Le Tourisme culturel, demain

Penser à l'avenir...

Nous ne parlerons pas ce soir…du dernier Rapport du ministère de la culture (sur la Culture à l’horizon 2020), du nouveau centre de création à Paris ou des futurs chefs d’oeuvre du Louvre-Lens. Nous ne comparerons pas non plus des différentes propositions des candidats pour l’élection de dimanche prochain, où le Tourisme comme la Culture sont si peu présents. Rien d’étonnant, d’ailleurs, car ils font du sur-place. Le débat électoral, hélas, a aussi  abordé en mode mineur l’innovation, et cela, c’est juste tragique.A croire que ne s’en sortent que les candidats les plus conservateurs, ceux qui se battent le mieux, dans chaque formation politique, pour que rien ne change et n’avance réellement. Ni pour leur Parti, de ce fait, ni surtout l’avenir de notre pays, ce qui est plus gênant.

I– L’ESPOIR !Une lueur fulgurante, cette semaine, et voilà l’espoir! Avec la parution en ligne du Rapport de Jean-Michel Fourgous pour l’Education nationale, rapport passionnant qui, partant de constats courageux de la Cour des Comptes, fait une sorte de « coming out », d’une part, sur les inégalités constatées (notre photo ci-dessous) et démontre pourquoi et comment d’autres compétences sont nécessaires pour changer notre système ankylosé de nostalgies, soit

– de nouvelles compétences pour les enseignants,;

– d’autres contenus et méthodes pédagogiques,

– d’autres modes d’organisation à réaliser, au plus vite, pour l’ensemble de l’administration de l’Education Nationale.  Les contributeurs de ce Rapport  souhaitent apporter des solutions à l’inégalité d’un système qui profite surtout aux jeunes qui sont « privilégiés ».Les propositions (12 priorités et 70 mesures) ne sont pas des réajustements « à la marge »  de l’existant,  « Services par Service ». Les propositions du Rapport partent, de façon globale, des questions à résoudre et de ce qu’un élève mobile et interconnecté change à la donne. Enfin ils ne partent pas des  outils pour l’innovation. L’innovation est avant tout leur état d’esprit. Un exemple, avec cette question : Pourquoi continuer à construire de grands auditorium dans les universités si les échanges auront lieu dans cinq ans, pour les  aux 3/ 4 d’entre eux, sur le web ? Et ces déclinaisons : 1 – Quels types d’ « espaces », virtuels ou non, construire, en ce cas ? 2 – Si le professeur ne sait plus « tout », comme il en avait au moins l’image, quel sera son rôle ? Modérer, coordonner, bien sûr, mais quoi, comment, et  avec quelles compétences?

II – NOUS COMPARER, DE TEMPS EN TEMPS, AUX AUTRES PAYS ? Il faut préparer les élèves à la société de demain, affirme le Rapport car notre exception culturelle n’a pas lieu d’être lorsque la France est 24éme sur 28 dans les classements  de l’OCDE quant à l’utilisation du numérique à l’école, là où le Danemark est en tête car on y passe son bac avec son ordinateur. La Corée a aussi prévu la suppression totale des manuels papier pour 2012. La province de Shanghaï, le Canada ou la Nouvelle-Zélande occupent les premières places.Pour la méthode,  enfin, un site web dédié avait été ouvert par la mission Fourgous et 12.000 connexions ont été comptabilisées, apportant contributions, débats et participation à ce Rapport. Donc, bravo en quelque sorte à l’Education nationale, prévenue en 2009  ( Classement Pisa) que le nombre d’élèves de niveau 0 avait  presque doublé depuis 2000. Le nombre d’excellents élèves (niveau 5) avait certes un petit peu augmenté, mais le nombre d’élèves moyens baissait inexorablement. Bref, à part pour quelques privilégiés, dont les familles pouvaient compenser les manques de l’école française, celle-ci  fonctionnait  mal. Le rapport fait, à partir de ce constat, de vraies propositions.

III- QUESTIONS AU TOURISME CULTUREL On aurait pu faire de même dans le Tourisme et la Culture, mais, pour différentes raisons, aucune des deux filières n’a pris le risque d’un vrai Rapport pour l’avenir. La Culture et le Tourisme semblent faire l’impasse de l’innovation et des  remises en cause, alors que les plans de réorganisation du passé ont porté leurs fruits mais connaissent  aujourd’hui des limites. Par exemple, on  ne peut plus « penser » la transversalité sans « penser numérique ». Même chose pour la démocratisation : ce n’est pas parce que le territoire sera couvert par le très haut débit, que l’accès au web sera « garanti » qu’elle aura lieu. La HD n’est qu’un outil, ce sont les contenus de l’offre qu’il faut revisiter, et le fait qu’elle ait un potentiel inoui de partage, d’interrogations, d’avis ou de comparaison et de co-construction avec les usagers .Redéfinir les nouveaux modes de compréhension du monde nés avec le numérique, en décliner des stratégies à jour, avec de nouveaux modes d’organisation, de gestion, de Ressources humaines, de Formation et de gouvernance, tout cela ne se fera pas en un jour, et il est bien dommage qu’à l’occasion de projets politiques, les deux filières n’en ai pas profité pour changer leur disque dur.Le numérique ne sera plus « un service  à part » avec une petite armada de professionnels doués, mais il sera partout. Non pas avec ses outils, mais surtout avec la nouvelle façon dont on peut repenser chaque éléments des programmes, avec un vrai mode collaboratif, et pas seulement des réunions de collaboration en présentiel, avec le Chef au centre et les directives du haut vers le bas des troupes.

Question simples à se poser pour l’avenir de la culture

1- Comment aménager les futurs musées, et même « Ce sera quoi, un musée dans 20 ans ? ». Si la place du numérique va croissante dans l’exposition des œuvres et des objets?- comment faire parler les réserves et mettre les objets qui y sont conservés en relation directe avec ceux qui sont exposés ? Comment faire comprendre un chantier archéologique sans étiquettes (cartels) de type  apprentissage scolaire?

– Si les muséographies deviennent « parlantes », si les objets peuvent communiquer entre eux,  et expliquer au visiteur ce qu’il veut savoir, quel rôle pour les médiateurs, qui ne s’occuperaient, du coup, que d’une toute partie des visiteurs?

– Quels contenus pour les ateliers des enfants, et quelles place de choix pour le numérique dans ces ateliers créatifs? Que deviennent, aussi les formats actuels documentations, centres de ressources ?

– Comment s’organiser pour aller au delà des constats, pour faire son deuil des anciennes politiques, représentations, et créer  des groupes de travail et de recherche-action sur ces thèmes?
2- Quelle communication multicanal pour les sites et les évènements culturels ? A part la Biennale de Lyon, le Grand Lyon, peu d’évènements profitent aujourd’hui de l’innovation et correspondent aux nouveaux comportements des visiteurs, à commencer par ceux des plus jeunes, qu’ils soient français ou étrangers.

3- Quelles formations, quelles nouvelles compétences, enfin, enfin,  pour les futurs conservateurs de monuments et de musées, pour les autres métiers, comme ceux des administrateurs de l’Etat ou des collectivités, des élus, avec de nouvelles compétences indispensables aujourd’hui? 4- Comment, d’ailleurs, ont fait les autres pays (R.U, USA et pays du nord de l’Europe) pour intégrer les habitants et les internautes dans leur projet d’établissement?

5- Quelles nouvelles hiérarchies, et quelles « fin des hiérarchies actuelles », dont leformat général de l’appareil législatif date du siècle dernier,sinon de Napoléon,  faut-il organiser? Qui, « dirigera »  l’équipement culturel, le monument, le centre d’art?  En clair, quelles sont les compétences qui seront indispensables à l’heure de l’intelligence collective et de l’échange de données ? Quels nouveaux partenariats avec d’autres pays?
6- Pourquoi depuis 2007  aucune urgence n’a-t-elle été réglée, comme l’intermittence du spectacle, système bancal qui n’a  fait l’objet d’aucune réforme sérieuse? Plutôt que d’oser demander des coopérations Etat /collectivités – qui-vont-très-bien-merci ! – pourquoi aucune décentralisation de la décision depuis 2007?

III -L’INFORMATION DONNEE AUX VISITEURS TOURISTIQUES? Il faut passer de : quel  Office de Tourisme pour demain ? » à : « Quelle formation, quelles compétences pour l’information la réservation et la promotion/commercialisation du voyage, demain ?»Et redonner à la culture, plutôt qu’aux golfs, aux spas, au shopping ou au ski, (l’ or blanc…), sa véritable première place, eh oui, celle de l’attractivité de la France auprès des pays étrangers (60 à 80% des motivations !).Des réponses à ces interrogations existent, mais la mise en œuvre d’un réel programme pour l’avenir ne se feront  pas en un jour. Raison de plus pour s’y mettre, à moins que « sombrer » ne soit l’objectif clair de nos décideurs politiques, pour des raisons que nous ignorons.

IV LE TOURISME CULTUREL EN FRANCE EST EXCELLENT ! Car il a des « perles », souvent en avance de 10 ou 20 ans par rapport à d’autres acteurs, englués et en retard, hélas, dans des institutions viellottes.

Pour en savoir plus : Relire à temps perdu les 200 exemples choisis de ce blog, qui vous propose des analyses de villes, régions mais aussi d’actions, d’itinéraires, de monuments, de stratégies touristiques qui fonctionnent très bien. Le Louvre, les monuments nationaux, mais aussi le musée Gadagne, de Lyon, ou la FEMS, Fédération des écomuséees et musées de société, par exemple, vont très bien! La SNCF a son think tank sur ces sujets, « Un train d’avance », et les livres ou sites qui témoignent de cette réussite du Tourisme culturel sont trop nombreux pour témoigner chaque semaine de toute la production !

Les NEWS!

Un très bon exemple de Rapport à l’échéance 2020, celui de l’éducation nationale

Un très bon exemple de réorganisation administrative: Nantes

Un très bon exemple de site touristique ce mois-ci: le nouveau site de Lyon :

. Une très bonne petite équipe pour redéfinir les métiers de l’exposition et ceux des musées :Museomix et  et Knowtext

. Un très bon exemple de site sur la Formation (Collaboratif, intelligence collective, compétences…) :

The Art of Deceleration

KEN LE TOURISTE PARFAIT Ken ne comprenait pas pourquoi l’hippopotame l’avait attaqué. Il avait chargé le 4/4 avec rage. Dans ces cas-là, Ken, Touriste parfait qui dépense sans compter, emprunte et donc plait aux Banques de ce monde, voyage avec 4 jets privés plutôt qu’en long courrier, soigne Barbie, son ex, avec abnégation, fréquente les palaces du monde entier à 600 € la nuit, bref, dans ces cas-là, Ken était très légèrement abattu, et pour une fois,, vous priait de l’excuser de ne pas flamber, en plus, au-delà de toute décence….Ken, au fond, craquait…

Vidéo : voir ici la vidéo prise par Ken, lorsque l’hippopotame a chargé!!!!

Photo  : The Art of Deceleration_-Tullio Crali : Le forze della curva, 1930.Wolsbourg.Kunstmuseum 2012

 

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  1. […] Pour  le contexte du tourisme culturel de demain, voir ici pour le blog et et ETOURISMEINFO pour le tourisme institutionnel, alternatif et culturel […]

  2. […] artciles plus généraux sur la gouvernance : Le Tourisme culturel de demain ; Bâtissons une planète plus intelligente; Création et Tourisme en France; Villes et Campagnes […]

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