Bâtissons une planète plus intelligente!

Villes intelligentes, Villes durables, Smart cities, Creative cities… Tous ces mots sont « politiquement corrects » et éveillent parfois notre méfiance. Pourtant c’est l’avenir immédiat des villes, et bien sûr de celui des villages et des campagnes qui est en jeu. Car, bien loin de simples « thèmes à la mode », ces termes recouvrent une réalité, celle de l’innovation lorsqu’elle peut structurer des villes, selon des formats innovants, en rupture avec le passé, car :

–        Les nouvelles technologies sont aujourd’hui au coeur des composantes de la ville : urbanisme et transport, économie et commerce, design et communication. Plus fondamentalement, les nouvelles technologies permettent enfin d’associer très facilement les habitants à la décision et  de partager les bonnes pratiques constatées « ailleurs », et cela à toute vitesse, ce qui n’était pas possible avant ces 15 dernières années ; les habitants mais aussi les « habitants d’un jour » (comme les appelle le Maire de Paris pudiquement…), c’est-à-dire les touristes, peuvent donner leurs avis et supportent mal que l’on ne les sollicite pas .

–        Les modes de « gouvernance » politique et technique de la Ville ont aussi radicalement changé depuis 10 ans, même en France, comme le démontrent les villes qui ont déjà pris globalement les devants (Paris, Lyon et  Nantes) et les Régions intelligentes en France (Par exemple Rhône-Alpes et l’Ile-de-France). Pour le Tourisme culturel, on comprend vite que l’assemblage du tourisme est très directement concerné (Infrastructures ,  transports, hébergements, commercialisation, activités, investissements …) par les avis des usagers, ainsi que la Culture (Industries créatives  -images, film, design, numérique- et activités culturelles institutionnelles).

–        Les compétences et l’expertise requises pour agir avec et malgré tous ces croisements  politiques et technologiques sont la clé de la réussite. Croiser les  six paquets « Urbanisme, Numérique, Compétences locales, Durable, Participatif, Création » et les faire avancer ensemble est compliqué et si un Etat ou ses élus ne savent pas aujourd’hui mobiliser ou former des professionnels, aider à la décision des élus ou des fonctionnaires, le risque est grand que, rapidement, nos villes soient dépassées. Par qui et pourquoi? Parce que ces avancées ont déjà des challengers, les pays émergents, qui sont dans la course depuis une bonne dizaine d’années et iront très vite car ils ne connaissent pas certaines  pesanteurs (administratives, juridiques; poids de l’histoire, de la routine..) ou cette autosatisfaction qui freinent l’innovation dans les pays développés. Comme nous le développons souvent dans ce blog, il existe une bonne centaine de villes, départements ou régions en France qui ont franchi le pas. Espérons que d’autres collectivités, à commencer par l’Etat, très en retard sur le sujet, suivront ce chemin « Compétences et Expertise ».

En conclusion, et parce que le Tourisme Culturel n’est pas  un simple évènement qui pointerait son nez dans les politiques locales et qu’il a besoin de ce substrat d’innovation structurelle, voici une première approche du sujet, pour celles et ceux qui ont du mal à y entrer ou à s’intéresser à ces notions de Villes intelligentes.

– Notre source : pas encore d’ouvrage-clef chez nous, ou d’articles simples à vous conseiller, mais nous avons trouvé il y a quelques années un site Internet qui présente, y compris pour les néophytes, de très bons  exemples des démarches accomplies pour ces mutations de la ville. Il s’agit de « Bâtissons une planète plus intelligente »  une coproduction du groupe Le Monde avec l’entreprise IBM. Sur ce site :des vidéos, des interviews, des fiches claires, des « Pour en savoir plus » très nombreux vous permettront de rentrer dans le sujet sans aucune difficulté, par étapes. Voici donc un « petit parcours » que nous vous proposons à partir des différentes fiches disponibles et d’une une douzaine d’expériences concrètes choisies pour vous.

Londres, un nouveau quartier pour les J.O

Enfin pour aller plus loin sur le sujet il faut vraiment, à notre avis, quitter la France et passer du temps à analyser les stratégies des Creative Cities car, et c’est tangible en regardant le site d’IBM, nos villes intelligentes n’évoquent pas la culture et les industries créatives , comme le font les Creative Cities, et ne se concentrent que sur le trépied « Numérique+Ville+Durable ». Sans insister, comme le font les Creative cities, sur l’aspect « Création » comme levier de leurs modèles à la fois économiques et esthétiques.

Pour comprendre les Creative Cities, la tâche est assez difficile, autant vous prévenir : il vous faudra entrer dans la chronologie de l’appareil théorique créé depuis les années 90, aux USA, en Angleterre ou en Espagne et en Europe du Nord (Pays scandinaves). Soit des milliers de pages en langue anglaise que j’ai dû pour ma part lire, comprendre et digérer pour une expertise qui m’avait été commandée. Mais on sort de l’exercice avec une énergie nouvelle,  un regard neuf sur le tourisme culturel et des solutions efficaces pour sa mise en oeuvre.

– Les stratégies de ces pays sont en effet plus structurées et différentes des nôtres. Les choix politiques et stratégiques de chaque pays ou ville ont en effet été déterminés et adoptés dès la fin des années 90, et la France n’a suivi ces différents modèles que très partiellement. Une véritable ingénierie des Creative Cities s’est donc renforcée (USA, GB, Espagne et Pays du nord de l’Europe) et, visiblement, elle est  très sollicitée par les décideurs,  avec aujourd’hui ses « antennes » en Chine, en Corée ou dans les Emirats. Des villes-chantiers sont en train de pousser avec le regard et les méthodes « Creative Cities ».

– Cela dit, regardons avec curiosité ce qui se passe en France pour Bâtir une planète plus intelligente, pour commencer.

1- A Lyon, entre ville durable et un Living lab city : à quoi ressemblera la ville de demain ? Peut être à ces éco-quartiers, où l’on réinvente la façon de vivre, de travailler et de se déplacer ou aux « living labs », ces centres de démonstration de technologies nouvelles. Illustrations avec Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon.

2– Voir aussi le futur quartier de la Confluence en images de Lyon.

3- La ville, nouveau territoire du numérique ?  Après avoir conquis l’univers du bureau et la sphère domestique, les acteurs des technologies de l’information et de la communication vont plus loin…

4- Comment rendre les villes plus vivables ? A 35 ans, le jeune architecte danois Bjarke Ingels déboule sur la scène architecturale internationale, non sans un brin d’insolence. Ses idées innovantes mêlant architecture « passive » et participation du public, repoussent les limites du design dans le monde entier, de son Danemark natal, à New York.

5- Plaidoyer pour un activateur urbain et nomade sur les territoires de Plaine Commune (93), vitrine des savoir-faire, des richesses sociales, artistiques, culturelles, et amplificateur du développement.

6-L’espace public, ce nouvel objet du design L’espace public, plus que jamais, est un sujet de travail pour les responsables des territoires, des villes, des moyens de transport et… des designers.

7- Bordeaux, le digital dans la peau : La ville de Bordeaux développe son projet de cité digitale : un ensemble de services, d’équipements et d’usages innovants de l’Internet urbain.

8- Opéra et arts numériques : une rencontre féconde. De tous temps, l’opéra a été avide de nouvelles technologies. Aujourd’hui, ses stimulantes confrontations avec les arts numériques ouvrent de passionnantes perspectives.

Paris, une magnifique photo de Ronan Gousset!

9- Grand Paris, réinventer la ville-monde...et la vie de quartier En parallèle des grandes infrastructures urbaines du tracé du Grand Paris, des alternatives émergent, souvent issues d’initiatives locales. Révolution numérique et démocratie culturelle

10Paris a désormais un espace pour les cultures numériques, la Gaité Lyrique, l’ancien théâtre d’Offenbach : La Gaîté lyrique, version 2.0   Derrière sa façade XIXe, l’ancien théâtre parisien, qui a vécu des cycles de vies étonnants au gré des époques, propose aujourd’hui un espace remodelé.

11-  Un mobilier urbain plus intelligent, à l’image des Parisiens !( lundi 27 août Depuis quelques semaines déjà, du mobilier intelligent interactif fleurit ici et là dans les rues de Paris. Ces prototypes, accueillis par la Ville de Paris dans le cadre d’un appel à projets, pourront être testés par les Parisiens pendant six à douze mois. Durant toute l’expérimentation, ils pourront donner leur avis sur avis le site www.paris.fr.

12- Après un appel d’offre,  40 projets innovants ont été retenus Citons quelques exemples , concernant directement le tourisme : l’Abribus nouvelle génération installé place de la Bastille, qui fournit un fil d’information continue (par JC Decaux); le panneau à réalité augmentée, situé dans le square du Temple, qui met en valeur de l’information sur le quartier; la Velobox propose un mode de stationnement vélo sécurisé et compact; les potelets lumineux, sûrs et très résistants; le premier mât Twitter installé dans une ville et  la maquette numérique installée au Pavillon de l’Arsenal.La ville souligne ses objectifs pour les porteurs d’innovation qui y trouvent un terrain pour expérimenter et peuvent se confronter les uns aux autres. Pour les habitants et les touristes, qui peuvent participer aux décisions de la municipalité et donner leur avis sur les choix des années à venir. Pour la mairie, enfin, qui  y trouve l’occasion de développer une vision prospective des équipements et services qu’elle peut offrir dans un futur proche à ses concitoyens.

POUR EN SAVOIR PLUS : le site IBM/Le Monde, ici

– Pour Paris : Voir aussi « Paris dans 20 ans: Transport, logement, culture, gouvernance… ce qui va changer dans la capitale ». Les technologies irriguent tous les services urbains ou encore « A quoi ressemblera Paris en 2030 ? » .

D’autres bons articles pour les butineurs d’information, sur le même site:

Qui sont les Anonymous ? Par Frédéric Bardeau et Nicolas Danet,  co-auteurs de Anonymous, pirates informatiques ou altermondialistes ? et Surfer la vie… et comment survivre dans une société fluide ou encore A qui profite l’open data ? IBM a interviewé plus de 1700 dirigeants du monde entier dans 64 pays dont près de 100 en France – Google lance un guide vocal pour les cyclistes australiens- Pinterest et Instagram poursuivent leur croissance fulgurante (Los Angeles Times)

 

Make Art, not war!

KEN LE TOURISTE PARFAIT Ken avait accéléré le rythme et frôlait le Touriste Plus–Que-Parfait : la crise mondiale l’y contraignait. Plus de voyages, d’Affaires réussies, de palaces, de jets privés, de limousines de location, de dépenses, de luxe et au final davantage de retombées économiques après son passage. Moins d’états d’âme, de loisirs. Il sirotait son jus de tomate dans le fauteuil en cuir de son jet privé, et feuilletait ses journaux sur son iPad quand Barbie, son ex, l’appela :

« Ken, peux-tu faire un saut à La Réunion, en France ?

?????

Tu sais, ils ne veulent plus leur Musée d’Histoire de France, à Paris…Je suis en larmes. J’étais là juste les aider avec notre nouvelle fondation, la K§B Funds for Culture §Diversity ! Et ça tombe à l’eau…

Peut-être qu’ils ont trouvé mieux, ne t’affole pas.

Oui : ils veulent un musée de la véritable histoire de La Réunion, tu viens? Ce week-eeeeeend?

D’accord, mais à une seule condition, qu’un  lecteur de ce petit blog se dévoue pour nous dire si oui ou non le projet de la Réunion est en bonne voie…

Légendes des photos du billet, du haut en basCultures étrangères, Patrimoine, architecture, design : Le FICEP, Forum des instituts culturels étrangers à Paris, a été créé en 2002, au-delà des accords diplomatiques, avec l’objectif de mettre en valeur le rôle clef que les instituts et les centres culturels étrangers de Paris jouent dans la promotion de la diversité culturelle. La Semaine 2012 se déroulera du 21 au 30 septembre sur le thème « vie urbaine: patrimoine, architecture, design, voir le programme ici. Pour Le voyage à Nantes, voir aussi les choix de la Ville pour son urbanisme avec l’exemple-phare de  l’Ile de Nantes, www.levoyageanantes.fr un nouveau regard sur la ville », ici . Pour Londres, un nouveau quartier pour les J.O, en savoir plus ici.Pour Ronan Gousset, artiste photographe : ingénieur dans le BTP, Ronan est aussi un très grand photographe. Pour  Make Art, not War! de Speedy Graffito, acrylique sur toile, 150x150cm- Expo Graff the Peace, 13 sept. au 6 octobre à Paris, Opera Gallery, 356 rue Saint Honoré 75001-Infos  sur le site www.operagallery.com

Prochain article, la semaine prochaine : l’Office du Tourisme du Futur, quid de la Culture ?

(2 commentaires)

2 pings

    • kasimir.bisou on 3 septembre 2012 at 10 h 21 min

    Chère Evelyne, pas si vite, les villes créatives ont surtout besoin d’éthique plus que pratiques, car qui dit « villes créatives » dit guerre culturelle de tous contre tous ! Le rapport sur la culturet le grand paris est clair sur ce point : il faut être toujours plus attractif que le territoire voisin, (tu le dis toi même, pour ne pas être dépassé – c’est à dire menacé dans son existence par la compétition des autres ). Cest sans doute vrai, mais est ce souhaitable en terme de valeurs pour l’humanité ?? Est ce « le futur que nous voulons », comme on dit à RIo + 20 ?
    J’ai reproché cette approche agressive des territoires créatifs à monsieur Janicot, qui en a convenu comme ancien responsabe à l’Unesco.
    Il faudrait donc être plus prudent, rester vigilant sur l’éthique de toutes ces innovations. Les interroger continuellement (la palabre ) du point de vue de ce qu’elles apportent au « développement humain ». l’approche ABDH dont tu ne parles pas.
    Palabrer pour vérifier si le « faire du nouveau » conduit les personnes à disposer de « plus de libertés » , plus de capabiltés », « plus de responsabiltés » dans la construction collective du vivre ensemble.
    Sinon, créative veut dire course à l’armement culturel !! dans un cadre concurrentiel incontrolable.

    Mais tout cela est dans le petit livre « culture et développement durable : il est temps d’organiser la palabre » que l’irma a bien voulu publier<

    Bien amicalement
    jm Lucas

  1. « Pas si vite », alors que je tente d’expliquer que nous sommes très très en retard sur un calendrier international qui est le suivant : les Creative Cities – développement d’un volet culturel pour l’économie,l’urbanisme, avec les compétences locales – existent réellement depuis les années 2000, conçues et développées depuis les années 95 au Royaume Uni ou aux Etats-Unis, en Espagne (Bilbao, dont le musée n’est qu’un apport au reste) ou dans l’Europe du nord? Je ne pense pas non plus que ces pays aient fait l’économie du Durable, de l’Ethique, des valeurs les plus précieuses de la démocratie, car ils sont champions toutes catégories pour en parler des heures dans les grands colloques internationaux sur les CC ou la culture. Seulement voilà, la France n’y est plus invitée : pas d’exemples de CC à y présenter…Ce n’est pas grave. Mais faut-il pour autant convoquer des Sages, des Experts de l’Ethique, des Commissions, débouchant sur des Groupes de Travail, de Pilotages, Sous-Commissions, Ateliers, puis Rapports, Colloques… avant de commencer quoi que ce soit en France? Est–il aussi urgent de ne rien faire? Vincent Peillon aurait-il été grossier, inconséquent, léger, imprudent s’il n’avait pas commencé par un retour à ce devoir de Morale la semaine dernière? Je pense que non, il ne faut jamais soupçonner des fautes « a priori » et mettre des garde-fou partout. Il faut faire confiance. Moi, pour l’éducation nationale, j’aurais préféré qu’il parle de notre pauvre rang de « bons derniers » aux divers classements européens, et comment arriver à faire un petit peu mieux…Très viiiite! Les enfants souffrent, les profs souffrent, les parents souffrent, les débouchés souffrent. Donc, très vite. Mais cela n’engage que moi et mes convictions, à vous d’inventer d’autres solutions! A vous la parole. Et merci au plus gentil des hommes, Jean-Michel Lucas, d’avoir ouvert le débat! 🙂

  1. […] 5) LES TERRITOIRES, le développement et le NUMERIQUE :  car plutôt que de penser trop court en vous demandant quelle sont les bonnes « apps » du moment, il faut penser globalement le musée, le monument ou le festival dans leur contexte (économique, politique, urbain, rural, etc…) et le développement local . Des exemples dans notre article  Batissons une planète intelligente. […]

  2. […] artciles plus généraux sur la gouvernance : Le Tourisme culturel de demain ; Bâtissons une planète plus intelligente; Création et Tourisme en France; Villes et Campagnes […]

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