour donner un avis et partager une discussion.
Aujourd’hui toutes les études évoquent pourtant la fin de ces visites passives et, répétons-le, dont l’envie de rencontrer les habitants témoigne, comme l’ont très bien compris les Greeters du monde entier. Et ne vous inquiétez pas non plus : vous ne risquez pas de perdre vos afficionados de la culture, car d’une part eux-aussi évoluent, ont soif de « tourisme créatif », d’autre part ils savent préparer sans vous et au mieux des visites de type académiques. La culture étant leur passion, le premier motif de leur destination, ils iront de toute façon visiter vos sites culturels !

I- COMMENT LE TOURISME, EN SEINE SAINT-DENIS EST-IL ARRIVÉ A CRÉER CE PETIT MIRACLE?

Les infrastructures étaient là, certes, et elles sont tout de même un incontournable du Tourisme…Bien sûr la proximité de Paris est redoutable, car le Département est à la fois en « concurrence » avec la capitale, mais aussi avec les départements voisins, qui ont d’autres atouts (Disneyland en Seine-et-Marne; les paysages du Val d’Oise ; l’Impressionnisme à Chatou, etc…).Reste que le fort maillage du réseau des transports publics, des hôtels et de la restauration ont été nécessaires pour créer leur programme de visites culturelles.
Un travail intense et très novateur a fait le reste, que nous résumerons comme suit en cinq points :
1 -BIEN ANALYSER L’ OFFRE CULTURELLE 1- Il y a bien sûr les incontournables, dont il faudra sans doute améliorer les conditions de visites en permanence. Pour le 9-3, la Basilique, le Stade de France ou les Puces de Saint Ouen font partie de ces incontournables et proposés à la visite. 2- Pour le reste de leur offre (plus de 500 visites, balades, itinéraires, croisières sont proposées), les acteurs sont partis des usages et des envies des visiteurs pour les « classer ».3- Après, ils ont sans aucun doute choisi de bons sites à visiter, dont les propriétaires étaient prêts et ouverts au dialogue avec eux. Sans ce dialogue, impossible de mettre au point des visites intéressantes (cf.2). 4- Ensuite tout un travail de hiérarchisation et de veille de l’offre est sous-jacent à leur programme. Le meilleur exemple est la présence, dans leur catalogue, de la visite de la Galerie Gagosian, nouvellement ouverte et sans doute « phare « de la prochaine FIAC à Paris. La Galerie Gagosian présente actuellement une exposition d’oeuvres d’Alexandre Calder et de Jean Prouvé jusqu’au 2 novembre 2013. Le lieu-1 650 m2 entièrement rénovés par Jean Nouvel – appartient aux Aéroports de Paris, qui le louent à Larry Gagosian. – Encore fallait-il, avant de rencontrer les propriétaires de cette galerie , être au courant de son inauguration sur le territoire et de l’ importance d’un nouveau lieu de ce type! 5- Enfin, sous-jacente aussi, les questions plus techniques de l’accompagnement des visiteurs, des tarifs, des « retours d’expériences » pour évaluer les visites par rapport aux objectifs de chacune, font partie de l’analyse. Tout comme l’animation des réseaux sociaux, la formation des intervenants dans le montage des visites et leur évaluation. Vaste chantier !

2-SÉLECTIONNER CE QUI MARCHE! On le voit, avec ces critères, tout ne sera pas retenu. Contrairement à 90% des organismes touristiques, le département a fait des choix, dont celui de vraiment représenter les habitus et modes de vie des habitants ou des commerçants, artisans, entreprises du département : les arts de la rue et l’évènementiel d’une classe jeune plaira sans doute à leurs pairs du monde entier! Ce choix, par exemple, contribuera à améliorer l’image d’un département plutôt peu gâté pour son « image jeunesse »qui ne retient, comme à Marseille, que les aspects négatifs sans jamais souligner son énergie et sa créativité.
3-REGROUPER DES OFFRES:  Dans les propositions (voir notre galerie en fin de billet) on passe « du coq à l’âne », de la fabrication de chouquettes à la visite d’une basilique…Eh oui, les humains sont ainsi faits qu’ils aiment plusieurs choses en même temps, et seule une infime partie de la population est monomaniaque et ne voudra visiter QUE des monuments historiques ou des musées. La visite des « coulisses » d’un monument, d’un événement, d’un théâtre ou de l’Ecole nationale de danse est devenue un classique du département 93. Et à notre avis c’est très bien, car les visiteurs, en entrant dans les coulisses, sont certains de rentrer au cœur des secrets du lieu, là où se fait le travail invisible, là ou la liberté de parole prendra le pas sur un discours officiel ». Les coulisses garantissent authenticité et rencontre des acteurs du lieu, sans « intermédiaire ».
4-FACILITER LA PRISE DE DÉCISION de visite, avec au moins quatre fondamentaux : 1- La description de ce qui attend les visiteurs , exactement (fin de l’idée que l’on souhaite être surpris), assurance de la qualité 2-Une phrase ou deux, pas plus, et en langage « normal » pour préciser « Pourquoi ce lieu est important ».3- Tous les renseignements pratiques.4- Des avis d’internautes et des photos, vidéos sur les réseaux sociaux, pour jauger, comparer.5-Un clic pour « réserver votre visite et payer la en ligne ».Un autre clic pour avoir réponse à toute question particulière ou annuler sa réservation.
5-PENSER A LA FIDELISATION ! 1- Organiser les partenariats avec chacun des sites de visite tout en imaginant les suites à donner : 1- L’évaluation – ce qui fonctionne bien ou les freins rencontrés avant, pendant et après à la visite… ou ce qu’il ; faut changer, améliorer -2- La possibilité de créer, sur la base du volontariat de ceux-ci, un « fichier -client » pour les tenir informés, leur proposer de nouvelles visites. 3- La conception de nouvelles formes de visites pour mieux fidéliser les visiteurs satisfaits ou leurs amis et familles.
II- CONCLUSION  : cette démarche de création de visites culturelles est à notre avis l’une des meilleures que nous ayons rencontrée, qui s’appuie sur de fines connaissances de ce qu’est, aujourd’hui, la pratique de visite, le sentiment des visiteurs, leurs attentes et leurs comportements .
La démarche a cependant un inconvénient majeur : elle ne rentre pas dans les clous des visites traditionnelles. De ce fait, elles ne feront pas « école » avant longtemps, hélas ! Pourquoi ? 1- Les visites culturelles du département rompent avec la médiation culturelle traditionnelle, qui veut qu’un intermédiaire cultivé explique ce qui est difficile à ceux qui ne « savent pas » ou ne peuvent pas comprendre tous seuls, à cause, le plus souvent, d’une muséographie ou d’explications du site culturel trop difficiles pour les non initiés. Du coup, avec ces médiateurs, l’offre a très peu évolué, notons-le au passage. 2- Elles rompent aussi, nous l’avons vu, avec la non hiérarchisation de l’offre des organismes du tourisme, qui « mettent toute l’offre culturelle du territoire au menu », avec des entrées « classiques » (Patrimoine/Musées/Art/Sciences …) et non des entrées par usages et comportements des visiteurs.3-Par contre la hiérarchisation des fonctions disparaît : les personnels engagés dans l’aventure n’ont plus l’organigramme classique, par exemple, où les guides ne s’occupent pas , ou très peu, de la gestion et de la commercialisation et ne sont pas passionnés par les retours d’expérience ou a la gestion du site Internet. Pour concevoir de telles visites, cela suppose un vrai coworking, des méthodes collaboratives, multitâches, et donc la fin des cloisons habituelles entre les tâches à accomplir.
Ces visites, enfin, sont instables par nature car pour fonctionner elles ont besoin d’un renouvellement des partenariats, d’évaluation, de nouvelles propositions. Cette instabilité est, à notre avis, une agilité, la seule chance de bien adapter les visites aux visiteurs : rien n’est gravé dans le marbre, et on est prêt à tout entendre, à accueillir de nouvelles clientèles, à toujours remettre le travail, très conséquent, en question. Voilà qui et nouveau, pour une administration, et nous aimons cette agilité. Entre visites touristiques pour les étrangers et tourisme participatif, il n’y a qu’un pas, franchi par la démarche globale de la Seine-Saint-Denis. ( Voir l’article de Muse.D Territoire, Concilier harmonie sociale et développement, ici,  et l’article  « Et si le participatif était l’avenir du  Tourisme? ( dont et extrait le schéma ci-dessous) :

tourismeparticipatif

P1080666III- KEN LE TOURISTE PARFAIT 
Ken était juste sidéré : avec le shutdown, les sites culturels de son pays venaient d’être étiquetés comme « non vitaux » pour la vie des citoyens américains. Comme vous le connaissez bien, vous avez deviné qu’il s’en fichait totalement, tout obsédé par le Tourisme Parfait, celui qui rapporte ( des retombées ; des flux financiers ; des investissements à réaliser…).L’appel de Barbie- Chérie le tira de sa torpeur « Tu connais la nouveeeeeelle ? ». Ken s’apprêtait à lui répondre avec un ton des plus compatissants, car, contrairement à lui, Barbie Chérie était folle de Culture… Elle ne lui en laissa même pas le temps et enchaîna « Ken, c’est trop bien ! Les habitants de Détroit viennent de renoncer à la vente d’un Rembrandt* qui devait payer la retraite des pompiers ! ». Voilà qui le rassura…
*Le Detroit Institute of Arts, l’un des plus importants musées des Etats-Unis,  était supposé aider à résorber la quai-faillite de la ville ces derniers mois. Que vendre ? Les Van Gogh ?Des donations, ils n’ont rien coûté à la ville… Le Tintoret ? Il a bien été acheté par la Ville, mais à la condition, posée par le gouvernement italien, qu’il ne quitte jamais les murs du musée de Detroit.Faut-il vendre un Rembrandt pour sauver la retraite de modestes pompiers ? La réponse est venue des habitants de Detroit eux-mêmes. Dans un sondage paru la semaine dernière dans le Detroit Free Press, ils se disaient hostiles à 75 % à une baisse des pensions et à 78 % à l’idée de vendre une seule pièce du musée. » (Voir tout l’article sur Detroit sur  Le Monde Magazine.)

Les photos de Ken : en Haut il a rencontré son ami Théo Mercier (Tragique Afrique) et en bas il a fait un tour par Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, nouvel eldorado du Caucase grâce à son pétrole, et qui se rêve en nouvelle place émergente du marché de l’art.

NOTRE GALERIE DE PHOTOS SUR LES VISITES DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS

Tourisme 93 FacebookSeine-Saint-Denis Tourisme sur Facebook : des habitants, encore et toujours des habitants!

Doc 11- Les Visites, à voir in extenso sur le site du CDT93, ici . Quelques exemples : un  voyage chez les Croates de Paris; chez  les Fratellini , famille du Cirque; visite technique : maîtriser les inondations (Centre de gestion de Rosny/s/Bois). Pour les visites d’entreprises 100 entreprises ont été sélectionnées : les Manufactures de Pleyel (Mais comment fabrique- t-on un piano à queue ? Conduisez un RER ( cabine virtuelle de l’entreprise). ou la saga Orangina ! Les coulisses du théâtre de la Commune . Pour les Coulisses :les Réserves du musée des arts et métiers  ou le conservatoire de la marque Citroen pour visiter des voitures anciennes….

DOC 4Un choix éclectique : visiter le musée de l’air « Art déco », Faire des chouquettes ou visiter un lieu de mémoire? Sont aussi proposées 37 balades urbaines mais aussi le long de la Seine, dans des Parcs ou  à Paris (la culture indienne à Paris) .

croisiere-impressionnistes-et-cinema

 Croisière « peinture et cinéma, la Seine en lumière » (9 euros/personne )
Sur les traces de Van Gogh, Caillebotte ou encore Sisley, pour revivre le passé impressionniste des bords de Seine. Le parcours longe les rives où furent peintes la  Baignade à Asnières de Seurat, la Sirène de Van Gogh, L’Ile Saint Denis de Sisley, ou La Berge du Petit Gennevilliers de Caillebotte. La croisière longe ensuite les studios d’Epinay, où ont été tournés des scènes de films , (« Le Père Noël est une ordure », « Le Grand Bleu », « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre »)… L’ouverture récente de la Cité Européenne du Cinéma à Saint Denis illustre également l’importance de l’implantation du septième art dans cette boucle de la Seine.

LA COMMERCIALISATION  DES VISITES 

Panier

 

 

 

 

Les clients qui ont aimé ont aussi aimé...

 

 

RÉSERVER EN LIGNE!…Et être inspiré par des « propositions similaires » à celles de vos choix : « Si vous avez aimé…vous aimerez aussi »

balade-l-art-du-graff-dans-le-19e-arrondissement-de-paris

Balade « arts urbains » das le XIXéme arrondissement de Paris, entre le canal de l’Ourcq et le parc de la Villette .

– « Suivez l’artiste dAcRuZ au cœur du 19e arrondissement de Paris pour découvrir l’art du graff à travers ses nombreuses fresques. Vous partagerez son parcours, ses motivations et son style coloré au cœur d’un quartier en plein renouvellement. C’est une balade au cœur de la ville en plein changement, venir découvrir le pouvoir de la couleur et les motivations des artistes dans la rue, acteurs aux avant-postes d’un renouvellement urbain trop souvent déshumanisé »La visite des nombreuses fresques  sera ponctuée d’anecdotes sur les 8 années écoulées et de l’incroyable préservation de ce musée à ciel ouvert grâce aux soutien des habitants de ces quartiers.
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(5 commentaires)

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  1. Clémence

    Bonjour et merci pour vos articles très intéressants que je lis régulièrement.

    Cette question de visites culturelles adaptées me parait très intéressante car nous sommes en train de lancer une activité de ce type à Lyon (Cybèle), et même si tous les retours sont très positifs, il est très difficile de faire comprendre l’originalité.
    Beaucoup de visiteurs recherchent la différence et des propositions plus adaptés, certes, mais j’ai parfois l’impression qu’il est malgré tout très difficile de les faire sortir des sentiers battus…

    En tous cas, nous testons sans arrêt de nouvelles formules, et nous essayons d’en créer régulièrement, et c’est tout à fait passionant !

  2. elbée

    Pardon, je ne peux m’empêcher d’être un peu agacée: pourquoi les visites classiques seraient-elles forcément passives ? Tout dépend évidemment des personnes: le ou la guide peut faire participer les visiteurs, rien n’oblige à faire un cours magistral. Et les visiteurs peuvent tout aussi bien intervenir et poser des questions, même des questions complètement hors sujet (on n’est pas à l’école justement).

    D’accord pour l’intérêt que représente la rencontre avec les habitants. Mais les guides sont aussi des habitants, ne l’oubliez pas.
    Et ces habitants, greeters, etc… vont bien finir par ne plus être si authentiques que ça, à force d’être sollicités. Ce n’est pas si évident de garder son naturel, sa passion, sa patience et sa bonne humeur. Et les offres « hors des sentiers battus » vont finir par être des classiques, c’est tout le mal que je leur souhaite d’ailleurs.

    D’accord aussi sur le fait que les humains aiment bien la diversité, ont des intérêts très variés et ne s’intéressent pas uniquement à la culture avec un grand C. Des visites académiques, comme vous le dites, doivent peut-être encore exister, mais mon expérience personnelle me prouve plutôt le contraire. Un monument ne parle pas que du passé, mais interroge aussi notre présent. Les conditions pratiques des visites nous forcent à réfléchir sur nos villes et leur évolution.

    Il me semble que votre article (que j’ai tout de même lu avec beaucoup d’intérêt) vise plutôt la partie commercialisation. Il est en effet intéressant de savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas et d’essayer de savoir pourquoi. Et c’est là que se situe LE gros problème: beaucoup d’organismes, de personnes n’aiment pas du tout, mais alors pas du tout se remettre en question….
    Petit exemple: l’oenotourisme. Pourquoi presque toujours des explications pontifiantes sur les cépages, la vinification, l’intraduisible et très français « terroir », la composition des sols…. etc.etc. (c’est très intéressant, soit dit en passant, on y apprend beaucoup) ? Le vin est aussi source de convivialité, non ? Alors ne pourrait-on pas s’asseoir autour d’un verre et engager la conversation ?

    Bon, tout ça avec modération bien sûr 😉

  3. Evelyne Lehalle

    Merci pour vos différents commentaires, toujours très enrichissants! Cependant j’aimerais préciser : si vous pensez que l’inter-activité, la participation, le partage, etc…c’est une visite « pendant » laquelle le guide donne la parole aux visiteurs, pour poser de questions ou dialoguer suffit, alors je suis d’accord, n’envisageons pas autre chose, les visites classiques suffisent! Personnellement je crois que de bonnes visites se préparent « avant » et « ensemble ». Par exemple à Saint-Denis le tourisme connait ses visiteurs actuels mais, si vous regardez les thèmes élaborés, travaille bien en amont sur les « visiteurs potentiels ». On voit qu’ils souhaiteraient attirer, par exemple, des jeunes 20-40 ans- car le public des très connaisseurs vieillit partout en Europe, et diminue-; ou des passionnés de l’art actuel (arts de la rue; nouvelle galerie Gagosian..), ou des amateurs de « tourisme créatif » (ateliers de création). Les familles sont aussi particulièrement « ciblées » ( gratuité de certaines visites pour les enfants). Ensuite les visites sont évaluées (par l’ensemble des acteurs). Enfin, sur les réseaux sociaux, on peut leur proposer des thèmes, parler de sa visite très librement. Donc ce qui n’est pas classique, c’est que la visite est traitée dans ses différentes phases « avant, pendant et après » de façon très pro, avec la participation des propriétaires des sites, des accompagnateurs, des différents autres acteurs (transporteurs; croisiéristes, réservation; commercialisation). Il y a donc, en amont des questions pratiques, une réflexion partagée. Puis, après les visites une évaluation d’ensemble, dont on se servira pour proposer e nouvelles visites ou pour améliorer ou supprimer celles qui n’ont pas de succès ou ne se passent pas bien (opérateur défaillant, cela peut arriver, aussi).C’est cette démarche d’ensemble que je ne trouve pas encore très classique, pour la visite culturelle en France. On découpe les différentes phases, et du coup les guides, par exemple, ne sont pas associés à la réflexion sur les visiteurs potentiels, ou aux actions de commercialisation, ou à l’évaluation globale des « produits ».

  4. elbée

    Alors là, entièrement d’accord avec vous !
    C’est de là que viennent d’ailleurs certaines frustrations pour les guides qui ont parfois l’impression de prêcher dans le désert ou qui ont tout simplement arrêté de prêcher d’ailleurs puisqu’on (agences, offices,…) ne les écoute pour ainsi dire pas. Et c’est bien dommage.

    Ensuite préparer la visite avant, pendant et après est une pratique largement répandue avec les classes patrimoine par exemple. Mais c’est encore un autre sujet.

  5. sortirameaux.fr

    Dimanche dernier, j’ai pu visiter une partie des caves du musée Bossuet, ainsi qu’une partie du 2ème étage. Contrainement à la veille, la visite guidée était là très intéressante, nous avions affaire à une dame qui justement connaissait son affaire !

    Je regrette toute fois que nous n’ayons pu visiter qu’une partie des pièces non accessibles habituellement, mais ce que nous avons vu, était déjà bien.

    Dans tous les vas, je vous conseille d’y faire un tour. La ville est très plaisante.

  1. Comment créer de bonnes visites culturel...

    […]   […]

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