Veille sur le tourisme culturel : à faire, à voir, à lire…

Ken en pleine séance de lectureLes affaires reprennent! Beaucoup de parutions intéressantes, ce mois-ci, dont certaines à placer dans vos incontournables . Je vous annonce aussi des publications à venir, celles que vous attendiez depuis longtemps et qui répondront à vos  interrogations préférées .  En fin de billet, et au rayon des nouveautés, aussi, une découverte : les défis  de la culture passent aussi par les TIC et la fréquentation des lieux culturels. Il suffisait de le dire,de l’écrire, au moins une fois :  Maintenant on va faire avec! Et je ne plaisante pas, car une grande scène nationale, le Parvis de Tarbes Midi-Pyrénées,  et son adorable directeur, Marc Belit, affichent sur Internet un édito étonnant, décapant, innovant et radical! Le spectacle/art contemporain/évènementiel/théâtre, théâtre de rue/poésie, bref, tous les arts vivants  représentés au Parvis tirent les premiers, si j’ose dire. On attendrait  le même réalisme du secteur du patrimoine ou des musées, mais apparemment, ce doit être plus compliqué. Rien à l’horizon….

  • A VOS LIVRES!

– Les  Chiffres-clefs de la culture en 2008 mettent chaque année  toutes les statistiques de la culture à votre disposition. Avec, très développé cette année, un panorama des financements de la culture . Quelle part respective pour les budgets des communes, des régions, des départements? Quelles compétences semblent prioritaires pour les collectivités territoriales et  pour la culture ?  (Par exemple, la promotion pour les Régions). Où les trouver? A la Documentation Française, mais aussi sur les nombreux sites de l’action territoriale ou du ministère de la culture ( DEPS) : www.culture.gouv.fr

Pour le Tourisme culturel, un nouveau chapitre du  » Tourisme Culturel  » dans le Classeur des DAC, directeurs des Affaires Culturelles en France .Editions Territorial, mars 2009. www.territorial.fr

EPCC : La Gazette des Communes,des Départements et des régions présente le dernier EPCC en création, celui de la Maison de la Culture de Bourges. Revue en ligne, semaine du 23/28 mars). On aimerait, d’ailleurs, que l’équipe de la Gazette, nous propose  une bonne  étude évaluation des modus-vivendi des EPCC en France.

– Les cuisines de la critique gastronomique, de Bénédict Beaugé et Sébastien Demorand ( ed. du Seuil, mars 2009). En comparant notre critique gastronomique en France avec celle de l’étranger – les guides, la Presse, les émissions de  Télé, les livres, etc… –  la nôtre ne serait pas très… sérieuse. On encense, on décrit, mais on oublie la vraie critique, que pratiquent tous nos amis  étrangers. A savoir analyser les plats, mais aussi  les modes de production,  l’origine  des produits, l’environnement économique et social de la gastronomie. On met des étoiles, on classe sous des iconettes, mais où sont les textes, la pensée, la critique argumentée? Nous sommes , en France, dans une critique « joviale et gourmande », avec des bons p’tits plats à la télé, et comment les faire. Nous faisons l’apologie, la promotion de notre cuisine, mais nous oublions les fondamentaux – analyser, argumenter, débattre, juger, comparer..-  sans doute satisfaits par notre premier rang au monde par le nombre de nos Chefs.

Un livre intéressant, un peu pavé dans la mare, sans doute, par rapport aux postures des Guides Michelin et autres apologies bien de chez nous, qui semblons ne jamais bien accepter les interrogations. Et pourtant, pour avancer, la critique est sans égal.

Les Assises de l’Admical, qui ont présent le 24 mars les bilans et orientations pourle mécénat.  Le mécénat culturel semble en effet s’essoufler au profit du mécénat orienté vers  des projets  plus « internationaux » ou  portés  par les plus jeunes : le  Solidaire, le Durable, l’ Environnement et les actions charitables.Résultats à suivre!

Où trouver l’info? Sur le site de l’Admical, assises@admical.org

Un colloque de l’ENACT sur l’évènementiel, le 30 avril prochain, au beau et optimiste sous-titre : « Comment réinventer la fête? ». www.enact-montpellier.cnfpt.fr.

  • ETUDES EN VUE !

La publication d’études vraiment importantes et très bien faites ne tardera pas. Si vous attendez la fin de l’année, vous pourrez disposer d’études sur des sujets malheureusement en panne d’analyse et de statistiques, dont les thèmes sont au centre de vos actions et  qui taraudent le Tourisme Culturel en permanence :

– Culture, Tourisme et Développement, Claude Origet du Cluzeau et Jean-Michel Tobelem, éditions de l’Harmattan. Enfin un ouvrage qui actualisera ce sujet fondamental pour tous les professionnels du Tourisme et de la Culture, auxquels il s’adresse. Comme pour  l’ouvrage  d’ODIT France,  on y trouvera les bonnes routes à choisir, les idées reçues, des données très récentes et factuelles. Ces deux auteurs ont ceci de bien, également,  qu’ils ne vous encombrent pas d’historiques ou de théories des organisations. Sans amoindrir leurs sujets pour autant. La réflexion théorique, pour Claude Origet du Cluzeau et Jean-Michel Tobelem, a  lieu en amont du projet éditorial  et ne vous est donc pas imposée en  mode lecture. Ce qui tombe bien. Car, à part pour l’Université (Professeurs, chercheurs, étudiants…) qui doit  en permanence relater, analyser le débat et en garder la mémoire, la réflexion théorique  n’est pas évidemment pas indispensable pour les autres acteurs du Tourisme et de la Culture.

www.editions-harmattan.fr

La médiation culturelle : le point, bientôt, avec un excellent panorama ( bilan, métiers, enjeux, avenir…) réalisé par le Département des Etudes et de la Prospective du ministère de la culture , Dominique Patureau,  Elisabeth Caillet… assistées par  un Comité de pilotage très large.

Le métier de Guide : la Direction du Tourisme ( Formation) mettra aussi « à plat » les missions actuelles des Guides et celles attendues à l’avenir. Même excelllente somme de  préconisations que l’étude précédentes.  Depuis  la rédaction du cahier des charges  de l’étude jusqu’au choix des exemples concrets retenus pour l’analyse et l’évaluation, cette étude a pris en compte les demandes (OT, CDT,CRT,communes…) du Tourisme pour faire évoluer le métier.

Visite culturelle et TIC : une étude  en cours dont ODIT France a la maîtrise d’ouvrage, sur les relations entre les TIC, technologies de l’information et de la communication, et la visite du patrimoine, des musées. De très nombreux exemples européens, des USA et du Royaume Uni,  une réflexion de fond, avec les meilleurs des partenaires, et une véritable aide à la décision : balayage des  idées-reçues; coûts; ce qu’il ne faut pas faire; des conseils pratiques et précis ; des comparaisons avec l’international, etc…Une mine! Chargé de l’étude, Philippe FABRY,  l’excellent expert Tourisme et NTIC , également le seul spécialiste, en France,  du Tourisme Culturel lorsqu’il se conjugue avec les TIC. Contact : philippe.fabry@odit-france.fr

Je vous tiendrai au courant de la date et du lieu de parution de ces études dans ce blog.

  • MARC BELIT, LE MEILLEUR AMI DE KEN ?

Ken, vous l’avez compris, n’est pas cet accessoire préféré des femmes, mais le touriste-type. Le seul, à mon avis. Il sait se renseigner pour préparer son voyage, il a un profil différent selon les pays, les classes sociales d’où il vient et qu’il fréquente – seule Barbie est une vraie GDR, gosse-de-riche-. Car comme il est un peu en marge du « World of Barbie », il a du temps pour voyager. Mais le drame, c’est que le Tourisme l’attend chaque fois au coin de la rue. Le Tourisme le guette, l’étudie en permanence et ruse avec lui. On est prêt à lui faire gober n’importe quelle offre, à  dévaster son porte-monnaie pour  son voyage et sa consommation ou ses activités. A ce petit jeu,Ken  gagne souvent. Car  le Tourisme culturel est le  talon d’Achille du Tourisme :  galvaudé, – tout le monde a sa petite  idée sur lui – mais pas assez  professionnalisé. Le flou a aussi des avantages… Visites délicieuses pas chères payées; petits hôtels ou chambres d »hôtes ravissantes dans des monuments historiques, pas chères non plus.Mais le défi demeure : qui va gagner, du Marché ou du peu  qui échappe à sa puissante organisation technique, financière, communicationnelle? Les marchés de niche ont-ils le vent en poupe?  Et quel avenir  pour  le tourisme de masse, aujourd’hui,  pour l’offre  culturelle?

  • LES DEFIS CULTURELS DU MOMENT PRESENT,  un édito décapant

Ce détour pour en arriver au fait, l’Edito de Marc Belit, qui, justement, fait part d’une nouvelle idée : partons de l’existant , reconnaissons que le « grand public » n’est pas une entrée opérationnelle. Les jeunes ont d’autres pratiques que la visite culturelle. : « nous nous trouvons dans une période de mutation dont la culture est sans surprise le baromètre. »

1 – La démocratisation culturelle : Il est devenu patent qu’une très grande partie de la population reste à l’écart de l'[offfre culturelle]. ..On aboutit, après avoir reconnu qu’à des segmentations de publics correspondaient des comportements différents, à la pluralité des comportements plus qu’à la belle totalité évoquée dans la conception initiale d’un peuple lié à sa culture comme à sa nation.

2 – Les NTIC : on pourrait chipoter sur la description des internautes , « le public incontournable et anonyme de tous ceux qui, solitaires, se connectent et fonctionnent en réseau… », car ils sont très actifs ( le collaboratif)  et  communiquent via leurs  réseaux ; donc ne sont pas si seuls…Mais Marc Belit convient qu’ils forment ainsi une communauté majoritaire  et insaisissable dont l’importance culturelle est chaque jour plus grande ». Est venu le temps de l’appropriation par chacun d’un ensemble de codes et de techniques électroniques qui donnent accès à un univers déserté de la notion d’universel ».

3- Les publics  :  on l’aura compris, Marc Belit se fait une raison, en somme, et reconnait  que 80% des gens ne vont pas vers son offre actuellement, malgré son voeu quotidien, depuis des années, d’attirer le « public le plus large possible ». D’où un malaise. Et un défi, une réponse :  M.Belit préconise, en creux, de  s’adapter aux nouveaux  comportements. Par exemple, ceux des internautes, ceux des  jeunes, avec  leurs pratiques sur Internet (auquel on pourrait ajouter d’autres technologies via leurs mobiles, jeux, vidéos et leurs croisements possibles…) .

Même si elles  semblent constituer pour lui  des trous noirs pour adapter l’offre culturelle, ces mutations  signent la fin d’un certain projet « universaliste »  pour les publics de la culture, et doivent être prises en compte aujourd’hui.

Pour le Tourisme culturel, on va donc pouvoir faire un  pas en avant, dans les milieux de la culture. Bonne nouvelle pour la fréquentation des sites culturels et pour le travail en commun!

Voir l’EDITO complet de Marc Belit : www.parvis.net

et relire aussi la déclaration prémonitoire de Jean Blaise ( le papa des Allumées de Nantes, des Nuits Blanches de Paris et d’ailleurs…)  » Il faut changer tous les codes de nos professions » sur le site de la Revue La Scène : www.professionnelsduspectacle.com/LaScene/Breves/breve_details//4

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