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Chiffres clés : financements culturels en France, 2019

Comme promis, nous terminerons aujourd’hui ce chapitre du bilan culturel 2018 par les financements de la Culture, avec les chiffres–clefs publiés cette année par le ministère de la Culture et de la Communication.
– Rappelons les bonnes nouvelles  pour 2018, détaillées dans mon billet de la semaine dernière  :  « Une fréquentation exceptionnelle des sites muséaux et patrimoniaux ; un vrai dynamisme du spectacle vivant, une progression des dépenses que les Français consacrent aux sorties culturelles (+6 %) ». Signalée aussi, sans surprise, la hausse spectaculaire des consommations culturelles en ligne, avec une offre culturelle toujours plus abondante et internationale et un appétit de tous pour pour une culture ouverte, diverse et qui se transforme sous l’influence des technologies et des usages numériques.(Notre tableau ci dessus: au beau milieu de la production et vente de tableaux, une belle toile de  Willem Van Haecht, Peintre et Conservateur néerlandais qui travailla de  1608-1637 (104,9 cm X 149,5 cm). La toile est  nommée « Atelier Van Appelles Campaspe » (Photo Wikipedia, CC BY -SA 3.0).    

I- LES CHIFFRES-CLÉS DU FINANCEMENT DE LA CULTURE
A- LES SOURCES DE FINANCEMENT
1- LE SECTEUR PUBLIC ,  l’Etat et les Collectivités territoriales  avec les Régions, Départements et les communes et leurs groupements ; les départements et régions ont cependant moins  de compétences en matière culturelle que les communes, mais ils se rattrappent, ces dernières années, avec  celles du numérique, bien plus importantes qu’il y a dix ans.
2- LE SECTEUR PRIVÉ, soit les ménages (vous et moi…) et les entreprises.
Ces financements sont aussi soutenus par des dépenses fiscales (1,5 milliard) et certains taux réduits de TVA (Presse, nouvelles création artistiques, livres, cinéma, marché de l’art, etc… )
– Le mécénat culturel des entreprises et particuliers représente 25% du mécénat en France, lequel  était évalué à    2 milliard€ en 2017) ; cependant  les chiffres disponibles varient pour la culture en fonction du périmètre (L’Admical,la plus fiable,  anonce des chiffres pour « patrimoine et culture » en 2018, utilisant les chiffres de 2017).

B- VOLUME et attribution des financements
1- FINANCEMENT PUBLIC :17 milliards (3,6 +4,4 +8,7, voir ci-dessous )
Le ministère de la Culture promet 3,6 milliards en 2019, les autres ministères contribuant pour 4,3 milliards, 60% de cette somme venant du ministère de l’Education nationale.
Pour ces « 3,6 milliards du ministère de la Culture, plus d’un tiers (1,2 milliard) subventionne ses 70 opérateurs culturels (Etablissements publics et services de compétences nationale), et la moitié de la somme est absorbée par 6 établissements : Bibliothèque nationale de France, Opéra de Paris, Musée du Louvre, Universcience (Cité des sciences et de l’Industrie  de La Villette et Palais de la découverte,  pour les intimes) INRAP (Institut national d’archéologie préventive) et Centre Georges Pompidou. Tous à Paris! Vous avez dit « centralisation »?

2) LES AUTRES MINISTÈRES contribuent, au niveau de l’Etat avec 4,4 milliards d’euros, comme suit  :
Le ministère de l’éducation nationale avec donc 60% de cette somme (Education artistique et culturelle ; personnels; sorties scolaires, ateliers de théâtre ou options culturelle…) ;
Le Ministère de la Recherche finance les 140 bibliothèques universitaires, éducation artistique et culturelle, rémunération des professeurs d’art…)
Celui des Affaires étrangères finance toutes les actions de coopération culturelle à l’étranger, les 492 établissements scolaires à l’étranger, et contribue au fonctionnement des 380 alliances françaises et bureaux de l’Institut français.
Le ministère de l’Intérieur finance la décentralisation des bibliothèques (88M€ en 2019). D’autres ministères financent leurs propres musées nationaux (Marine, Armées aux Invalides, Air et Espace au Bourget …) ou des actions cofinancées (Agriculture, Cohésion des territoires et politique de la ville).

3) LES AUTRES COLLECTIVITÉS territoriales publiques  : villes et leurs groupements, régions et départements dépensent 8,7 milliards (Chiffre 2017), soit 131 euro par habitant. La plus grande partie (80%) étant celle des communes, qui ont plus de 80% des compétences culturelles, (Livre, lecture, éducation artistique, sites et événements culturels…)

II- PROFESSION CULTURE ! On compte plus d’un million d’emplois : 595 100 e professionnels et 635 000 actifs d’autres métiers (administratifs, comptable..) , actifs qui travaillent  dans les différentes filières culturelles.  On entend par professionnels les artistes, régisseurs, journalistes, écrivains, architectes, vidéastes , cinéaste, conservateurs du patrimoine, directeurs de sites et organismes culturels et leurs équipes, mais aussi les artisans d’art et stylistes de mode (Voir les nomenclatures sur les Chiffres-clefs).
Tout le monde culturel est-il à Paris ? Pas encore, mais une forte inégalité perdure, pour la répartition territoriale, comme pour le nombre de sites et d’évènements culturels, et pour les subventions. Constatons  que presque 40% des professionnels travaillent en Ile-de-France, région qui ne compte  pourtant que 20% des habitants de notre pays (Plus de détails en suivant les publications et conférences de  l’excellent Jean-Michel Tobelem, dont  » La Culture pour Tous » de 2016.  Et  plus de chiffres dans les chiffres-clefs,  ici)

Le prêteur et sa femme, par Quentin Metsys, 1515 . Parfois appelée le Peseur d’or et sa femme, ou le Banquier et sa femme, conservée au Louvre. (Photo Wikipedia, CC BY -SA 3.0)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III- LES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES STAGNENT…Malgré ce dynamisme des pratiques, le poids économique direct de la culture ne progresse plus depuis 2013, et, en baisse régulière depuis 2003 où elle valait 2,5 %, , le chiffre s’est stabilisé autour de 2,3 % de l’ensemble de l’économie. En 2017, le poids économique direct de la culture, c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles, était  de 47,5 milliards d’euros.
Comment mesurer le poids de la culture dans l’économie ? est, depuis la grande étude des années 2007, hélas non poursuivie une pratique trop rare en France . (Source : Comment mesurer le poids de la culture dans l’économie ? Laure Turner, Deps Coll. Culture chiffres, 20 p., mai 2019)Voir ICI le résumé page 12 à 18.

IV- INVESTIR DANS LA CULTURE ? La dernière étude que j’ai lue, « Investir dans la Culture », est italienne et concerne l’impact économique de 14 évènements culturels italiens ; elle a été  réalisée par Rsm-Makno/ Italia-Confcommercio . Leur conclusion, pour encourager le mécénat : « un euro investi dans un événement culturel génère 2,65 euros dans l’économie locale et un important impact social (emplois, mais aussi énormément de valeurs non chiffrées : lien social, valeur, convivialité, communication, différenciation, éducation……). Voir le résumé des résultats de cette étude , ici .
« Le patrimoine seul ne suffit pas à créer du développement »(Conférence Ag/Cultura, bras armé de leur presse culturelle institutionnelle, 13 juin 2019),  disent aussi les italiens, qui ont cartographié leur pays avec :
-les régions et départements « très culturels » qui ont des offres déquipements /événements » matures » et n’ont guère besoin d’ingénierie (7 provinces, soit 9% du territoire) )
– les zones moyennes qui auraient besoin d’améliorations (18 provinces, soit 15% du territoire)
– celles qui « malgré la cohérence du patrimoine culturel, restent encore « en sommeil » dans la gestion et le développement culturel.
– Leur conclusion insiste sur les valeurs sociales de la culture:   « C’est grâce à la culture qu’est définie et construite l’identité d’une communauté avec ses transformations sociales, économiques et environnementales. C’est avec la culture que se construit l’avenir. Le Troisième Secteur créatif joue un rôle important dans la définition de nouveaux modèles de développement capables de lutter contre les inégalités territoriales et de générer du développement et de l’emploi, en particulier dans les régions où vivent les personnes les plus fragiles de notre pays  » , dit Maurizio Mumolo , directeur du Forum national du tiers secteur. En France,

En conclusion, nous manquons,  en France, d’observation et d’étude de ces retombées, comme le font les anglais, par exemple, pour améliorer leurs offres chaque année. Le Nord de la France est l’une des rares régions à bien communiquer l’impact des événements culturels, par exemple :
– Lille 3000 : 1.597.000 participants, et près de 150 millions d’euros de retombées,
– Le Main Square Festival d’Arras : 125 000 visiteurs, 1 million d’euros de retombées.

Avenir à court terme : pour le Mécénat, une nouvelle  loi est en préparation, en France, suite aux abus constatés qui étaient rendus possibles grâce à la loi précédente : sur 70 000 entreprises, une trentaine seulement bénéficiaient des trois – quarts des allègements fiscaux, évidemment de  très grosses entreprises. Par exemple, le musée de la  Fondation LVMH ( appartenant à  Bernard Arnault, milliardaire ) a été très soutenu par de l’argent public, à hauteur de 60% et  coûté sept fois son coût prévisionnel. Mêmes désordres pour les « contreparties du mécénat », qui peuvent atteindre 25% du don et servent souvent à des entreprises à redorer leur blason, (Expo sur le Guatemala au Quai Branly en 2010; double expos  Vuitton au Grand Palais en 2015, dont l’une entièrement « publicitaire »; don du photographe coréen (2, 5 millions) qui était en fait un criminel – jugmentt en cours,  au Château de Versailles en 2014 . Enfin le financement privé de type sponsoring philanthtopique est aussi combattu par la société civile  et le  collectif PAIN (Contre  Total pour les JO 2024 ou contre Sackler(Le Louvre, Londres, le Musée Guggenheim de New York…). Mes sources : France- Culture, la bonne émission du 24 juillet 2019:  « Soixante ans après Malraux, la privatisation de la culture ».  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Changeur, de Rembrandt (1606-1669), appelée aussi « The Rich Man » ou « La parabole du fou riche »! 31,9cm X 42,5 cm Gemäldegalerie ,  Berlin. L’ oeuvre a été peinte entre 1625 et 1669. (Photo Wikipedia, CC BY -SA 3.0)

MES CONCLUSIONS 
Quel nouveau modèle économique inventer quand chacun accède à sa musique ou sa  série préférée dans le creux de sa main ? Dans le grand bouleversement numérique en cours, les secteurs de la culture sont encore nombreux à chercher un modèle économique qui assure une rémunération juste de l’ensemble des acteurs (auteurs, éditeurs, distributeurs, diffuseurs physiques et numériques).
– Et , par exemple, comme le disent les Chiffres-clés du ministère, « la musique enregistrée tire, pour la première fois en 2018, majoritairement ses revenus de la musique en ligne, ce secteur est loin d’avoir retrouvé les conditions économiques qu’il connaissait avant le tournant numérique, malgré des consommations musicales en hausse constante« .   Ajoutons que si la multiplication des  concerts compensent, par exemple, la baisse des ventes de la musique enregistrée, la concurrence mondiale devient de toute façon  un très fort frein au développement. Un seul chiffre : 60% de l’ensemble des revenus de billetterie mondiale de la musique sont réalisés par 1% des artistes sur scène. En 1982,les billetteries de concerts-phares de stars ne représentaient que 25% des recettes….

Ajoutons pour conclure,  en citant l’excellent Michel Guerrin (Le Monde), que nos  Festivals, souvent sous statut d’ associations Loi 1901 à but non lucratifs, doivent faire face  à des Festivals « organisés par les multinationales de l’industrie musicale comme AEG, Vivendi ou Live Nation, qui, avec un nombre d’artistes sous contrat et des moyens colossaux, ne facilitent pas la vie aux autres festivals »
Le défi pour les politiques publiques sera donc  d’accompagner l’évolution en cours – du web à la concurrence de nouveaux acteurs du monde…- et de veiller à ce que la valeur économique créée par cet appétit de culture bénéficie à l’ensemble des acteurs de ces secteurs et des habitants qui en sont souvent les financeurs.

POUR EN SAVOIR PLUS
– Les Chiffres-clés 2019 du Ministère de a Culture ont été co-édité par le Ministère de la Culture, Département des études, de la prospective et des statistiques et les Presses de Sciences Po.
ISBN : 978-2-72-462425-06 14 € [parution le 13 juin 2019]
– OÙ trouver ces chiffres-clés ? Suivre le lien du Ministère de la Culture, Département des études, de la prospective et des statistiques / (En vente en version papier aux  Presses de Sciences Po, 13 juin 2019, 14 €) , et sur ce liens vous pourrez télécharger tout ou partie des résultats.

L’impact économique de la culture : réel défi et fausses pistes Par Emmanuel Négrier et Marion Vidal Pour la revue Economia della Cultura n°4, 2009, p.487-498 Il Mulino (11 pages)  – Étude nationale des retombées économiques et sociales du patrimoine, géniale étude , en 26 pages, ICI 
–  Quand la France se « festivalise », Chronique du journal le Monde de Michel Guerrin, 13 juillet 2019 ou encore, sur les dérives du mécénat actuel (Depuis la possibilité de voir votre nom en lettres dorées comme donateur ( pour les Ego surdimensionnés!) au milliard que coûte chaque année aaux finaces publiques  la défiscalisation  du mécénat.
– ET MON PETIT PPT 2017 ! Renforcer les Synergies entre patrimoine, culture, tourisme de l’ATELIER : RETOMBÉES ÉCONOMIQUES de la CULTUREImpact et activités économiques d’un équipement culturel, pour la Région Occitanie-Toulouse, Cité de l’Espace, 25 septembre 2017 Evelyne Lehalle, Nouveau Tourisme Culturel
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Ken  et ses anciennes photos de vacances : ici à Angers, à l’expo Manufactures Nationales et création artistique (2010!)

KEN LE TOURISTE PARFAIT était-il encore au travail, déjà en vacances ou de nouveau au travail? Celles et ceux qui me font l’honneur d’aimer ce petit blog depuis des années  connaissent  la réponse ! Car  notre Touriste « parfait » est devenu leru ami, ce chevalier ,  sans peur et sans reproche, comme un certain  Bayard, Pierre Terrail de son vrai nom. Ken portait donc haut les valeurs de la chevalerie française de la fin du Moyen Âge, à Los Angeles, en 2019. Une des devises du Chevalier Bayard était « Accipit ut det » : il reçoit pour donner ! Ce petit blog de Ken a la même devise, alors, envoyez des idées, partageons et réfléchissons tous ensemble, mes amis !

Á LA SEMAINE PROCHAINE,  MES AMIS,  ET PROFITEZ BIEN DE LA VIE EN ATTENDANT :-)))

(1 commentaire)

  1. Félicitation pour cette synthèse, vos articles sont une aubaine ! Nous proposons de décaler nos regards des seuls grands musées, pour mettre à l’honneur #touslesmusées, dans les 12 langues les plus parlées, catégorisés, géolocalisés, la refont du site est pour fin 2019.

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