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Au Bonheur des Dames : Shopping et Culture!

I- INNOVATION, COMMERCE ET CULTURE
1- L’Innovation le Commerce et la Culture :  la naissance du magasin du Bon Marché, à Paris, fut célébrée comme une cathédrale du commerce par l’écrivain Emile Zola. Dans son roman Au Bonheur des Dames en 1883, Zola raconte l’ascension fulgurante d’Aristide Boucicaut qui construisit ce «Temple élevé à la folie dépensière de la mode».
Aujourd’hui, ces grands magasins nous racontent aussi toute une histoire culturelle, celle de nos sociétés, croisée avec l’histoire économique et plus particulièrement avec celle du Tourisme de Shopping ! Comme le résume l’office de Tourisme de Paris sur son site internet : « Sous leurs féeriques verrières Art Nouveau, les grands magasins sont devenus des monuments à visiter! »Et le tout dernier né sur les Champs-Elysées, le mois dernier, semble bien dédié aux Geeks!

Hôtel Lutetia

2- LE BON MARCHÉ La passion du Propriétaire du Bon Marché, Aristide Boucicaut, fut d’abord celle de l’innovation commerciale : entré comme vendeur dans le premier « Bon Marché » en 1848, il en devint propriétaire en 1863, acheta 50 000m2 de terrain alentour pour y construire son alors qu’il n’y en avait qu’une dizaine dans le monde à cette époque. Aristide avait le génie de tout voir en grand, semble-t-il, et le Bon Marché fut donc le premier Grand magasin en France, avec plusieurs étages et départements, mais aussi avec toute une série d’innovations : l’entrée libre, les prix fixes, marges réduites, la possibilité d’échanger ou de rendre ses achats. Puis un vrai service de livraisons «aussi loin qu’un cheval pouvait aller dans Paris et sa banlieue», et enfin la vente par correspondance grâce aux premiers catalogues de ses produits ; ajouter quelques événements de promotion comme les premiers soldes d’hiver et la saison du Blanc ; et, très intéressantes, des expositions culturelles pour « ne pas faire comme tout le monde » avec une grande galerie d’art dès 1875. Son marketing était donc parfait.
Enfin, le Tourisme de Shopping naquit peut –être en 1910 – grâce à l’Hôtel Lutétia que Marguerite, sa femme, (photo ci-contre)  fit construire « afin que ses importants clients de province fussent logés dans un établissement tout proche et correspondant à leur train de vie, quand ils venaient faire leurs courses à Paris ».

3- DE L’ART À TOUS LES ÉTAGES ! Le Lutetia et Le Bon marché furent construits dans le style « art déco, art nouveau » de leur époque par les mêmes architectes (Boileau Père et Fils) avec de grandes fresques et ces plafonds de lumière de verrières travaillées par des artistes et des calculs d’ ingénieurs, dont…Gustave Eiffel ! Mais c’est bien tout le magasin qui est imprégné d’art : les comptoirs, e les escaliers, le mobilier sont ultra-contemporains ; les circulations et les objets ou vêtements exposés aussi (Design et Mode, dirait-on aujourd’hui…). Entre culture, shopping et création, le Bon Marché osa, lors des Salons des Beaux Arts, proposé à tous les artistes refusés le droit d’accrocher leurs oeuvres dans le magasin dans une galerie des Beaux-Arts à partir de 1875 !

4- LE BON MARCHÉ ACTUEL continue cette tradition avec des allures de Galerie géante, des artistes invités et des coproductions d’oeuvres avec les artistes. Racheté en 1984 et rénové en 1987 par le groupe LVMH, le Bon Marché et son propriétaire mécène Bernard Arnault suivent  l’exemple d’Aristide en créant une collection d’art et de mobilier contemporains,  La Collection Le Bon Marché Rive Gauche, et des expositions culturelles culturelles avec des artistes des différents domaines de la création : arts visuels, mode, design, musique. (Photographes Martin Parr, en 2005 et Guy Bourdin, en 2009, ou la designeuse Charlotte Perriand, en 2011). Le Bon Marché est devenu, dit-il sur son site Internet , » un magasin où les valeurs d’authenticité et le culturel viennent se mêler étroitement au plaisir d’acheter. C’est bien plus encore: une façon d’être, un art de vivre, un esprit » ; en concluant sur « l’ ouverture sur le monde, un goût pour la culture, une tradition sans cesse revisitée » du magasin d’aujourd’hui.(Photo : Une oeuvre de Valerio Adami, Collection Bon Marché).

Verrière art déco _ Le Bon Marché

II- TOURISME, CULTURE ET GRANDS MAGASINS
Sur le site Paris Info Site officiel de l’Office du Tourisme et des Congrès , l’Office du Tourisme de Paris fait le compte des visiteurs : avec 120 millions de visiteurs annuels, les magasins du boulevard Haussmann sont une véritable ville dans la ville et le premier centre commercial d’Europe.
 On vient donc dans les grands magasins pour sentir l’air du temps, ce qui se fait de mieux, en ce moment, et de plus en plus ils se transforment en lieu de vie avec d’infinis services, de quoi boire et manger, se divertir et se reposer. Et les touristes étrangers dépensent : à Paris, 40% du chiffre d’affaires des grands magasins est généré par les touristes étrangers/ ; et plus de cinq millions de touristes revendiquent le shopping comme la première raison de leur séjour à Paris (Source : Observatoire économique du tourisme parisien).

1- UN PEU D’HISTOIRE ! Les Grands magasins naissent au milieu du 18éme siècle en Europe, déjà consacrés « magasins de nouveautés » comme les premières enseignes – Les Deux Magots , La Barbe d’or ; Aux Dames élégantes ; La Belle Jardinière-.Ils étaient souvent situés dans des passages couverts, pour favoriser la promenade même par intempéries.
Ces grands magasins proposèrent ensuite des espaces de liberté et de rencontres pour « les femmes bourgeoises dont la vie sociale se limite encore à l’époque aux fêtes familiales et à quelques sorties au théâtre ». Puis la révolution industrielle fit baisser les prix (mécanisation et production en masse ou séries). Les visiteurs des classes populaires purent y accéder, l’offre se diversifia et les moyens de transports nouveaux (chemin de fer, puis voitures et avion aujourd’hui) en firent une destination pour les touristes de passage avide de rapporter des souvenirs « authentiques » et pour eux « folkloriques ou ultra modernes.

2- AUJOURD’HUI, les touristes étrangers, et surtout les clientèles des pays émergents, sont attendus comme étant les meilleures clientèles possibles. Leur « culture », leur comportements et leur façon de voir et d’acheter des produits sont scrutés à la loupe par le marketing. Pour faire des marges financières importantes, il est certain que ce sont ces nouvelles clientèles qui sont attendues, avec des achats qui dépassent souvent le millier d’euros en produits de luxes (parfums et marques). Même si la guerre du shopping entre pays européens est déclarées depuis des décennies, (Change et ouvertures dominicales…) , chaque grand magasin offre de nouveaux services régulièrement (traducteurs, accompagnateurs…) à ces clientèles qu’ils doivent absolument fidéliser, ne serait-ce que pour créer de nouveaux magasins dans ces pays à fort potentiel pour leur avenir.

III – REPENSER UN GRAND MAGASIN pour le XXIéme siècle Le futur des Galeries Lafayette (127 ans !) est situé depuis quelques jours dans son nouveau magasin, au 52- 60, Champs Elysées.L’idée de sa Direction fut de bouleverser les codes habituels, d’intégrer les pratiques numériques, de revisiter les services, et, évidemment, d’en faire des lieux de vie, comme les musées. Le nouveau magasin est présenté par le directeur général et ses équipes comme un «glocal store », pour les habitants ( locaux) et les touristes ». L’enseigne souhaite « parler aux Parisiens tout en ayant une visibilité globale […]«Notre objectif est d’attirer une clientèle cosmopolite, puisque nous avons autour de nous un nombre exceptionnel de grands hôtels. »(Surface : 6 500m2 ; 650 marques de mode, beauté au rez-de-chaussée ; architecte Danois, Bjarke Ingels, Agence BIG ; Café Citron : Designer Simon Porte Jacquemus et Caviar Kaspia ).Voir toutes les nouveautés proposées par le magasin ici, sur Le Figaro , dont :
Ouverture jusqu’à minuit tous les jours sauf le dimanche(21 h).
– beaucoup de digital et multicanal dans la relation client
– les cintres connectés, avec bouton de commande – couleur ou taille différente-et «runner» qui vous l’apporte en cabine.
– «Un commerce conversationnel»
– Recrutements sur Instagram et former (selon des méthodes développées avec l’IFM, l’Institut français de la mode) 300 vendeurs ou personal stylists.
– – Cabines humaines avec « une âme par la lumière, par les fleurs ».
Une équipe de plus de 400 personnes a formalisé le projet, disait l’interview de Fashion Network : Tout est 100 % Galeries Lafayette, sans concessions ou de corners. Nadia Dhouib et Clara Cornet évoquaient aussi l’an dernier « une combinaison de différentes énergies », avec de la mode, faisant appel à « des grandes marques mélangées à des créateurs émergents », mais aussi de la gastronomie, de la musique, des livres, etc.
Où nous retrouvons donc, en conclusion, le shopping, le tourisme et la Culture!

III- POUR EN SAVOIR PLUS
Galeries Lafayette des Champs-Elysées : d’autres articles sur les futures Galeries Lafayette :ICI .
1- PETITE HISTOIRE DU BON MARCHÉ : 1852-1984
1852 : Aristide Boucicaut s’associe aux frères Videau, propriétaires du magasin de nouveautés Au Bon Marché, où il est entré comme vendeur en 1848».
1869 : La première pierre des nouveaux magasins conçus par l’architecte Alexandre Laplanche est posée. Aristide Boucicaut achète les terrains voisins
1874 : Les architectes Louis-Auguste Boileau, son fils, Louis-Charles, et l’ingénieur Gustave Eiffel, pionniers dans l’utilisation du fer et du verre, modifient la façade de la rue Velpeau et aménagent l’intérieur du magasin le dotant d’escaliers monumentaux et de lanternes.
1877 : Décès d’Aristide Boucicaut qui n’aura pas vécu assez longtemps pour voir l’achèvement des travaux en 1887, date à laquelle Marguerite Boucicaut meurt après avoir poursuivi l’œuvre de son mari.
1883 : Parution du roman Au Bonheur des Dames d’Émile Zola qui s’inspire du Bon Marché.
1923 : Création du premier Comptoir de l’Alimentation dans un grand magasin, ancêtre de la Grande Épicerie créée en 1978.
1969 : Rachat du Bon Marché par les frères Willot.
1984 : Le Bon Marché entre dans le groupe LVMH qui entame des travaux de rénovation pour en faire un grand magasin luxueux
2- Chronologie des autres grands magasins du monde :ici. 
3- Journal La Croix Des monuments côté scène, côté coulisses -Le Bon Marché, «cathédrale du commerce moderne» ? Un article de Stéphane Dreyfus, – 19/07/2012 , à lire ICI.
4- Nathalie Mercier, Le grand magasin parisien : Le Bon Marché, 1863-1938, mémoire de fin d’études de l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, 1985
5- Le Bon Marché : Wikipedia
6- Et source du Bon Marché pour son Histoire
7- Aujourd’hui, les Grands magasins ! les nouvelles Galeries Lafayette des champs Elysées à Paris.L’une des premières déclarations sur le  projet par le DG, Nicolas Houzé,  au sujet du projet des Galeries Lafayette des  Champs Elysées ( en vidéo).

Aristide Boucicaut

NOS PHOTOS Paris – Le Bon Marché
– Le BM la nuit Rue CC BY 3.0 6 21 novembre 2012 6 Auteur Mbzt
– AB, Aristide Boucicaut AB CC BY-SA 3.0- 17 décembre 2010- Auteur : Reinhardhauke
– Le Bon Marché, l’une des verrières intérieures.jpg CC BY-SA 3.0 22 juin 2009- Auteur Fred Romero from Paris, France
– Photo angle haut de immeuble CC BY 2.0 File:Paris – Le Bon Marché (31885711304).jpg- 11 décembre 2016- Auteur Fred Romero from Paris, France
– Hôtel Lutetia 24 janvier 2018, 16h26IMG_0470 Auteur Arthur Weidmann de Paris, France
– Angle et immeuble avec affiche Grande Epicerie- 2008 licence Creative Commons Attribution 3.0 (non transposée). Auteur : hiro449944

 

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KEN LE TOURISTE PARFAIT
Ken avait décidé d’aller à Miami voir et acheter de l’art contemporain, car ça, au moins, ça lui apprendrait à mieux comprendre le monde et sa vie! Son ex, Barbie Chérie, était éperdue de bonheur à cette annonce, même si elle la trouvait, comment dire, un peu « pompier »…« Quelle bonne idée pour te changer les idées, après ta semaine de rendez-vous d’affaire, tes longs vols entre la Chine et l’Australie et tes trois Palaces, cette semaine! ». Bon, comme Ken ne savait pas mentir, il finit par avouer « Bon, Barbie, toi, tu irais acheter de l’art contemporain dans un grand magasin ? »

 

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