Des quartiers culturels et créatifs?

Et voici une Note Rapide qui présente les quartiers culturels et créatifs du monde entier, avec ses leviers de redynamisation territoriale. (Note rapide Économie, n° 831-Institut Paris Région, 09 janvier 2020).Certes cette note est écrite par l’Institut qui a pour périmètre Paris et l’ Ile-de-France, mais surtout, n’ayez pas peur, cette note vous concerne tous : villes ou campagnes, petites ou grandes, périphéries ou hyper-centres.Tout le monde peut avoir un quartier culturel et créatif!
J’aime beaucoup suivre certains sujets, et vous raconter leurs évolutions, mes amis ! Mon petit blog vous a donc souvent présenté des exemples de cette la Culture créative et de ses importantes retombées sociales et économiques à Manchester ou Liverpool, Baltimore ou Londres, Montréal, Bilbao ou Vienne, en Autriche. Née dans les années 2000, qui ont beaucoup construit, beaucoup réfléchi aux rôles de la Culture, la Ville Créative a émergé avec des expériences très différentes que je vous ai toutes racontées : Bilbao, qui ne fut pas qu’un « effet », mais une proposition de reconversion de la ville après la fin de son industrialisation ; même aventure pour Nantes, mais avec les arts vivants et les arts plastiques ; ou encore le quartier des musées à Vienne , avec ses 60 000 m2 de culture, avec beaux-arts et arts plastiques, manifestations et performances,  danse, architecture, théâtre et  musique, DJ, mais aussi les nouveaux médias, le design, le film, la culture pour enfants et adolescents et huit restaurants!En France, de nombreuses  villes  ont mis en place ces bonnes pratiques pour devenir plus culturelles, plus vivantes, car beaucoup de communes ont  une vraie volonté politique et de fortes équipes culturelles (élus, artistes,autres professionnels…) comme Paris, Lyon, Lille, Cannes ou Rennes, Nantes ou Saint-Denis, Bordeaux ou Strasbourg.

I- DÉFINITION DES QUARTIERS CULTURELS et CRÉATIFS (QCC)
Pour définir ces quartiers, la Note rapide de l’Institut Paris Région donne cette définition du  quartier culturel et créatif : un quartier dans lequel la densité des équipements culturels (musées, théâtres, etc.), lieux de création artistique (ateliers d’artistes), acteurs et événements, génère une dynamique locale et un écosystème créatif. Quatre types de quartiers culturels et créatifs peuvent être définis : quartier industriel, institutionnel, métropolitain et quartier des musées (Selon la typologie de W. Santagata[Doeser, Marazuela, 2018].

  • Et beaucoup d’exemples! Pour La France, le Quartier des Musées de Rouen, en cours de développement  car le travail du directeur des musées,  Sylvain Amic,  est remarquable, avec une veine de fusion créative  entre les musées et la parlole rendue  aux visiteurs (Voir notre billet  d’octobre dernier)! Nantes et le quartier off des Olivetttes face au quartier  de la création; l’ancienne usine Christofle à Saint-Denis (93); le Design à Saint-Etienne et enfin  des projets qui lient habitants et culture en Ile-de-France (La Ferme du Buisson, le Centquatre ou Mains d’Oeuvres. Sont aussi évoqués de nouveaux modèles, en gestation et qui ouvritont dès cette année (Romainville, La Courneuve, Pantin ou le Bas-Montreuil)…)Les exemples étrangers retenus : M50 à Shanghai,(hélas dévoyé en lieu uniquement  commercial, cf. notre « VI » ci-dessous.),  le fameux quartier des spectacles de Montréal, ou encore le méga-projet e Hong Kong, West-Kow Loon. Et  quand l’étude complète qui suivra cette Note Rapide sortira, nous reviendrons sur ces premiers exemples!
  •  Réseau UNESCO des villes créatives  : pour vous donner une idée de ce qu’est un quartier créatif, voilà une jolie petite vidéo sur le  Réseau des villes créatives de l’UNESCO (Vidéo du 30 oct. 2018) Lien au cas où, ICI !  (1 :48 minute)

«L’Europe créative est le programme-cadre de la Commission européenne soutenant les secteurs de la culture et de l’audiovisuel pour la période 2014-2020
La vidéo vous présente « le foisonnement mondial des quartiers culturels et créatifs et témoigne des aspirations des villes : renforcer leur rayonnement et leur singularité grâce à des quartiers créatifs employés comme des leviers de leur (re)développement. Ces stratégies se basent sur la valorisation de l’offre culturelle, le dynamisme économique et la cohésion sociale ».
II- QUAND CULTURE RIME AVEC ATTRACTIVITÉ ET TOURISME 1990-2000 Citons encore  la Note Rapide de l’Institut Paris/Région : « Cet intérêt en faveur des écosystèmes créatifs, couplé au phénomène d’internationalisation de la culture et du tourisme, a eu un fort impact sur les décideurs publics locaux, parfois aux prises avec des enjeux de compétitivité internationale, de transformation de leurs économies, ou encore avec l’accroissement des disparités territoriales.
– De fait, les politiques culturelles ont pris des dimensions territoriale, économique et sociale, d’une envergure nouvelle, avec des objectifs multiples : amplifier le rayonnement et l’attractivité du territoire, développer des clusters d’industries culturelles et créatives, redynamiser des territoires touchés par la désindustrialisation ou les difficultés »
D’autres modèles de développement, complètement planifiés, reposent sur la création de clusters culturels et créatifs comme celui de Fort Worth au Texas. Ce quartier est devenu un marqueur identitaire de la ville et une destination touristique reconnue, y compris à l’échelle internationale.
–  Photo de couverture de la Note rapide,  à voir ci-dessus, juste au dessus du chat de la couverture de la Note rapide  : La Fabrique, espace dédié aux musiques actuelles, arts numériques et pratiques émergentes, a conservé la fresque du chat réalisée par Kazy.K. Cette figure animale participe en guise de « totem » à l’identité de ce quartier hautement culturel.

III- « IL N’EXISTE PAS UN MODELE UNIQUE DE QCC.
Toutefois, cinq points communs sont identifiés dans la Note Rapide :
1) Les musées et grandes institutions culturelles (théâtres, opéras, espaces de création, etc.) en sont souvent les éléments structurants.
2) L’existence de lieux d’exposition secondaires et d’ateliers d’artistes participe également de cette vitalité.
3) Des zones dédiées à l’activité économique y prennent place également : entreprises incubateurs de start-up culturelles, fab labs ou lieux de coworking.
4) La présence d’universités et d’écoles (design, informatique, arts appliqués, etc.) est une plus-value.
5) Enfin, un nombre conséquent d’espaces de loisirs (cinémas, lieux de sorties nocturnes « underground », etc.), de commerces, restaurants ou bars, vient compléter ce paysage urbain. », nous dit la Note rapide de L’Institut Paris Région.

IV- AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET URBANISME
Les opérations d’urbanisme ou de l’aménagement rural s’appuient souvent sur de nouveaux équipements culturels, mais surtout comportent une réflexion sur ce qu’il faut déplacer (le port, à Bilbao !) ou construire. Souvent les quartiers urbains sont aussi reliftés à cette occasion (réhabilitation, végétalisation, piétonisation, nouvelle signalisation…). Tous les espaces publics sont pris d’assaut pour redevenir des lieux de vie et lieux culturels à part entière avec des fresques, graffiti, nouveaux commerces…. Ou une nouvelle utilisation du patrimoine historique« Les clusters créatifs peuvent être moteurs d’une valorisation du patrimoine local lorsque les artistes occupent des bâtiments anciens, parfois à l’abandon depuis de longues années »
Les pouvoirs publics, autorités locales ou gouvernements nationaux, ont pris conscience du potentiel de ces clusters et affirmé leur implication. Si leur rôle consiste parfois en un simple appui aux actifs créatifs, ou à celui de financeur, ils initient parfois les projets.

V- GOUVERNANCE : les QCC connaissent plusieurs étapes dans leur construction : émergence (spontanée ou planifiée), développement de certaines fonctions et activités, intégration à un projet urbain ou non, puis période de maturité. La gouvernance doit évoluer et s’adapter à ces « moments » afi n de répondre au mieux aux besoins des travailleurs créatifs. Par ailleurs, la multiplicité des parties prenantes, aux intérêts souvent divergents, nécessite l’établissement de dispositifs de management collectif et participatif. Ils permettront de faire émerger une vision partagée pour la défi nition des objectifs et des plans d’action.
Généralement caractérisés par un partenariat public/privé, les districts créatifs posent des questions complexes de gouvernance et d’accompagnement dans la durée. La concertation et la coopération des divers acteurs : actifs créatifs, institutions publiques, habitants, est nécessaire au succès de l’entreprise. Cette approche participative, permettant aux acteurs de travailler ensemble dans un cadre neutre et effi cace, revêt donc une dimension stratégique.(Lire la Note, ici)

VI- QUELQUES DÉRIVES, HÉLAS…Ces politiques sont parfois la cause de dérives, dont la plus connue est la gentrification de ces quartiers qui produit un effet pervers : les loyers augmentent,dans d’anciens quartiers où habitaient des gens avec des petits revenus et qui en sont chassés dès que le quartier « monte en gamme ».Dédié à l’art, le quartier en exclut donc les habitants. Ensuite, la Note dit aussi que « la stratégie culturelle est quelque peu dévoyée, certains acteurs y trouvant prétexte à la massification d’activités commerciales rentables (bars, restaurants, boutiques, etc.). Celles-ci s’implantent en complément d’activités créatives, comme à la Lx Factory de Lisbonne, ou bien les remplacent, comme au M50 à Shanghai. ». On pense aussi à des dérives d’un autre genre, les « fausses » creative cities, qui font juste semblant, ou à ces œuvres d’artistes parsemant les grandes surfaces commerciales, tristes « alibis » plus que démarches sincères de la présence de l’art associant des habitants. Mais il y a aussi de belles réussites, comme Marseille et ses Quartiers Nord, que nous avons exploré avec les Oiseaux de passage il n’y a pas longtemps, dans cet article du 29 janvier dernier, « Révolution dans le tourisme« .
CONCLUSION : les politiques culturelles (60% des budgets sont ceux des collectivités territoriales, villes et régions, surtout) tentent cette créativité dans de nombreux domaines culturels : Art / Architecture / Musique / Danse /Culture pour enfants / Mode / Théâtre / Design, etc. Comme le dit la Note Rapide : «La polarisation d’industries culturelles et créatives agit comme un cercle vertueux, incitant d’autres entreprises et investisseurs privés à venir s’implanter pour bénéficier d’effets d’agglomération. De plus, la « reconnaissance culturelle » d’un quartier lui confère une image de marque, qui accroît de fait massivement l’attrait touristique et le rayonnement de la ville. »
– LA NOTE RAPIDE de l’Institut Paris/Région apporte à la fois une meilleure connaissance et une méthode pour arriver à implanter ces nouveaux quartiers : Quelles sont leurs caractéristiques ? Quelles sont les logiques de leur implantation ? Quelles bonnes pratiques y sont mises en œuvre ? Enfin quelles sont les dérives possibles, à commencer par les villes qui copient le modèle de façon superficielle, juste pour communiquer mais sans donner aucun pouvoir à la jeunesse, aux acteurs culturels et, de façon plus générale, aux citoyens ou aux pratiques collaboratives (Design public et toutes méthodes de concertation avant une « mise en communs »).

Charles Ambrosino et Vincent Guillon – L’Observatoire 2010/1 (N° 36), pages 25 à 28 Les trois approches de la ville créative : gouverner, consommer et produirehttps://www.cairn.info/revue-l-observatoire-2010-1-page-
Landry C. et Bianchini F. (1995) : The Creative City. Londres, Demos/Comedia ; Landry C. (2000) : The Creative City. A Toolkit for Urban Innovators. Londres, Comedia- Earthscan Publications Ltd.
Bianchini F. et Parkinson (eds.) : (1993) : Cultural Policy and Urban Regeneration, The West European Experience. Manchester, Manchester University Press ; Evans G. (2001) : Cultural Planning. An Urban Renaissance ? Londres, Routledge.
Florida R. (2002) : The Rise of the Creative Class. And How It’s Transforming Work, Leisure, Community and Everiday Life. New York : Basic Books.(Le Pape!).  Voir aussi le site de la ville de  Montréal, excellent exemple!

 

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KEN LE TOURISTE PARFAIT  ne comprenait plus rien à son job, de temps en temps. Il devait faire le tour du monde plusieurs fois par mois, car, en bon touriste Parfait, sa mission consistait à évaluer tous les hôtels, restaurants et salles de Réunions d’affaires du monde entier lors de ses réus de business. Mais ce retour à Los Angeles pour revoir son ex, Barbie Chérie,  était interdit le mois à venir à cause d’un virus étranger, venait-elle de lui dire au téléphone. Mince, pensa-t-il, j’espère que Barbie n’a pas pris un amant… Il repensa à cet  Action Joe qui trainait dans le jardin, lors de son dernier retour at home

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