Dans la vie des musées du monde

Le Rapports internationaux et autres gros bilans institutionnels ont bien souvent de riches contenus mais, hélas, ils sont un petit peu difficiles à lire : trop longs, avec trop de généralités, ou, tout simplement, ils ne correspondent pas à votre propre stratégie, à votre site culturel, à vos projets. Pourtant, rien de mieux pour prendre la température de l’environnement professionnel international !Avec de premier billet de la nouvelle année, je  vous résume un rapport qui vient d’être publié, et je vous souhaite une excellente année 2020!

I- UN RAPPORT sur la vie des musées, aujourd’hui ! Bien que son objectif soit de voir où en est, dans les musées, la mise en oeuvre d’une directive en 2015,  on y apprend beaucoup de choses sur les musées aujourd’hui et sur l’avenir des musées.  Cette publication concerne 56 musées de pays de tous les continents, qui ne sont pas des musées-stars, avec architectes-vedettes et des inaugurations en grande pompe! Ces 56 musées ont tout simplement répondu à un questionnaire de 18 pages envoyé par l’UNESCO pour savoir où  il en étaient pour leur fonctionnement, de leurs appareils juridique, de leur stratégie  numérique ou de leurs relations aux publics. On y lit des priorités, et des diaines de bonnes pratiques!

J’espère que mes amis du Tourisme seront intéressés car dès qu’il y a des musées, il y a des touristes français et étrangers. Savoir « Parler musées » et connaitre leur actualité (enjeux, projets…) est donc, à mon avis, aussi important pour les acteurs culturels que pour ceux de l’industrie touristique. Le Rapport est ici. Et sa version en français sur ce lien, ici!

II- MUSÉES DE TOUS LES PAYS, unissez-vous ! Voici les 56 pays membres de l’UNESCO qui ont participé au questionnaire suite à la Conférence Générale de l’‘UNESCO : Afghanistan, Albanie, Andorre, Angola, Argentine, Armenie, Australie, Austriche, Belgique, Botswana, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Chad, Colombie, Cyprus, Czech Republic, Egypt, Eritrea, Estonia, Finland, Georgia, Honduras, Hungary, Iran, Irak, Japon, Lettonie, Lituanie, Lesotho, Lithuanie, Maurice, Mexique, Montenegro, Myanmar, Namibie, Pays-Bas, Nigeria, Panama,Pologn , Portugal, Corée du Sud, Moldavie, Russie, Arabie Saoudite, Slovenie, Espagne, Suède, Suisse, Timor-Oreintal , Togo, Tunisie, Ukraine, Uzbekistan, Vanuatu, Venezuela et Zimbabwe.(Photo : couverture de Beaux-Arts Magazine, 2017).

Au sommaire:
1.Allocation des ressources financières et humaines.
2. Diversité des musées et des collections
3. Des questions sur les politiques fonctionnelles du secteur muséal
4. Les fonctions essentielles des musées et la participation du public
5. La documentation des collections des musées
6. Le code de déontologie et les normes professionnelles
7. Les mécanismes de financement et les partenariats
8. Les musées et les technologies de l’information et la communication (TIC)
9. Le rôle social des musées
10. La coopération à plusieurs niveaux
11. Les collections conservées dans d’autres institutions.
13 Le développement des publics
14 Musées et programme de développement durable à l’horizon 203014, avec les initiatives contribuant à la réalisation des objectifs de développement durable
Voici donc notre cueillette, et vous pouvez lire l’ensemble du Rapport que l’on ne peut développer ici.

III- -FINANCEMENTS : comme la plupart des États membres qui ont répondu à l’enquête n’ont pas fourni d’estimation de leur allocation globale aux musées, nous ne développerons pas ; mais retenons qu’environ la moitié es États membres considèrent les musées comme des agents de développement économique. ¨Par contre, le rôle que les musées peuvent jouer dans le développement durable est encore peu exploré.

IV- LE RÔLE DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION: la plupart des personnes interrogées ont signalé l’utilisation des nouvelles technologies pour la gestion du musée mais aussi promotion des musées à travers le monde.
Quatre questions ont été posées concernant les TIC: il a été demandé aux États membres si leurs gouvernements permettaient aux musées d’accéder aux TIC; s’ils avaient des lois sur l’utilisation des TIC dans le travail de gestion des collections; s’ils encourageaient l’accès gratuit aux collectionsnumériques; et s’ils avaient lois ou directives sur la propriété intellectuelle, le droit d’auteur et la reproduction numérique.
L’accès à Internet est répandu dans les musées pour la majorité des États membres, tandis qu’un grand nombre d’États ont mis en place des programmes de numérisation des collections (Belgique, Finlande, Hongrie, Lituanie et Portugal), développé des plateformes de consultation ou Des cyber-musées existent (tchèques, iraniens, Japonais,Russes)… Une législation spécifique dans le domaine du droit d’auteur existe en Géorgie,aux Pays-Bas, au Panama et en Ukraine. La Finlande a élaboré une stratégie nationale d’information (2007-2015) et un programme pour les musées (2015), dans lesquels la question des TIC est au cœur du système ; Le Portugal, la Hongrie et la Lituanie ont également développé des stratégies numériques (Hongrie en 2018/19, Lituanie sur la base des orientations stratégiques pour le développement des musées et des programmes pour le patrimoine culturel numérique). L’Espagne fournit un grand nombre d’exemples de bonnes pratiques dans ses régions; Musées virtuels : l’Ouzbékistan mentionne son catalogue général et la création de musées virtuels ; l’Iran présente des visites virtuelles de ses sites ;le Japon a également développé des portails pour l’accès en ligne au patrimoine culturel. L’Égypte souligne l’intégration des TIC dans le projet du Grand Musée égyptien.(page 43)

V- LE RÔLE SOCIAL DES MUSÉES et les défis majeurs identifiés par les États membres concernent la contribution des musées au renforcement des liens sociaux et à la promotion de la participation de tous les citoyens à la vie culturelle, à la cohésion sociale et des droits de l’homme.
Si de nombreux musées ont développé des initiatives innovantes à cet égard, la plupart d’entre eux sont liés, comme en France, à des politiques visant les habitants de la proximité pour leur faliciliter l’accès ( écoliers et communautés défavorisées). L’évaluation de ce domaine reste faible, mais quelques États membres (Brésil, Finlande et Portugal) tiennent des statistiques sur la fréquentation des visiteurs.
En ce qui concerne la promotion de l’ouverture aux défis de société, les États membres ont fourni des exemples d’une cinquantaine d’initiatives, surtout pour la diversité culturelle et l’accessibilité.
– L’Angola a créé un tribunal traditionnel dans l’un de ses musées pour délibérer sur des questions sociétales urgentes; L’Argentine a organisé des activités sur les droits de l’homme et la restitution; la République de Corée a créé un musée national sur l’histoire des femmes; Le Portugal a exploré les questions relatives aux musées, à l’égalité des sexes et à l’esclavage; la République islamique d’Iran a créé un musée pour la paix; certains musées mexicains ont mené des activités ciblant les communautés défavorisées; Le Brésil a développé un réseau de «spots de mémoire»; les Pays-Bas ont développé un programme pour promouvoir la tolérance; et la Bulgarie et la République tchèque ont élaboré une stratégie pour la promotion de l’égalité des sexes dans le domaine des musées
– Diversité culturelle et accessibilité : une cenatien d’xpériences sont citées, (page 48-50La Finlande a lancé un certain nombre d’actions dans ce domaine et fait état, entre autres, de l’action du Centre finlandais pour la promotion des arts (TAIKE), qui distribue des subventions aux musées qui cherchent à promouvoir des actions liées à la diversité culturelle et des activités contre le racisme, ou en faveur des communautés vulnérables  (Département « Culture pour tous », financé par le ministère de la Culture et de l’Éducation).

VI- TYPOLOGIE DES MUSÉES PAGE ( PAGE 21)

 

 

 

 

 

 

 

 

VII  – A QUI  APPARTIENNENT LES MUSÉES ?

 

 

 

 

 

 

VIII- ORIGINE ET RESTITUTION DES BIENS CULTURELS Plusieurs États membres ont fait état de bonnes pratiques en matière de restitution de biens volés ou spoliés. Ainsi, la « Commission autrichienne de recherche sur la provenance », créée en 1998 pour inventorier les collections publiques et récupérer les œuvres spoliées, a été très active dans ce domaine et mentionne plusieurs cas de restitution.

Musée du Burkina Faso. Copyright Musée national du Burkina Faso

La République tchèque signale également le processus de restitution mis en place depuis 1990, afin de redresser les torts perpétrés par les régimes totalitaires au cours du XXe siècle. Un mécanisme législatif a ainsi été mis en place pour la restitution des collections acquises par l’État, confisquées ou nationalisées après 1948, ainsi que pour les victimes de la Shoah, entre 1938 et 1945.
Chypre et d’autres Etats soulignent l’importance de travailler à faciliter la restitution d’objets volés et exportés illégalement de leur territoire.
– L’Administration du patrimoine culturel de la République de Corée et le Département américain de la sécurité intérieure, de l’immigration et des douanes ont signé un accord de partenariat sur la coopération dans la protection, la recherche et la restitution des biens culturels en juillet 2014. Cette coopération a permis le retour d’objets remarquables (y compris des sceaux royaux) en République de Corée.
L’Angola fait également référence au rôle du Museu do Planalto à Huambu et du Museu dos Reis do Kongo à Mbanza Kongo, qui organisent des programmes de dialogue avec la population en vue de récupérer les collections pillées pendant la guerre civile. —
IX- CONNAISSANCE DES VISITEURS (Page 50)
Plusieurs États membres communiquent leurs évaluations au moyen de questionnaires, d’enquêtesnationales ou de livres d’or, notamment au Tchad, en Géorgie et au Mexique. La Finlande faitréférence à un cadre pour l’évaluation et le développement des musées. En 2015, le Portugal a lancé, en partenariat avec l’Université de Lisbonne, une enquête nationale auprès des visiteurs des musées, dont les résultats, présentés à partir de 2016, visaient à mieux comprendre les visiteurs des musées nationaux, analyser leurs attentes et évaluer leur visite. Au Brésil, IBRAM a mis en place, en partenariat avec l’Observatoire ibéro-américain des musées, un système de collecte de données sur les publics, sur la base des informations fournies par les musées, afin de mesurer et d’évaluer la fréquentation des musées et de subventionner de nouvelles activités. Les données analysées sont soit annuelles (renseignées par tous les musées brésiliens) soit mensuelles (renseignées par les musées directement dépendants de l’IBRAM).
X- CONCLUSION : au delà des musées construits pour trouver une légitimité internationale (Effet Bilbao et architectes –stars), j’aime bien l’humilité de ce petit rapport, qui nous raconte de près les métiers, l’administration ou les difficultés des musées du monde. Grâce à cette consultation mondiale, faite par l’UNESCO en coopération avec le Conseil international des musées (ICOM) et des professionnels locaux, ce rapport nous éclaire sur des points importants des défis qui leurs ont posés, même s’ils sont moins « glamour » que leurs collections : législation et les statistiques existantes ou mise en œuvre des politiques et muséales nationales, tous les musées sont confrontés à des choix, inventent des solutions, au plus près de leurs habitants de proximité.
Même s’ils n’ont pas tous les moyens de remplir parfaitement l’ensemble de leurs missions, partager des bonnes pratiques reste encore le meilleur moyen de progresser ! Ce qui est certain, c’est pour de jouer un rôle-clé dans la promotion du développement durable, le renforcement de l’économie créative et la promotion de la cohésion sociale, de nombreuses compétences sont mobilisées. Ce sont elles qui garantissent aux musées la qualité de leur participation au développement local et international.(Couverture Beaux-Arts Magazine-2013- Extrait).

  • POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE RAPPORT
    Rapport publié en 2019 par L’UNESCO, 7 place de Fontenoy, 75352 Paris 07 SP, France Ce rapport servira de feuille de route pour la mise en œuvre de la Recommandation de 2015 concernant la protection et la promotion des musées et des collections, leur diversité et leur rôle dans la société , qui réaffirme l’importance des musées pour le mandat de l’UNESCO. Corporate author:UNESCO [51122] Mairesse, François ]Document code: CLT-2019/RP/1 Rev.Collation:76 pages : illustrations
    Licence type:CC BY-SA 3.0 IGO [6766]
    – Lien du texte en français : ici. 
    – Lien du rapport en anglais, ici.
    – Vous trouverez aussi le questionnaire envoyé aux membres, in extenso.
    Photos Plusieurs Couvertures de Beaux-Arts Magazine, belle revue qui fait souvent le point sur les musées. Image 6-Cultural Heritage Onlineportal site© The Agency for Cultural Affairs ofJapan(https://bunka.nii.ac.jp/index.php)- Copies écran du Rapport pour les thématiques et propriétés des musées.
  • KEN,  LE TOURISTE PARFAIT,   VOUS SOUHAITE UNE EXCELLENTE ANNÉE 2020!                                                                         

 

 

La photo d’arrière plan de Ken: Freedom Fighter, fresque de l’artiste Kristy Sandova – 2013 –
The Mural Conservancy of Los Angeles – USA
 La citation, à gauche, « It is our duty to fight », est de Assata Olugbala Shakur, militante afro américaine.
« Il est de notre devoir de lutter pour notre liberté.
C’est notre devoir de gagner.
Nous devons nous aimer et nous soutenir mutuellement.
Nous n’avons rien à perdre que nos chaînes. »

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