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La visite touristique des musées, des expositions et des monuments

Les touristes sont-ils majoritaires dans les musées, monuments, sites culturels et villes et pays d’art et d’histoire? Bien sûr, et la nouvelle étude du CREDOC*, nous le confirme. Quels sont les profils des visiteurs français et internationaux ? Le rôle d’Internet est-il aussi majeur que ce que l’on croit ? Visite-t-on seul, ou accompagné ? La visite correspond-elle à l’attente des visiteurs? Voici  des réponses à ces questions, qui confirment celles des études réalisées depuis dix ans. Et les freins à la visite sont toujours aussi  nombreux.Pour y remédier il faudrait, à notre avis, améliorer l’accueil et renouveler l’offre culturelle! De nouveaux comportements de voyage, de nouveaux usages de la visite culturelle, de nouvelles clientèles sont apparues, dont il faudrait mieux tenir compte, à notre avis.

– 57% DE TOURISTES ! Les visiteurs touristiques sont les plus nombreux sur les sites culturels. Près de trois fois sur cinq, les visites culturelles ont lieu dans une région différente de celle où les personnes habitent, comme on le voit ci-dessous:

Du coup, on ne comprend pas bien pourquoi, en France, les missions et  l’ensemble des moyens de la culture du secteur public sont réservés aux seuls publics de proximité. Les procédures, les personnels, la formation, la connaissance des publics se limitent  aux seuls visiteurs « français », tout comme les  statistiques et  les projets. Faisons aussi le constat que le mot « Tourisme »ne fait pas partie des stratégies des départements du ministère de la culture. Comme il ne fait pas partie du vocabulaire du CREDOC, car une « personne en dehors de sa résidence habituelle«  s’appelle un touriste, selon l’OMT, organisation mondiale du Tourisme. Dommage, car le point de vue du Tourisme permet d’avoir un autre regard sur la culture, celui de l’extérieur, tout simplement.

– 67% DES TOURISTES FRANÇAIS ONT EFFECTUE UNE VISITE D’UN MONUMENT, d’un site historique ou d’une ville d’art et d’histoire au cours des douze derniers mois, contre 57% en moyenne. Pour le Spectacle vivant et les Festivals, la dernière étude sur les publics du Festival d’Avignon en 2011 annonce aussi que 64% des spectateurs étaient des touristes. Et, comme celle du CREDOC, cette étude ne parle jamais des publics  touristiques ; elle les appelle  « visiteurs   d’autres régions, d’autres pays ». Pour connaître la part Touristes/habitants d’Avignon, il faut donc faire l’addition soi-même: 30+25+9= 64% de touristes ou excursionnistes, et 32% pour les habitants de proximité.

II – LE TOURISME PERMET LA VISITE DES CLASSES DEFAVORISEES, la visite d’un site culturel fait partie du voyage pour les CSP modestes qui, nous le savons depuis des années, fréquentent peu ou très peu les sites culturels (agriculteurs, ouvriers ; personnes peu diplômées et qui ont des petits revenus (Cf.III, ci-dessous, Les freins à la visite). Le fait que l’on visite un monument en vacances, alors que l’on ne le fait pas dans sa propre ville, est bien connu. En tous cas c’est ce qui se passe, et l’étude le confirme :  73% des visiteurs en vacances sont bien décidés à profiter des sites pendant leurs séjour. Le voyage est donc une réelle incitation à la visite culturelle et favorise l’accès des plus défavorisés d’entre-nous à la culture.

III – FREINS A LA VISITE

1- Le diplôme « En définitive, c’est le niveau de diplôme qui se révèle le facteur le plus déterminant de lavisite d’une exposition ou d’un musée : toutes choses égales par ailleurs — c’est-à-dire en neutralisant l’effet du revenu, de l’âge, de la taille de l’agglomération et du genre —, les personnes titulaires d’un diplôme supérieur ou équivalent on une licence ont 20 fois plus de chance de se rendre dans un musée ou de visiter une exposition que les personnes non diplômées. »

– 90% des diplômés ont été  sur un lieu culturel contre 42% des non-diplômés, et 84% des titulaires d’un « bac+3 ou diplôme supérieur » se sont rendus dans un lieu de patrimoine au cours des 12 derniers mois, contre 57% en moyenne.

– Seulement 8% des non-diplômés ont visité une exposition de « Beaux-Arts » en 2011, contre 54% des personnes disposant d’un diplôme équivalent ou supérieur à une licence.

– Et les étudiants  semblent assurer la relève ! Ils sont surreprésentés parmi les visiteurs : 71% indiquent avoir effectué une visite culturelle dans l’année (10 points au-dessus de la moyenne nationale).

2- LES REVENUS DES VISITEURS « Les écarts de probabilité (de se rendre au musée ou dans une exposition) entre le bas et le haut de l’échelle des revenus varient du simple au double :

Bas revenus :      44% ont  visité un site culturel ; 56 % n’ont pas fait de visite

– Hauts revenus : 78% ont visité un site culturel ;   22% n’ont pas fait de visite
En conclusion : « Les personnes disposant de hauts revenus forment la frange sociale la plus assidue en termes de visites de monuments ou d’autres lieux patrimoniaux ». Rappelons, dit l’étude,  que parmi les bas revenus, 86% sont obligés de s’imposer régulièrementdes restrictions budgétaires (contre 62% en moyenne) et seulement 30% sont partis envacances dans les 12 derniers mois (contre 54% en moyenne). Difficile pour ces publics d’assumer les frais annexes d’un séjour éventuel (transport, logement, locations diverses).

3-  L’âge : avec ce diplôme en forme de Pass Culture, l’âge des visiteurs est aussi préoccupant : le public viellit ! Les « jeunes seniors » (âgés de 60 à 69 ans) sont beaucoup plus friands de patrimoine que les autres classes d’âge.Même si les visites scolaires se multiplient, grâce aux ateliers dédiés, les jeunes, une fois sortis de l’école, ne fréquentent pas massivement les lieux culturels. Selon l’étude du CREDOC,   les sexagénaires,comparativement aux autres tranches d’âge, ont environ deux fois plus de chances de se rendre au musée ou dans une exposition que leurs cadets ou que leurs aînés.

Mon avis sur le bilan Age+CSP+Diplôme : on peut faire l’hypothèse que l’offre semble très bien adaptée à ces classes d’âge avancé, aux diplômés, aux plus fortunés, et qu’un ensemble de freins  existe pour  la visite des plus jeunes, des moins érudits, des plus déshérités, lesquels sont d’ailleurs rarement consultés, d’ailleurs, pour renouveler l’offre ou y participer. Alors, que nous répond-on, du côté de la culture, devant ce triste constat? Qu’il faut continuer! En effet, 80% des professionnels, mais aussi des élus (Cf.la FNCC) et 99% des universitaires et des journalistes  culturels (Télérama, Le Monde…) pensent qu’il faut  « élever le niveau », « choisir l »excellence », « enseigner les visiteurs » et ne jamais transiger sur ces trois  missions. La solution est de  poursuivre, donc, et de multiplier l’action de médiation auprès des publics, d’expliquer, encore et encore. Mais revoir l’offre, son choix, sa présentation, sa communication ne les effleure pas une seconde. L’offre est difficile, élitiste?  Ce n’est pas grave, nous répond-on , il faut continuer, et multiplier les aides à la visite, les baisses de tarif, la communication. Ce que l’on fait, par parenthèse,  depuis 20 ans – nous sommes champions européens de l’offre difficile et donc de la médiation-  mais, comme on ne peut mettre un médiateur derrière chaque visiteur, cela ne fonctionne pas. Comme on veut apprendre, faire découvrir, cela ne peut fonctionner que pour les initiés.

– Connaître la demande? Vous plaisantez, j’espère? « C’est démagogique! », vous répond-on aussi dans les milieux professionnels de la culture, » Il ne faut pas  adapter l’offre à la demande, enfin si, aux jeunes enfants (ateliers), aux personnes handicapées, ou aux « groupes« .  Il n’est donc  pas nécessaire de connaître les visiteurs, leur provenance, leurs différences et leurs souhaits. L’oeuvre est « universelle », la liberté de création est « totale » et le public un tout, homogène et bien pratique :  le « grand public ».

Jusqu’à quand allons-nous subir le choix de l’élite? J’ai bien peur que, puisque de nombreux directeurs et programmateurs de sites culturels choisissent souvent leur programmation pour être reconnus et félicités par leurs pairs, par les institutions, que les statistiques présentées par le CREDOC n’empirent. Les bravos des publics érudits et des journalistes spécialisés  légitiment aussi les choix de ces programmateurs et directeurs. (Voir VII- Satisfaction des visiteurs).

– Quelle politique de démocratisation? Les professionnels, les plus érudits, les « plus riches que la moyenne » et les personnes âgées forment donc une majorité des visiteurs. Soit, mais comment, dans ces conditions,  faire vivre et fonctionner, à l’avenir,  les sites culturels sans un fort accroissement des visiteurs? Cela sera très difficile, car on préfère, en haut lieu, se dispenser d’évaluations formatives  et toujours dire « Espérons, espérons, on va bien finir par y arriver! ». Des mesurettes sont prises à chaque nouveau Gouvernement (Gratuité; mutualisation des moyens; circulation des oeuvres; « le tourisme doit payer! », etc…).Sans jamais tenir compte de faits essentiels, comme celui  l’avenir de la « destination France », avec en particulier une trop forte concurrence interne entre les collectivités locales et entre les sites culturels et les Festivals : concurrence entre régions, départements, villes; entre monuments-phares et les plus petits; entre musées, et surtout entre les autres activités possibles, sur place. Mais à cette concurrence culturelle interne, il faut en ajouter une encore plus puissante , celle entre pays, aujourd’hui, pour le patrimoine ; ou entre « artistes » et « commissaires » des différents pays. Quant aux activités concurrentes de la visite culturelle, voyez vos jeunes, cet été,  pianoter toute la journée ou  discuter avec leurs « amis », vous aurez une petite idée de ce qui est, pour eux, prioritaire dans leur temps de loisirs… Enfin  on ne peut guère augmenter les impôts, locaux ou nationaux, pour financer l’ensemble des lieux existants- plus de 10 000 monuments historiques ouverts aux publics- et pour renouveler l’offre avec des nouveaux projets, plus innovants, qui sont  aussi les victimes de ce double manque de discernement et de financement en temps de crise.

IV- VISITES CULTURELLES EN SOLITAIRE OU ACCOMPAGNEES ? Dans 88% des cas, les visites culturelles et patrimoniales s’effectuent en compagnie d’autres personnes. A choisir, on s’y rend davantage avec des adultes de son entourage (76%), avec des enfants (32%) et, parfois, en groupe organisé (15%). Les visites s’effectuent rarement en solitaire (12% seulement).

V- UNE ASTUCE QUI A BERNE TOUT LE MONDE!

Regardons ici de plus près comment on aboutit au résultat global : Près de six personnes sur dix (57%) déclarent avoir  visité un monument, une ville ou un pays d’art et d’histoire. On remarque que le  périmètre habituel (Musée, monuments.. ) a été considérablement élargi avec la visite globale de « villes et pays d’art et d’histoire ». En fait, les  VPAH »(163 labels décernés, pourtant depuis 1985, sur un total de plus de 10 000 villes pouvant prétendre à être aussi des villes d’art et d’histoire, car l’Etat exige des recrutements d’anuimateurs). Toutes  les personnes enquêtées connaissaient-elles les VPAH? Cela serait étonnant…Nous pensons plutôt que les enquêtés ont, bien évidemment, visité, circulé dans  un village, un « pays »,  une ville où il y a de l’art et de l’histoire   au cours des 12 derniers mois. Comme dans presque toutes les villes et pays de France,  ils y ont vu de l’art et de l’histoire (un ou plusieurs monuments, édifices  anciens,musées…). Cet élargissement du périmètre des sites de visites culturelles habituelles ( musées, monuments, sites archéologiques, églises..) aux VPAH a pourtant permis au CREDOC et aux journalistes de faire croître les statistiques « 6 personnes sur 10 visitent la culture ! ».Car  il n’y a aucune raison pour que les chiffres des enquêtes précédentes aient bondi de 20% environ. (Voir d’ailleurs ci-dessous les résultats de l’étude : entre 10% et 37% des personnes interrogées ont visité un site culturel, au sens commun de cette expression (musée, monuments, site industriel,archéologique,  mémorial,maison-musée d’écrivain ou d’homme célèbre, etc..).   ). Je pense d’ailleurs qu’en élargissant encore le périmètre de l’étude, la prochaine fois, aux  émissions culturelles de la télévision sur le patrimoine  et aux  sites (Internet) des musées, des monuments, de l’art et de l’histoire, on arrivera à « 100% des français visitent la culture! ».

Les résultats de l’étude : un peu plus d’un tiers des personnes interrogées (37% exactement) indique avoir visité un monument religieux cette année. Les visites de châteaux, de fortifications et de palais ainsi que celles d’une ville ou d’un pays d’art et d’histoire attirent 32% de la population. Au total, lorsque l’on comptabilise l’ensemble de la diversité patrimoniale en intégrant les visites de bâtiments d’architecture contemporaine (14%), de sites archéologiques (12%), de maisons d’hommes ou de femmes illustres (11%), les sites industriels (10%) et les mémoriaux (10%), 6 personnes sur 10 visitent la culture.

Voici aussi les thématiques préférées des visiteurs des musées selon l’étude:

VI- INTERNET AVANT, PENDANT ET APRES LA VISITE ’Internet joue un rôle important dans les visites culturelles, dit l’étude. Les chiffres – effet générationnel et retard des sites culturels pour leur visibilité et les usages d’Internet? –  sont pourtant faibles, à notre avis (notre commentaire en italique) :  28% de la population  ont, au cours des douze derniers mois, recherché des informations pratiques (horaires, tarifs, accès, etc.) sur Internet;on sait que 80% des visiteurs utilisent Internet pour préparer leur visite et leur séjour… 10% ont réservé ou acheté un billet en ligne (Peu de sites proposent ce service…) ; 16%ont effectué une visite virtuelle sur Internet d’une exposition  d’un musée ou d’un monument (Il y a a très peu d’expos virtuelles dignes de ce nom, donc 16%, c’est normal); 5% ont téléchargé les commentaires des oeuvres exposées et 6% ont parlé, sur un réseau social, un  blog ou un forum de discussion d’une exposition ou d’un établissement.(Egalement des chiffres très faibles, qui seraient à mettee en  relation avec le profil  des visiteurs,le nombre et les pratiques des utilisateurs des réseaux sociaux).

VII- SATISFACTION DE LA VISITE « Trois fois sur quatre, la visite d’un lieu culturel correspond, pour ceux qui la font,  à leurs attentes  : « Dans 75% des cas, la visite du musée, de l’exposition ou du monument correspond aux attentes du public ».[…]On observe une relative homogénéité des réponses de la part de toutes les couches de la population ». Une observation que nous avions aussi notée, il y a plus de dix ans,  dans le bilan de l’Observatoire permanent des publics des musées (L.Mironer- Cent musées à la rencontre du public-France Editions, nov. 2001).

VIII- NOTRE AVIS

1 – le fait que l’étude montre qu’il y a une majorité de touristes en mobilité  –une nuit en dehors de son domicile habituel –  dans les sites culturels est réellement important et devrait inciter les acteurs de la culture à s’y intéresser, pour au moins trois raisons :

a. Ces visiteurs ont des conditions de visite très différentes des visiteurs de proximité. Ils ne connaissent généralement pas bien la ville, le pays, ou leurs environs,leur  histoire ;  ils ont des demandes d’aide à la visite particulières (Traduction en langue étrangères, par exemple ; ou demande d’autres idées de visites proposées par la localité);

b. Ils sont « en mobilité », et cette situation présente des avantages et inconvénients qu’il faut connaitre. D’ou viennent-ils ? A quelles conditions se déplaceront-ils pour une visite culturelle?  Combien ont-ils de temps pour visiter? En dehors de la culture, que font-ils?Peut-on, et de quelle façon, les faire revenir ?

c. Les publics potentiels, qui sont-ils? Quels pays, ou régions, ne sont pas représentés par les visiteurs présents sur le site culturel, et pour quelles raisons ? En particulier si la ville a une stratégie pour améliorer la fréquentation, ou une politique de jumelage, ou encore si l’Office du Tourisme travaille déjà avec des pays étrangers.

d. Le site culturel peut aussi contribuer à l’évaluation annuelle des visiteurs d’un territoire et à ses projets de développement ; pour que la culture ne pas vive en vase clos, indépendamment des autres stratégies locales; pour que soit effective  la fameuse « inscription sur le territoire » de l’action culturelle, si souvent convoquée mais rarement réalisée.
2 – Le profil du visiteur culturel est toujours aussi  majoritairement plus « haut de gamme » que la moyenne, avec des revenus et des diplômes plus élevés que ceux de la moyenne. Ce  profil ne change guère depuis des décennies, en France. Ce qui est normal, selon nous,  car l’offre et la gouvernance de la culture n’ont guère changé. Les tentatives de changement restent « à la marge », et   les classes moyennes et supérieures sont ravies de leurs visites et ne souhaitent pas changer la donne. Les colloques des professionnels et des élus prônent toujours la pluridisciplinarité, l’ouverture, mais , de facto, on reste entre soi (Secteur public du Patrimoine ; des Musées ; de la création et de l’art contemporain ;  Spectacle vivant ;  médiation culturelle, etc…). Ce cloisonnement est très courant, accompagné d’un repli vers des partenaires au fond très semblables, ceux qui partagent avec la culture institutionnelle l’objectif d’enseigner ou de former tout le monde de la même façon (Education nationale ; Universités, monde associatif…).Il faudrait ouvrir les partenariats à toute la société civile, revaloriser des notions simples comme le confort de la visite, le plaisir, et généraliser la co-création de contenus avec des pratiques plus collaboratives.

EN CONCLUSION , on peut encore rêver d’une culture plus participative,qui reconnaisse les  créateurs ou acteurs qui restent « en marge » du système actuel. On peut rêver d’évaluation, de publics potentiels, d’une offre renouvelée dans sa présentation, ses programme, une offre qui aurait du sens pour les plus jeunes ou les non-initiés. On peut espérer une gouvernance plus « agile », moins verticale (hiérarchique, du haut vers le bas), avec des organigrammes adaptés aux changements. Et on peut rêver enfin que l’on commence par une vraie décentralisation de la décision, qui n’est pas une « collaboration », comme on veut nous le faire croire, mais une réelle  dévolution de compétences  de l’Etat vers les collectivités territoriales avec les moyens nécessaires. En gros, l’Etat n’en peut plus, qu’il revoie aussi ses missions, ses directives, procédures, formations des personnels, recrutements…de fond en comble,  plutôt que de vouloir partager des faiblesses actuelles avec les collectivités.

On peut enfin souhaiter que ces objectifs de réflexion+innovation se généralisent rapidement, car ils existent déjà dans de nombreuses villes et régions et pour des sites et évènements culturels (Voir tout note petit blog, qui les recense et en fait l’analyse)! Tout n’est pas aussi « pesant » que les résultats de cette étude : les réussites des villes, des process, des innovations, de nouvelles entreprises, des sites et  des domaines culturels sont innombrables, aujourd’hui, en France et dans le monde entier.

* Références de l’étude LA VISITE DES MUSEES, DES EXPOSITIONS ET DES MONUMENTS , juin 2012 – CREDOC, Emilie Daudey, Sandra Hoibian,Jörg Müller- Département conditions de vie et aspirations. L’enquête a été réalisée en « face à face », entre décembre 2011 et janvier 2012, auprès d’un échantillon représentatif de 2 003 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. ( www.credoc.fr) – N° 281 Régis Bigot. Voir toute l’étude ici, et la synthèse .

KEN LE TOURISTE PARFAIT Ken avait décidé de se reposer un peu, de prendre une heure de vacances et de se rapprocher de la culture, comme tout le monde! Touriste Parfait était une profession épuisante, qui l’obligeait à parcourir le monde en jet privé, à loger dans des palaces et à dépenser sans compter, pour laisser des retombées sur place…Et à gâter son ex, Barbie Chérie.Il fila chez Hermès pour sa photo. Après Joseph Albers(2008)  et Daniel Buren(2010), Hermès a invité le photographe Hiroshi Sugimoto à produire sa vision du célèbre foulard carré.Après une exposition  au Museum den Kulkturen de Bâle, en juin 2012, le nouveau foulard est en vente sur le site d’Hermès, ici . Et dépêchez-vouuuuuus! Il risque d’être épuisé bien vite !  Le carré de  140 x 140 cm (notre photo, derrière Ken), est édité en seulement 7 exemplaires numérotés à la main de 1 à 7. Il est en Twill plume 100% soie, roulotté à la main et livré dans un étui cylindrique incluant un certificat d’authenticité et un livre.Enfin le  foulard ne coûte que  7000 euros…Pour vous, je sais, c’est 20 ans de camping, tout de même , mais bon, vous pourrez le porter tous les jours, pendant ces 20 ans! Le bonheur, comme la culture, a un coût, mais il n’a pas de prix! [Sur la Photo, Ken pose devant le bau foulard d’Hiroshi Sugimoto]

– Photo du haut :  suite à notre billet de la semaine dernière, voici l’affiche « I WANT YOU FOR THE US ARMY! ».  4 millions de soldats US ont été mobilisés en 1917 via  cette affiche, signée  de James Montgomery Flagg, (96,5X63,2cm). Exposition 1917, Centre Pompidou Metz.

LA SEMAINE PROCHAINE,  DES JOLIES NOUVELLES!  du numérique, des apps, des Greeters, des  territoires, des expos, et des surprises!


 

(2 commentaires)

6 pings

  1. bonjour,
    je vous remercie de ce blog tourisme avec des analyses pertinentes et auxquelles j’adhére. étant seule sur le poste je n’ai guére le temps d’y apporter une contribution et cependant j’ai souvent envie d’échanger avec vous. alors continuez à réflèchir pour nous!
    Sylvie

    • Jean-Michel Puydebat on 30 juillet 2012 at 19 h 36 min

    Merci Evelyne de nous avoir permis de décoder la récente enquête du Crédoc. J’abonde dans votre sens notamment quant aux pourcentages très élevés de pratique du patrimoine qui serait de 57 % dans les 12 derniers mois, ce qui romprait tout à fait avec les pratiques habituelles de ce type d’équipement qui se situent entre 30 et 35 % depuis de nombreuses années (comme l’ont montré toutes les études sur les pratiques culturelles des Français réalisées depuis plus 20 ans par la DEP et Olivier Donnat) . Que s’est-il passé ? et bien tout simplement on a considéré que rentrer ou se balader dans des églises gratuites ou au milieu de villes d’art et d’histoire ou de quartiers monumentaux, cela consistait à visiter du patrimoine : ainsi alors que la pratique de visite des châteaux est effectivement à 32 % dans cette étude, celle d’un monument religieux est de 37 %, celle d’une ville d’art et d’histoire de 32 % aussi. Alors 32 + 37 + 32 + toutes les autres pratiques que vous citez (site militaire 10 % , site archéologique 10 %…) peut effectivement faire 57 %.

    Déjà il y a quelques années, le questionnaire de la DEP avait été modifié en y introduisant une question sur la « vision des monuments, ne serait-ce que de l’extérieur » et comme de juste, cela avait fait doubler la pratique. De fait il y a peut être 60 % de pratique du patrimoine, mais seulement la moitié environ est payante et le reste est gratuite …ce qui ne génère pas du tout les mêmes retombées économiques et touristiques. Et si l’on regarde les pratiques des musées au global que donne aussi cette enquête Crédoc, on a une justification de ce que j’avance puisque les musées (qui ne peuvent se visiter de l’extérieur il faut effectivement y rentrer qu’ils soient payants ou gratuits) sont à 35% de pratique.

    Au total, donc pas de bouleversement, les faits sont têtus (confère Bourdieu) et la pratique des musées et du patrimoine est toujours en moyenne d’un gros tiers des français à peine.

    Le deuxième enseignement de cette étude, mais nous le savions là aussi par les études d’Olivier Donnat, c’est que les visiteurs étaient décomplexés par une pratique des musées et des monuments en dehors de leur territoire, donc en position de touriste. Effectivement 57 % des gens qui ont fréquenté du patrimoine et des musées l’ont fait hors de la région où ils habitaient. Ce qui ne signifie pas Evelyne que les touristes sont majoritaires lorsque l’on se place du côté de la fréquentation des équipements. Si les chiffres manquent parce que la direction générale des patrimoines ne fait pas beaucoup d’enquêtes sur la typologie touristes/ excursionnistes/ locaux dans les musées, les consultants travaillant sur le terrain savent que pour beaucoup d’équipements de Province qui ne sont pas des « must », ce sont les publics excursionnistes qui sont largement majoritaires. Il y a quelques années un chiffre encore cité parlait en moyenne DMF de 40 % de touristes contre 60 % d’excursionnistes. Il ne faudrait pas que l’arbre Louvre ou Mont Saint Michel où les parts de touristes sont stratosphériques (79 % au Louvre soit 66 % d’étrangers et 13 % de provinciaux nécessairement touristes ou 50 % de touristes étrangers au Mont Saint-Michel) cache la forêt de la plupart des petits et moyens musées et monuments de France et de Navarre.

    Enfin, cette étude Crédoc, reparle du prix mais là aussi, le questionnaire est biaisé pour faire que le prix apparaisse comme un critère fondamental de non pratique dans les musées et monuments. 25 % des personnes interrogées auraient renoncé à une visite du fait du prix. Le malheur pour le Crédoc c’est qu’en 2006 ils avaient effectué une enquête plus ouverte qui elle posait une question plus large avec de multiples réponses, dont le prix, sous la forme « pour quelle raison principale, parmi celles-ci, n’êtes vous pas allé récemment dans un musée » : eh bien, figurez vous que le prix n’arrivait qu’en troisième position avec 9 % derrière « les musées ne nous intéressent pas » avec 43 % et « il n’y a pas de musée près de chez nous » avec 16 %. Alors Evelyne continuez votre croisade sur la médiation, la vulgarisation, les visites plus vivantes, l’introduction de high tech, car c’est le seul moyen d’espérer croire qu’un jour la pratique viendra chez les oubliés de la culture et fera mentir Bourdieu.

    Jean-Michel Puydebat est directeur de PV2D, conseil en stratégie marketing et exploitation pour les équipements touristico-culturels

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