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Mai 28

Pour une autre politique culturelle!

Livre les deux JeanEt voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple  et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et  d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de  vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation!

REMETTRE LE POIREAU A L’ ENDROIT, Pour une autre politique culturelle est d’abord un « cri du coeur »:
Remettre le Poireau à l’endroit, c’est montrer – et démontrer – que d’autres voies de développement ,existent, qu’elles ont fait leur preuves, et qu’elles sont diamétralement opposées à cette culture officielle dont on « sanctuarise  » le budget pour mieux servir ses fidèles . »Autrement dit : ce qui s’est passé depuis près de cinquante ans doit changer », dit Jean Blaise (10). Le livre dit pourquoi, et comment!
azkunaI – LA CRISE COMME RÉVÉLATEUR de l’inégalité de l’accès à la culture
« Pour nous, avant d’être politique, la terrible crise que nous traversons est d’abord culturelle. La Culture est devenue un ensemble de pratiques et d’équipements, un « ministère », la démocratisation piétine et le vivre-ensemble se délite. » et « Si nous remettions le « poireau à l’endroit », comme disait Engels, que nous remarions la culture et la ville, le plaisir de la foule et l’émotion d’une oeuvre, le débat transversal de l’ouverture à l’autre « annonce l’introduction de l’ouvrage.
– Le premier constat est que les « lieux fermés », théâtres ou musées, par exemple, sont devenues des petites « boites hermétiques », qui accueillent les visiteurs « cultivés » , ceux qui y retournent souvent « :Comme les places ne sont pas très chères, grâce à l’argent public, ces consommateurs vont consommer de plus en plus. Mais est-ce bien le but de l’argent public que vingt pour cent des Français aillent au théâtre plutôt quatre fois par an que deux? » Arriver à faire des prix qui permettent à ces vingt pour cent de consommer plus, tant mieux, mais en quoi cela légitime-t-il de l’argent public, des impôts communs, pour que les populations cultivées augmentent leur consommation culturelle?(J.V, p.25)
images DÉVERSER LA CULTURE BOURGEOISE SUR LE PEUPLE?
Pour Jean Viard, toujours fascinant par son intelligence – relier les statistiques d’une autre façon, sans a-priori, sans copier le voisin…- les trois impératifs pour cesser ce grand gâchis, donner « toujours plus aux mêmes », sont liés au constat que l’on a changé de monde et donc qu’il faut de nouvelles solutions :
– 1- « On ne peut continuer à déverser la culture bourgeoise sur le peuple, car « nous ne sommes plus dans une société collective : nous sommes multi-appartenants, extrêmement autonomes, libres comme jamais, regroupés en micro-tribus familialo-amicales, discontinus dans nos couples, nos emplois, notre géographie ». Et puis, pourrions-nous ajouter, ce concept d’un peuple à priori « inculte » est usant, aujourd’hui, car il date du temps des Lumières, XVIIéme et XIIIéme siècles! Avec Internet, par exemple, l’accès à l’information et aux savoirs est devenu instantanée, c’est la façon de rechercher et d’assembler ce que l’on y trouve qui compte.L’éco-muséologie avait cela de bien, dans les années 60-80 du siècle dernier, d’avoir souligné que les modèles proposés étaient à 95%, dans les musées, ceux de la classe riche, soit des objets de « valeur », par rapport à ceux des pauvres, »non retenus » pour représenter l’humanité dans les musées. Musées d’objets de riches, déversés sur les pauvres, forcément incultes, pour qu’ils « apprennent », et DONC se « civilisent », c’était cela , l’idée. Qui continue, d’ailleurs…Sauf que,aujourd’hui, chacun peut exprimer son idée, sa culture, sa différence, son refus des « modèles imposés », et « faire réseau » social.
11264847_10152772192912484_8994221659234259905_n 2- L’ explication de Jean Viard est très simple : « avec la révolution industrielle, nous avons construit de grands corps collectifs autour d’immenses groupes de travail partagé. On les a appelées « classes sociales ». Alors on a essayé de faire passer la culture avec un grand « C » d’une classe à l’autre et on a appelé ça « démocratisation ». Aujourd’hui, le monde a changé, l’ individu a pris son envol et sa liberté, son éducation et sa mobilité« . L’idée est qu’il y a différents « nous » enchevêtrés  : nous avons des « appartenances d »origine, de micro-culture, de métier, d’habitus, de croyances, qui sont importantes« . Il faut donc, pour tous les habitants ou les décideurs culturels, accepter ces différences, et ne pas balayer ces multi-appartenances avec des mots qui ne sont plus habités, comme ce « public le plus large possible », – Oui, mais encore? – ou « la même chose pour tout le monde ». – surtout si cette chose c’est « ma thèse de doctorat  « pour tout le monde » dans une exposition, ajouterons-nous.Rajouter des « médiateurs » ne changera pas cette donne de fond, à l’avenir : chacun attend des réponses aux questions qu’il se pose; faire toutes les questions à sa place est devenu un abus.
Bernard lahireII- RÉINVENTER DU COMMUN : après ce monde « collectif » qui a disparu, il est indispensable de réinventer du commun pour cette société individualisée ». (26). Jean Viard propose une analyse des causes, et des conséquences de ce « Réinventer le commun »
– 1- Nous sommes tous « enfermés sur la même petite planète, et elle chauffe » Pensons donc d’abord que nous vivons en ce moment la réunification de l’humanité, chacun contemporain à neuf milliards d’humains, connecté, insécable, coresponsable de l’écosystème Terre. C’est définitif. C’est la nouvelle aventure de l’homme ». Car cette « petite planète, unité définitive et limitée, nous impose d’apprendre à habiter un monde limité alors que nous avions appris à conquérir un monde que nous pensions illimité ». (28)
– 3- Une façon de recréer du commun, du désir de progrès, de partage, c’est en recréant du local qui, du coup, rend l’espace public à sa fonction première de rencontre ». Jean Viard, c’est son métier, repère et analyse la guettoisation des villes, et comment la culture peut, à condition de sortir du sien, rompre ces guettos. Maintenir les appartenances de chacun « ouvertes », et faire de même pour les lieux. Aucn ne doit être fermé, « Sinon on tombe dans la communauté fermée : des riches entre eux avec des bergeers allemands, des pauvres entre eux avec un espace dégueulasse autour pour que l’on ne s’approche pas. Des ghettos, en somme. Chacun sait fabriquer des limites pour chasser l’autre. le rôle de l’action publique est de créer en permanence du flux pour empêcher les stocks de se fermer sur eux-mêmes ».
III- JEAN BLAISE et JEAN VIARD,  HOMMES HUMBLES
Ce qui est assez agréable, dans ce livre, c’est l’humilité des deux Jean. Quand Stéphane Paoli, le journaliste qui les interroge, demande à J.Blaise « Comment faites-vous, pour qu’à un moment donné, les bourgeois, les ouvriers, les aristocrates se retrouvent ensemble à la même table du barbecue? », J. Blaise répond d’abord, avant de décrire « ses solutions stratégiques » :  « Je ne suis pas sûr d’y arriver chaque fois, mais je m’y emploie toujours[…] Depuis vingt cinq ans, la mithridatisation a opéré, La ville est devenue vraiment tolérante à l’art. Mais ce n’est jamais gagné. »
Le livre comporte aussi de très belles descriptions de la « Fête », du rôle des artistes, de l’art de « créer des surprises », et comment tout cela, surtout, a du sens, un sens « local », pour les habitants, avec ce constat que plus l’art dans l’espace public est arrimé au local, plus il fonctionnera pour les visiteurs étrangers à la ville

AAEAAQAAAAAAAAGCAAAAJGUyOWEyOGY3LWU1NTMtNGIxZS04NmRlLWM0MWEzMjBkMGIwOAIV-  A QUOI SERVENT LES MODÈLES ? Un autre avantage de ce petit livre est que, à part bien le fait de nous expliquer clairement et pourquoi le monde a changé, ce que peut la culture et surtout la création dans ce nouveau contexte, ce dont nous avons peur ( Ah! les identités! ), un message revient souvent : surtout, ne « copiez pas Nantes, copiez son esprit, ce pourquoi elles en est arrivée là. Donc quand Stéphane Paoli pose ses questions, on a envie d’y répondre! « Et moi, je dirais quoi »?, se dit invariablement le lecteur, avant d’écouter la réponse de J.Blaise ou de J.Viard : là est la réussite d’un partage d’idées , « pour de vrai »! La conclusion des auteurs est simple : pour changer, il faut avant tout  « faire », avancer, expérimenter.
LE PROFIL DU MAIRE IDÉAL est, enfin,  très savoureux, dans cet ouvrage. C »est un maire, pour résumer, qui s’entoure des plus grandes compétences possibles et qui leur fait confiance : « Comme maire, le maire de Nantes s’entourait de personnes compétentes et c’était la conviction de ses conseillers qui tentrainait sa décision. En général, quand un élu veut construire un pont il ne prétend pas le dessiner lui-même sur un coin de table, mais dès qu’il est question de culture, chaque maire considère qu’il est compétent parce que « évidemment cultivé. Une des qualité du maire de Nantes est qu’il traite la culture exactement comme les ponts ». Et, avec tous les cas concrets du « Comment se prend la décision » , analysés dans l’ouvrage, on voit que ce maire sait faire confiance aux techniciens, artistes et à leur choix, tout comme il fait confiance à chacun de ses administrés.

En conclusion : il faut INVENTER UN NOUVEL ESPACE PUBLIC, un espace partagé par tous, comme l’a fait Jean Blaise depuis 1990 à Nantes, Inaki Azkuna à Bilbao, les maires de Lille et de Lyon plus récemment. Et comme le font actuellement tous les pays émergents dont l’appareil culturel émerge, justement, neuf fois sur dix sur de « bonnes bases » comme en témoigne notre blog en permanence (Chine, Corée, Pays du Golfe…). Je crois qu’ils ont compris que l’exception  » culturelle » n’était pas un modèle à recopier et qu’ils lui préfèrent le pragmatisme de nos amis anglais. Au vu de ses résultats, what else? 🙂
Les exemples de ce nouvel espace public, savamment orchestré par Jean Blaise,les élus de la ville, les artistes, sont analysés dans l’ouvrage avec beaucoup de précision : qui a fait quoi, comment, pourquoi? pour repenser les politiques culturelles. La ville est et aussi un « terrain de  jeux », avec ses flux, ses idées, ses créations, mais aussi sa production de règles, d’interdits, de forces de l’ordre.Et son « ingénierie cultuelle appartient aussi à tout le monde. Aux habitants comme aux touristes, qui ont leur « mot » à dire, ce qui est très facile aujourd’hui (Retours d’expérience et « avis » sur l’offre des réseaux sociaux). Le Touriste, c’est l’autre » et avoir son « point de vue » est sans doute la chose la plus précieuse, non?

11174872_10152709493192484_5261433761564695728_nPersonnellement, je me suis sentie moins seule depuis que j’ai lu ce petit livre. Avec des convictions à peu près similaires forgées au cours du temps en observant ces échecs permanents des inégalités, pourtant résolus par de de bons experts ( Les inégalités constatées par Bourdieu et Passeron dès les années 60; puis Les Tribu de Michel Maffesoli ; ou passer du local au Global de mon ami René Rizzardo; sans compter mon doctorat sur les Grands Ensembles à Marseille soutenu en…Histoire de l’art! Le choc à l’Université d’Aix en Provence :-).Ou l’expo montée au très chic musée Monuments français sur le mouvent Hip Hop et le Graffiti Art dans les années 90 : «  »Marie-Chantal va dans les banlieues! », avait titré joyeusement le Figaro. Plus près de nous, Frédéric Martel, avec « Mainstream, enquête sur cette culture qui plait à tout le monde« , ou Bernard Lahire, avec La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi » en 2004 ont également fait entendre leurs  propositions,  passionnantes . Tout cela, avec des aller/retours sur le terrain, forge des convictions !
– Oui, la Culture officielle est toujours majoritairement , en France, dans le service public,  issue d’un un vrai catéchisme, quasi-intangible depuis 1959 et donc dépassé par la réalité d’aujourd’hui. Veillent au grain le ministère et ses ramifications régionales, les DRAC; les Services des collectivités territoriales qui ont choisi, par facilité, ou pour faire plaisir à leurs notables, de rentrer sans le même sillon que celui de la politique étatique ; mais aussi la communication de la Presse papier ou audiovisuelle participe à ce maintien de la politique actuelle Frederic martel jpg– Ah! les Téléramas!- Tout cela renforce en permanence, en France, cet effet de confiscation que l’on voit, en clair, dans la vidéo du Bondy Blog café. Oui, la Culture est « confisquée » par une classe bourgeoise à la nostalgie permanente ( les figures tutélaires de Malraux ou de Lang, avec un « C’était mieux avant ». ). Oui tout est fait pour que surtout rien ne change, et que la petite bourgeoisie continue à profiter au mieux de « ses  » musées, théâtres et de leur programmation « sur mesure », pour elle : les subventions, les directives, les orientations politiques et la fameuse « liberté de création » des directeurs culturels choisis et nommés par le pouvoir en place y contribue. Et ce n’est pas fini! Pour vous faire patienter encore quelques décennies, lorsque vous remarquez que l’inégalité de l’accès à la culture est la règle, que le profil du visiteur des musées n’a pas évolué depuis 50 ans (Le visiteur-type est, encore aujourd’hui, beaucoup plus riche, plus éduqué et plus vieux que la moyenne et il n’habite pas les grands ensembles les plus peuplés de nos banlieues), on vous dit deux choses : « Continuons, on va bien y arriver, à cette égalité! »,
Jean Blaise Réenchanteur de villeAllez, un petit « argument « suprême » , pour la route?La Culture est un domaine sacré, on ne touche pas, merci!
Vous ne me croyez pas? J’exagère? Mais non : le 30 avril dernier, la ministre Fleur Pellerin, en visite à Bourges, déclarait  » Enfin, signer un pacte ici, c’est dire à chaque enfant de la ville qu’il a un droit inaliénable à la culture, un droit sacré oserais-je dire, car la culture est le sacré de notre société laïque. »

POUR VOIR LA PRÉSENTATION DE L’ OUVRAGE CHEZ SON ÉDITEUR, l’Aube, collection l’URGENCE DE COMPRENDRE, c’est ICI ! 

Lire aussi le dernier ouvrage sur l’aventure de Nantes, (ci-contre)  par  Philippe Dorsal.

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KEN LE TOURISTE PARFAIT avait appelé son ex, Barbie Chérie, pour une petit voyage dans la Loire, en France, so romantic!  Vous le connaissez : dix jets et quasiment le tour du monde, en une semaine, avec trois réunions d’affaire et neuf chambres de palaces, notre homme était un peu… fatigué. Et Barbie lui avait dit que l’expo de Barbie en costumes historiques était vraiment super, à tomber!

exposition-barbie-ken-chateau-meung-sur-loire-675x300   L’expo c’est en ce moment! Allez vite la visiter!  Voici le lien :

Nos photos : Inaki Azkuna, maire  de Bilbao; René Rizzardo, Rémi Calzada, Frédéric Martel. Les deux photos d’art   ont été prises dans la rue par Philippe Fabry.  Je lui demande vite de me dire qui sont les artistes, mes amis.Et voilà! Merci Philippe d’avoir répondu ! Donc, pour les artistes, voici les informations : « Pour les roses je ne sais pas qui a fait le pochoir. L’autre est une oeuvre collective : Jef Aérosol (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jef_A%C3%A9rosol) et JACE (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jace).

(1 commentaire)

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  1. Philippe

    Oh la surprise ! 😉 Pour les roses je ne sais pas qui a fait le pochoir. L’autre est une oeuvre collective : Jef Aérosol (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jef_A%C3%A9rosol) et JACE (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jace).

  1. Pour une autre politique culturelle ! - Tourism...

    […] Et voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation!  […]

  2. Pour une autre politique culturelle! - Tourisme...

    […] Et voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation! REMETTRE LE POIREAU A L’ ENDROIT, Pour une autre politique culturelle est d’abord un « cri du coeur »:Remettre le Poireau à l’endroit, c’est montrer – et démontrer – que d’autres voies de développement ,existent, qu’elles ont fait leur preuves, et qu’elles sont diamétralement opposées à cette culture officielle dont on « sanctuarise » le budget pour mieux servir ses fidèles . »Autrement dit : ce qui s’est passé depuis près de cinquante ans doit changer », dit Jean Blaise (10). Le livre dit pourquoi, et comment! I – LA CRISE COMME RÉVÉLATEUR de l’inégalité de l’accès à la culture« Pour nous, avant d’être politique, la terrible crise que nous traversons est d’abord culturelle. La Culture est devenue un ensemble de pratiques et d’équipements, un « ministère », la démocratisation piétine et le vivre-ensemble se délite. » et « Si nous remettions le « poireau à l’endroit », comme disait Engels, que nous remarions la culture et la ville, le plaisir de la foule et l’émotion d’une oeuvre, le débat transversal de l’ouverture à l’autre « annonce l’introduction de l’ouvrage.– Le premier constat est que les « lieux fermés », théâtres ou musées, par exemple, sont devenues des petites « boites hermétiques », qui accueillent les visiteurs « cultivés » , ceux qui y retournent souvent « :Comme les places ne sont pas très chères, grâce à l’argent public, ces consommateurs vont consommer de plus en plus. Mais est-ce bien le but de l’argent public que vingt pour cent des Français aillent au théâtre plutôt quatre fois par an que deux? » Arriver à faire des prix qui permettent à ces vingt pour cent de consommer plus, tant mieux, mais en quoi cela légitime-t-il de l’argent public, des impôts communs, pour que les populations cultivées augmentent leur consommation culturelle? (J.V, p.25)– DÉVERSER LA CULTURE BOURGEOISE SUR LE PEUPLE?Pour Jean Viard, toujours fascinant par son intelligence – relier les statistiques d’une autre façon, sans a-priori, sans copier le voisin…- les trois impératifs pour cesser ce grand gâchis, donner « toujours plus aux mêmes », sont liés au constat que l’on a changé de monde et donc qu’il faut de nouvelles solutions :– 1- « On ne peut continuer à déverser la culture bourgeoise sur le peuple, car « nous ne sommes plus dans une société collective : nous sommes multi-appartenants, extrêmement autonomes, libres comme jamais, regroupés en micro-tribus familialo-amicales, discontinus dans nos couples, nos emplois, notre géographie ». Et puis, pourrions-nous ajouter, ce concept d’un peuple à priori « inculte » est usant, aujourd’hui, car il date du temps des Lumières, XVIIéme et XIIIéme siècles! Avec Internet, par exemple, l’accès à l’information et aux savoirs est devenu instantanée, c’est la façon de rechercher et d’assembler ce que l’on y trouve qui compte.L’éco-muséologie avait cela de bien, dans les années 60-80 du siècle dernier, d’avoir souligné que les modèles proposés étaient à 95%, dans les musées, ceux de la classe riche, soit des objets de « valeur », par rapport à ceux des pauvres, »non retenus » pour représenter l’humanité dans les musées. Musées d’objets de riches, déversés sur les pauvres, forcément incultes, pour qu’ils « apprennent », et DONC se « civilisent », c’était cela , l’idée. Qui continue, d’ailleurs…Sauf que,aujourd’hui, chacun peut exprimer son idée, sa culture, sa différence, son refus des « modèles imposés », et « faire réseau » social.– 2- L’ explication de Jean Viard est très simple : « avec la révolution industrielle, nous avons construit de grands corps collectifs autour d’immenses groupes de travail partagé. On les a appelées « classes sociales ». Alors on a essayé de faire passer la culture avec un grand « C » d’une classe à l’autre et on a appelé ça « démocratisation ». Aujourd’hui, le monde a changé, l’ individu a pris son envol et sa liberté, son éducation et sa mobilité« . L’idée est qu’il y a différents « nous » enchevêtrés : nous avons des « appartenances d »origine, de micro-culture, de métier, d’habitus, de croyances, qui sont importantes« . Il faut donc, pour tous les habitants ou les décideurs culturels, accepter ces différences, et ne pas balayer ces multi-appartenances avec des mots qui ne sont plus habités, comme ce « public le plus large possible », – Oui, mais encore? – ou « la même chose pour tout le monde ». – surtout si cette chose c’est « ma thèse de doctorat « pour tout le monde » dans une exposition, ajouterons-nous.Rajouter des « médiateurs » ne changera pas cette donne de fond, à l’avenir : chacun attend des réponses aux questions qu’il se pose; faire toutes les questions à sa place est devenu un abus.II- RÉINVENTER DU COMMUN : après ce monde « collectif » qui a disparu, il est indispensable de réinventer du commun pour cette société individualisée ». (26). Jean Viard propose une analyse des causes, et des conséquences de ce « Réinventer le commun »– 1- Nous sommes tous « enfermés sur la même petite planète, et elle chauffe » Pensons donc d’abord que nous vivons en ce moment la réunification de l’humanité, chacun contemporain à neuf milliards d’humains, connecté, insécable, coresponsable de l’écosystème Terre. C’est définitif. C’est la nouvelle aventure de l’homme ». Car cette « petite planète, unité définitive et limitée, nous impose d’apprendre à habiter un monde limité alors que nous avions appris à conquérir un monde que nous pensions illimité ». (28)– 3- Une façon de recréer du commun, du désir de progrès, de partage, c’est en recréant du local qui, du coup, rend l’espace public à sa fonction première de rencontre ». Jean Viard, c’est son métier, repère et analyse la guettoisation des villes, et comment la culture peut, à condition de sortir du sien, rompre ces guettos. Maintenir les appartenances de chacun « ouvertes », et faire de même pour les lieux. Aucn ne doit être fermé, « Sinon on tombe dans la communauté fermée : des riches entre eux avec des bergeers allemands, des pauvres entre eux avec un espace dégueulasse autour pour que l’on ne s’approche pas. Des ghettos, en somme. Chacun sait fabriquer des limites pour chasser l’autre. le rôle de l’action publique est de créer en permanence du flux pour empêcher les stocks de se fermer sur eux-mêmes ».III- JEAN BLAISE et JEAN VIARD, HOMMES HUMBLESCe qui est assez agréable, dans ce livre, c’est l’humilité des deux Jean. Quand Stéphane Paoli, le journaliste qui les interroge, demande à J.Blaise « Comment faites-vous, pour qu’à un moment donné, les bourgeois, les ouvriers, les aristocrates se retrouvent ensemble à la même table du barbecue? », J. Blaise répond d’abord, avant de décrire « ses solutions stratégiques » : « Je ne suis pas sûr d’y arriver chaque fois, mais je m’y emploie toujours[…] Depuis vingt cinq ans, la mithridatisation a opéré, La ville est devenue vraiment tolérante à l’art. Mais ce n’est jamais gagné. »Le livre comporte aussi de très belles descriptions de la « Fête », du rôle des artistes, de l’art de « créer des surprises », et comment tout cela, surtout, a du sens, un sens « local », pour les habitants, avec ce constat que plus l’art dans l’espace public est arrimé au local, plus il fonctionnera pour les visiteurs étrangers à la ville.Lire l'article entier : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/05/28/pour-une-autre-politique-culturelle/  […]

  3. Pour une autre politique culturelle! | Jeunes E...

    […] Publié par Evelyne Lehalle : Et voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation! REMETTRE LE POIREAU A L’ ENDROIT, Pour une autre politique culturelle est d’abord un « cri du coeur »:Remettre le Poireau à l’endroit, c’est montrer – et démontrer – que d’autres voies de développement ,existent, qu’elles ont fait leur preuves, et qu’elles sont diamétralement opposées à cette culture officielle dont on « sanctuarise » le budget pour mieux servir ses fidèles . »Autrement dit : ce qui s’est passé depuis près de cinquante ans doit changer », dit Jean Blaise (10). Le livre dit pourquoi, et comment! I – LA CRISE COMME RÉVÉLATEUR de l’inégalité de l’accès à la culture« Pour nous, avant d’être politique, la terrible crise que nous traversons est d’abord culturelle. La Culture est devenue un ensemble de pratiques et d’équipements, un « ministère », la démocratisation piétine et le vivre-ensemble se délite. » et « Si nous remettions le « poireau à l’endroit », comme disait Engels, que nous remarions la culture et la ville, le plaisir de la foule et l’émotion d’une oeuvre, le débat transversal de l’ouverture à l’autre « annonce l’introduction de l’ouvrage.– Le premier constat est que les « lieux fermés », théâtres ou musées, par exemple, sont devenues des petites « boites hermétiques », qui accueillent les visiteurs « cultivés » , ceux qui y retournent souvent « :Comme les places ne sont pas très chères, grâce à l’argent public, ces consommateurs vont consommer de plus en plus. Mais est-ce bien le but de l’argent public que vingt pour cent des Français aillent au théâtre plutôt quatre fois par an que deux? » Arriver à faire des prix qui permettent à ces vingt pour cent de consommer plus, tant mieux, mais en quoi cela légitime-t-il de l’argent public, des impôts communs, pour que les populations cultivées augmentent leur consommation culturelle? (J.V, p.25) – DÉVERSER LA CULTURE BOURGEOISE SUR LE PEUPLE?Pour Jean Viard, toujours fascinant par son intelligence – relier les statistiques d’une autre façon, sans a-priori, sans copier le voisin…- les trois impératifs pour cesser ce grand gâchis, donner « toujours plus aux mêmes », sont liés au constat que l’on a changé de monde et donc qu’il faut de nouvelles solutions :– 1- « On ne peut continuer à déverser la culture bourgeoise sur le peuple, car « nous ne sommes plus dans une société collective : nous sommes multi-appartenants, extrêmement autonomes, libres comme jamais, regroupés en micro-tribus familialo-amicales, discontinus dans nos couples, nos emplois, notre géographie ». Et puis, pourrions-nous ajouter, ce concept d’un peuple à priori « inculte » est usant, aujourd’hui, car il date du temps des Lumières, XVIIéme et XIIIéme siècles! Avec Internet, par exemple, l’accès à l’information et aux savoirs est devenu instantanée, c’est la façon de rechercher et d’assembler ce que l’on y trouve qui compte.L’éco-muséologie avait cela de bien, dans les années 60-80 du siècle dernier, d’avoir souligné que les modèles proposés étaient à 95%, dans les musées, ceux de la classe riche, soit des objets de « valeur », par rapport à ceux des pauvres, »non retenus » pour représenter l’humanité dans les musées. Musées d’objets de riches, déversés sur les pauvres, forcément incultes, pour qu’ils « apprennent », et DONC se « civilisent », c’était cela , l’idée. Qui continue, d’ailleurs…Sauf que,aujourd’hui, chacun peut exprimer son idée, sa culture, sa différence, son refus des « modèles imposés », et « faire réseau » social. – 2- L’ explication de Jean Viard est très simple : « avec la révolution industrielle, nous avons construit de grands corps collectifs autour d’immenses groupes de travail partagé. On les a appelées « classes sociales ». Alors on a essayé de faire passer la culture avec un grand « C » d’une classe à l’autre et on a appelé ça « démocratisation ». Aujourd’hui, le monde a changé, l’ individu a pris son envol et sa liberté, son éducation et sa mobilité« . L’idée est qu’il y a différents « nous » enchevêtrés : nous avons des « appartenances d »origine, de micro-culture, de métier, d’habitus, de croyances, qui sont importantes« . Il faut donc, pour tous les habitants ou les décideurs culturels, accepter ces différences, et ne pas balayer ces multi-appartenances avec des mots qui ne sont plus habités, comme ce « public le plus large possible », – Oui, mais encore? – ou « la même chose pour tout le monde ». – surtout si cette chose c’est « ma thèse de doctorat « pour tout le monde » dans une exposition, ajouterons-nous.Rajouter des « médiateurs » ne changera pas cette donne de fond, à l’avenir : chacun attend des réponses aux questions qu’il se pose; faire toutes les questions à sa place est devenu un abus. II- RÉINVENTER DU COMMUN : après ce monde « collectif » qui a disparu, il est indispensable de réinventer du commun pour cette société individualisée ». (26). Jean Viard propose une analyse des causes, et des conséquences de ce « Réinventer le commun »– 1- Nous sommes tous « enfermés sur la même petite planète, et elle chauffe » Pensons donc d’abord que nous vivons en ce moment la réunification de l’humanité, chacun contemporain à neuf milliards d’humains, connecté, insécable, coresponsable de l’écosystème Terre. C’est définitif. C’est la nouvelle aventure de l’homme ». Car cette « petite planète, unité définitive et limitée, nous impose d’apprendre à habiter un monde limité alors que nous avions appris à conquérir un monde que nous pensions illimité ». (28)– 3- Une façon de recréer du commun, du désir de progrès, de partage, c’est en recréant du local qui, du coup, rend l’espace public à sa fonction première de rencontre ». Jean Viard, c’est son métier, repère et analyse la guettoisation des villes, et comment la culture peut, à condition de sortir du sien, rompre ces guettos. Maintenir les appartenances de chacun « ouvertes », et faire de même pour les lieux. Aucn ne doit être fermé, « Sinon on tombe dans la communauté fermée : des riches entre eux avec des bergeers allemands, des pauvres entre eux avec un espace dégueulasse autour pour que l’on ne s’approche pas. Des ghettos, en somme. Chacun sait fabriquer des limites pour chasser l’autre. le rôle de l’action publique est de créer en permanence du flux pour empêcher les stocks de se fermer sur eux-mêmes ». III- JEAN BLAISE et JEAN VIARD, HOMMES HUMBLESCe qui est assez agréable, dans ce livre, c’est l’humilité des deux Jean. Quand Stéphane Paoli, le journaliste qui les interroge, demande à J.Blaise « Comment faites-vous, pour qu’à un moment donné, les bourgeois, les ouvriers, les aristocrates se retrouvent ensemble à la même table du barbecue? », J. Blaise répond d’abord, avant de décrire « ses solutions stratégiques » : « Je ne suis pas sûr d’y arriver chaque fois, mais je m’y emploie toujours[…] Depuis vingt cinq ans, la mithridatisation a opéré, La ville est devenue vraiment tolérante à l’art. Mais ce n’est jamais gagné. »Le livre comporte aussi de très belles descriptions de la « Fête », du rôle des artistes, de l’art de « créer des surprises », et comment tout cela, surtout, a du sens, un sens « local », pour les habitants, avec ce constat que plus l’art dans l’espace public est arrimé au local, plus il fonctionnera pour les visiteurs étrangers à la ville. Lire l'article entier : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/05/28/pour-une-autre-politique-culturelle/  […]

  4. Pour une autre politique culturelle! | Livres e...

    […] Publié par Evelyne Lehalle : Et voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation! REMETTRE LE POIREAU A L’ ENDROIT, Pour une autre politique culturelle est d’abord un « cri du coeur »: Remettre le Poireau à l’endroit, c’est montrer – et démontrer – que d’autres voies de développement ,existent, qu’elles ont fait leur preuves, et qu’elles sont diamétralement opposées à cette culture officielle dont on « sanctuarise » le budget pour mieux servir ses fidèles . »Autrement dit : ce qui s’est passé depuis près de cinquante ans doit changer », dit Jean Blaise (10). Le livre dit pourquoi, et comment! I – LA CRISE COMME RÉVÉLATEUR de l’inégalité de l’accès à la culture « Pour nous, avant d’être politique, la terrible crise que nous traversons est d’abord culturelle. La Culture est devenue un ensemble de pratiques et d’équipements, un « ministère », la démocratisation piétine et le vivre-ensemble se délite. » et « Si nous remettions le « poireau à l’endroit », comme disait Engels, que nous remarions la culture et la ville, le plaisir de la foule et l’émotion d’une oeuvre, le débat transversal de l’ouverture à l’autre « annonce l’introduction de l’ouvrage. – Le premier constat est que les « lieux fermés », théâtres ou musées, par exemple, sont devenues des petites « boites hermétiques », qui accueillent les visiteurs « cultivés » , ceux qui y retournent souvent « :Comme les places ne sont pas très chères, grâce à l’argent public, ces consommateurs vont consommer de plus en plus. Mais est-ce bien le but de l’argent public que vingt pour cent des Français aillent au théâtre plutôt quatre fois par an que deux? » Arriver à faire des prix qui permettent à ces vingt pour cent de consommer plus, tant mieux, mais en quoi cela légitime-t-il de l’argent public, des impôts communs, pour que les populations cultivées augmentent leur consommation culturelle? (J.V, p.25) – DÉVERSER LA CULTURE BOURGEOISE SUR LE PEUPLE? Pour Jean Viard, toujours fascinant par son intelligence – relier les statistiques d’une autre façon, sans a-priori, sans copier le voisin…- les trois impératifs pour cesser ce grand gâchis, donner « toujours plus aux mêmes », sont liés au constat que l’on a changé de monde et donc qu’il faut de nouvelles solutions : – 1- « On ne peut continuer à déverser la culture bourgeoise sur le peuple, car « nous ne sommes plus dans une société collective : nous sommes multi-appartenants, extrêmement autonomes, libres comme jamais, regroupés en micro-tribus familialo-amicales, discontinus dans nos couples, nos emplois, notre géographie ». Et puis, pourrions-nous ajouter, ce concept d’un peuple à priori « inculte » est usant, aujourd’hui, car il date du temps des Lumières, XVIIéme et XIIIéme siècles! Avec Internet, par exemple, l’accès à l’information et aux savoirs est devenu instantanée, c’est la façon de rechercher et d’assembler ce que l’on y trouve qui compte.L’éco-muséologie avait cela de bien, dans les années 60-80 du siècle dernier, d’avoir souligné que les modèles proposés étaient à 95%, dans les musées, ceux de la classe riche, soit des objets de « valeur », par rapport à ceux des pauvres, »non retenus » pour représenter l’humanité dans les musées. Musées d’objets de riches, déversés sur les pauvres, forcément incultes, pour qu’ils « apprennent », et DONC se « civilisent », c’était cela , l’idée. Qui continue, d’ailleurs…Sauf que,aujourd’hui, chacun peut exprimer son idée, sa culture, sa différence, son refus des « modèles imposés », et « faire réseau » social. – 2- L’ explication de Jean Viard est très simple : « avec la révolution industrielle, nous avons construit de grands corps collectifs autour d’immenses groupes de travail partagé. On les a appelées « classes sociales ». Alors on a essayé de faire passer la culture avec un grand « C » d’une classe à l’autre et on a appelé ça « démocratisation ». Aujourd’hui, le monde a changé, l’ individu a pris son envol et sa liberté, son éducation et sa mobilité« . L’idée est qu’il y a différents « nous » enchevêtrés : nous avons des « appartenances d »origine, de micro-culture, de métier, d’habitus, de croyances, qui sont importantes« . Il faut donc, pour tous les habitants ou les décideurs culturels, accepter ces différences, et ne pas balayer ces multi-appartenances avec des mots qui ne sont plus habités, comme ce « public le plus large possible », – Oui, mais encore? – ou « la même chose pour tout le monde ». – surtout si cette chose c’est « ma thèse de doctorat « pour tout le monde » dans une exposition, ajouterons-nous.Rajouter des « médiateurs » ne changera pas cette donne de fond, à l’avenir : chacun attend des réponses aux questions qu’il se pose; faire toutes les questions à sa place est devenu un abus. II- RÉINVENTER DU COMMUN : après ce monde « collectif » qui a disparu, il est indispensable de réinventer du commun pour cette société individualisée ». (26). Jean Viard propose une analyse des causes, et des conséquences de ce « Réinventer le commun » – 1- Nous sommes tous « enfermés sur la même petite planète, et elle chauffe » Pensons donc d’abord que nous vivons en ce moment la réunification de l’humanité, chacun contemporain à neuf milliards d’humains, connecté, insécable, coresponsable de l’écosystème Terre. C’est définitif. C’est la nouvelle aventure de l’homme ». Car cette « petite planète, unité définitive et limitée, nous impose d’apprendre à habiter un monde limité alors que nous avions appris à conquérir un monde que nous pensions illimité ». (28) – 3- Une façon de recréer du commun, du désir de progrès, de partage, c’est en recréant du local qui, du coup, rend l’espace public à sa fonction première de rencontre ». Jean Viard, c’est son métier, repère et analyse la guettoisation des villes, et comment la culture peut, à condition de sortir du sien, rompre ces guettos. Maintenir les appartenances de chacun « ouvertes », et faire de même pour les lieux. Aucn ne doit être fermé, « Sinon on tombe dans la communauté fermée : des riches entre eux avec des bergeers allemands, des pauvres entre eux avec un espace dégueulasse autour pour que l’on ne s’approche pas. Des ghettos, en somme. Chacun sait fabriquer des limites pour chasser l’autre. le rôle de l’action publique est de créer en permanence du flux pour empêcher les stocks de se fermer sur eux-mêmes ». III- JEAN BLAISE et JEAN VIARD, HOMMES HUMBLES Ce qui est assez agréable, dans ce livre, c’est l’humilité des deux Jean. Quand Stéphane Paoli, le journaliste qui les interroge, demande à J.Blaise « Comment faites-vous, pour qu’à un moment donné, les bourgeois, les ouvriers, les aristocrates se retrouvent ensemble à la même table du barbecue? », J. Blaise répond d’abord, avant de décrire « ses solutions stratégiques » : « Je ne suis pas sûr d’y arriver chaque fois, mais je m’y emploie toujours[…] Depuis vingt cinq ans, la mithridatisation a opéré, La ville est devenue vraiment tolérante à l’art. Mais ce n’est jamais gagné. » Le livre comporte aussi de très belles descriptions de la « Fête », du rôle des artistes, de l’art de « créer des surprises », et comment tout cela, surtout, a du sens, un sens « local », pour les habitants, avec ce constat que plus l’art dans l’espace public est arrimé au local, plus il fonctionnera pour les visiteurs étrangers à la ville. Lire l'article entier : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/05/28/pour-une-autre-politique-culturelle/  […]

  5. Pour une autre politique culturelle ! | Veille ...

    […] Pour une autre politique culturelle !  […]

  6. Pour une autre politique culturelle ! | Fili&eg...

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  7. Pour une autre politique culturelle! | thinks a...

    […] Publié par Evelyne Lehalle : Et voici une nouvelle pépite, avec un tout petit livre et deux grands auteurs : Jean Blaise, le père de la Culture de la ville de Nantes depuis 1989, et Jean Viard, notre expert de la sociologie des « Loisirs et Vacances » en France, deux amis dans la vie qui ont décidé de…parler! Car, et cela ne vous aura pas échappé, la Culture, en France, a beaucoup de visiteurs, d’artistes, de créatifs, mais elle a aussi ses gardiens du Temple et ses fidèles. Pas du genre aimables, en plus. Au moindre faux pas, ils vous attaquent violemment ou, ce qui est plus sûr, ne disent pas un mot sur les livres, articles ou interviews qui évoquent les changement possibles, souhaitables, indispensables des « politiques culturelles ». Le silence, comme arme pour que tout continue comme avant. Evidemment, ce petit blog, avec ses envies de changement et d’une bonne adaptation de l’offre culturelle aux comportements d’aujourd’hui, n’a qu’une envie,celle de vous faire profiter de ce petit « Poireau » magique » qui vient de sortir. En voici la présentation! REMETTRE LE POIREAU A L’ ENDROIT, Pour une autre politique culturelle est d’abord un « cri du coeur »:Remettre le Poireau à l’endroit, c’est montrer – et démontrer – que d’autres voies de développement ,existent, qu’elles ont fait leur preuves, et qu’elles sont diamétralement opposées à cette culture officielle dont on « sanctuarise » le budget pour mieux servir ses fidèles . »Autrement dit : ce qui s’est passé depuis près de cinquante ans doit changer », dit Jean Blaise (10). Le livre dit pourquoi, et comment! I – LA CRISE COMME RÉVÉLATEUR de l’inégalité de l’accès à la culture« Pour nous, avant d’être politique, la terrible crise que nous traversons est d’abord culturelle. La Culture est devenue un ensemble de pratiques et d’équipements, un « ministère », la démocratisation piétine et le vivre-ensemble se délite. » et « Si nous remettions le « poireau à l’endroit », comme disait Engels, que nous remarions la culture et la ville, le plaisir de la foule et l’émotion d’une oeuvre, le débat transversal de l’ouverture à l’autre « annonce l’introduction de l’ouvrage.– Le premier constat est que les « lieux fermés », théâtres ou musées, par exemple, sont devenues des petites « boites hermétiques », qui accueillent les visiteurs « cultivés » , ceux qui y retournent souvent « :Comme les places ne sont pas très chères, grâce à l’argent public, ces consommateurs vont consommer de plus en plus. Mais est-ce bien le but de l’argent public que vingt pour cent des Français aillent au théâtre plutôt quatre fois par an que deux? » Arriver à faire des prix qui permettent à ces vingt pour cent de consommer plus, tant mieux, mais en quoi cela légitime-t-il de l’argent public, des impôts communs, pour que les populations cultivées augmentent leur consommation culturelle? (J.V, p.25) – DÉVERSER LA CULTURE BOURGEOISE SUR LE PEUPLE?Pour Jean Viard, toujours fascinant par son intelligence – relier les statistiques d’une autre façon, sans a-priori, sans copier le voisin…- les trois impératifs pour cesser ce grand gâchis, donner « toujours plus aux mêmes », sont liés au constat que l’on a changé de monde et donc qu’il faut de nouvelles solutions :– 1- « On ne peut continuer à déverser la culture bourgeoise sur le peuple, car « nous ne sommes plus dans une société collective : nous sommes multi-appartenants, extrêmement autonomes, libres comme jamais, regroupés en micro-tribus familialo-amicales, discontinus dans nos couples, nos emplois, notre géographie ». Et puis, pourrions-nous ajouter, ce concept d’un peuple à priori « inculte » est usant, aujourd’hui, car il date du temps des Lumières, XVIIéme et XIIIéme siècles! Avec Internet, par exemple, l’accès à l’information et aux savoirs est devenu instantanée, c’est la façon de rechercher et d’assembler ce que l’on y trouve qui compte.L’éco-muséologie avait cela de bien, dans les années 60-80 du siècle dernier, d’avoir souligné que les modèles proposés étaient à 95%, dans les musées, ceux de la classe riche, soit des objets de « valeur », par rapport à ceux des pauvres, »non retenus » pour représenter l’humanité dans les musées. Musées d’objets de riches, déversés sur les pauvres, forcément incultes, pour qu’ils « apprennent », et DONC se « civilisent », c’était cela , l’idée. Qui continue, d’ailleurs…Sauf que,aujourd’hui, chacun peut exprimer son idée, sa culture, sa différence, son refus des « modèles imposés », et « faire réseau » social. – 2- L’ explication de Jean Viard est très simple : « avec la révolution industrielle, nous avons construit de grands corps collectifs autour d’immenses groupes de travail partagé. On les a appelées « classes sociales ». Alors on a essayé de faire passer la culture avec un grand « C » d’une classe à l’autre et on a appelé ça « démocratisation ». Aujourd’hui, le monde a changé, l’ individu a pris son envol et sa liberté, son éducation et sa mobilité« . L’idée est qu’il y a différents « nous » enchevêtrés : nous avons des « appartenances d »origine, de micro-culture, de métier, d’habitus, de croyances, qui sont importantes« . Il faut donc, pour tous les habitants ou les décideurs culturels, accepter ces différences, et ne pas balayer ces multi-appartenances avec des mots qui ne sont plus habités, comme ce « public le plus large possible », – Oui, mais encore? – ou « la même chose pour tout le monde ». – surtout si cette chose c’est « ma thèse de doctorat « pour tout le monde » dans une exposition, ajouterons-nous.Rajouter des « médiateurs » ne changera pas cette donne de fond, à l’avenir : chacun attend des réponses aux questions qu’il se pose; faire toutes les questions à sa place est devenu un abus. II- RÉINVENTER DU COMMUN : après ce monde « collectif » qui a disparu, il est indispensable de réinventer du commun pour cette société individualisée ». (26). Jean Viard propose une analyse des causes, et des conséquences de ce « Réinventer le commun »– 1- Nous sommes tous « enfermés sur la même petite planète, et elle chauffe » Pensons donc d’abord que nous vivons en ce moment la réunification de l’humanité, chacun contemporain à neuf milliards d’humains, connecté, insécable, coresponsable de l’écosystème Terre. C’est définitif. C’est la nouvelle aventure de l’homme ». Car cette « petite planète, unité définitive et limitée, nous impose d’apprendre à habiter un monde limité alors que nous avions appris à conquérir un monde que nous pensions illimité ». (28)– 3- Une façon de recréer du commun, du désir de progrès, de partage, c’est en recréant du local qui, du coup, rend l’espace public à sa fonction première de rencontre ». Jean Viard, c’est son métier, repère et analyse la guettoisation des villes, et comment la culture peut, à condition de sortir du sien, rompre ces guettos. Maintenir les appartenances de chacun « ouvertes », et faire de même pour les lieux. Aucn ne doit être fermé, « Sinon on tombe dans la communauté fermée : des riches entre eux avec des bergeers allemands, des pauvres entre eux avec un espace dégueulasse autour pour que l’on ne s’approche pas. Des ghettos, en somme. Chacun sait fabriquer des limites pour chasser l’autre. le rôle de l’action publique est de créer en permanence du flux pour empêcher les stocks de se fermer sur eux-mêmes ». III- JEAN BLAISE et JEAN VIARD, HOMMES HUMBLESCe qui est assez agréable, dans ce livre, c’est l’humilité des deux Jean. Quand Stéphane Paoli, le journaliste qui les interroge, demande à J.Blaise « Comment faites-vous, pour qu’à un moment donné, les bourgeois, les ouvriers, les aristocrates se retrouvent ensemble à la même table du barbecue? », J. Blaise répond d’abord, avant de décrire « ses solutions stratégiques » : « Je ne suis pas sûr d’y arriver chaque fois, mais je m’y emploie toujours[…] Depuis vingt cinq ans, la mithridatisation a opéré, La ville est devenue vraiment tolérante à l’art. Mais ce n’est jamais gagné. »Le livre comporte aussi de très belles descriptions de la « Fête », du rôle des artistes, de l’art de « créer des surprises », et comment tout cela, surtout, a du sens, un sens « local », pour les habitants, avec ce constat que plus l’art dans l’espace public est arrimé au local, plus il fonctionnera pour les visiteurs étrangers à la ville. Lire l'article entier : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/05/28/pour-une-autre-politique-culturelle/  […]

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