Révolution dans le Tourisme

Après notre  Révolution dans les musées américains,  en novembre dernier, voici une vraie, une grande, une belle révolution du tourisme social qui a lieu en France, grâce à une nouvelle pépite, Les Oiseaux de Passage. Cette plateforme rassemble le meilleur des stratégies et objectifs touristiques en quelques actions exemplaires. Les voici et, comme à mon habitude, ce billet ne visera pas à l’exhaustivité mais contribuera à re-situer le tourisme dans les sociétés avec son rôle « culturel » : donner envie d’ailleurs et de voyage, envie de rencontrer l’autre, son environnement et ses façons de vivre. Grâce à une interview de Prosper Wanner, ingénieur qui a fortement participé à leur envol et continue à les suivre en participant activement à leur développement, vous allez tout savoir, ou presque ! Un grand merci à vous pour notre entretien sur les Oiseaux, Cher Prosper!

LES OISEAUX DE PASSAGE,  présentation
Les Oiseaux de passage proposent une autre manière de voyager en privilégiant l’échange et la rencontre entre habitants, professionnels et voyageurs, d‘humain à humain.
Les Oiseaux de passage est le nom d’une plateforme coopérative de voyage, dont le but est de répondre à la forte demande des acteurs de terrain, en France et à l’étranger, qui peuvent disposer d’un outil permettant de lier leurs offres, entre eux,  et de mettre en récit leur destination pour développer son attractivité.
C’est aussi une coopérative , qui rassemble et grossit à vue d’oeil, si j’ose dire, avec une ou deux collectivités qui les « rejoignent chaque semaine dans cette aventure coopérative » (Voir ici les participants!), précise Prosper Wanner. Car le voyage peut être une formidable fabrique de liens en proposant un tourisme alternatif au Tourisme industriel grâce à un  nouvel écosystème entre les acteurs et partenaires locaux : hébergeurs touristiques, collectif d‘habitants,  hôtels, gîte ruraux,  prestataires de loisirs, producteurs locaux, artistes, parc naturel, sites de visite… Tous sont des « Passeurs de voyages » issus du tourisme, de la culture et de l’économie sociale et solidaire, qui proposent :
Des offres qu’ils produisent en ayant fait le choix de la coopération pour faire découvrir leur destination et conseiller les voyageurs > devenez passeur de voyage 
Un outil pour co-construire et partager les voyages avec sa famille, ses amis, sa classe… > pourquoi voyager avec nous? 
Des histoires, des destinations et des itinéraires à suivre racontés par les Passeurs > la fabrique d’histoires et de voyage 
La plateforme repose sur trois piliers :
+ Mettre en commun : grâce à un réseaux de voyageurs, Les Oiseaux de Passage font le choix de la communauté et de la coopération.
+ Retrouver le « plaisir de voyager » le plaisir de l’échange lors d’un séjour
+ Être en phase avec son temps : avec une réponse collective à l’évolution des modes de voyage et des usages du web.
UNE VIDÉO pour voir tout cela ?

Pour un autre voyage, LesOiseauxDepassage.coop from SCIC Les oiseaux de passage on Vimeo.Lien de la vidéo en clair, au cas où… https://vimeo.com/363263437

I- COMMENT LES OISEAUX DE PASSAGE SONT-ILS NÉS ?
Les Oiseaux de Passage sont la suite, élargie aux territoires français et étrangers, d’une expérience similaire, le fameux Hôtel du Nord à Marseille, qui inspira aussi les Hérons que nous vous avions présenté le 31 octobre dernier (Contacts : Mathias Mary et Sylvie Huron).                                                                        Depuis 2010, Prosper Wanner est un peu l’âme des Oiseaux,  puisqu’il était Sociétaire gérant de la coopérative d’habitants du projet Hôtel du Nord (tourisme culturel dans les quartiers nord de Marseille).

– Soulignons son parcours et son expérience pour le tourisme social, l’économie alternative et solidaire et l’éducation populaire depuis 1995. Aujourd’hui Prosper est Expert auprès du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (convention de Faro ) et Consultant indépendant auprès de villes et européennes (Venise, Forlì, Pilsen ; Citiz, Associazione aree urbane dismess ou la SA coopérative France Auto Partage).J’ai eu la chance de lui poser plein de questions et ai donc résumé ses réponsees dans ce billet.(Ci-contre, les Oiseaux de Passages ont été le coup de coeur des prix de l’économie sociale et solidaire, en 2019)

Quelles compétences demande le Tourisme social, aujourd’hui ? 
A des connaissances du Tourisme social et solidaire et des Coopératives, il est indispensable de bien connaître le « terrain » où l’on veut fédérer des centaines de bonnes volontés. Bien connaître les habitants car on ne peut pas « faire semblant », dans l’économie sociale et solidaire, et encore moins imposer un choix puisque tout le monde est partie prenante. Il faudra savoir regarder, écouter, apprendre les « Communs » à tous pour produire des offres, qui seront mutualisées en ligne, sur une plateforme.
Quelle plateforme ?
Une plateforme en ligne, en open access, sans barrière, où l’on pourrait faire se rencontrer une offre et les internautes en quête d’authenticité, de ces récits qui racontent le paysage et l’histoire des lieux.
• Ce « Sans barrière » est très confortable : contrairement aux plateformes du tourisme classique, on vous donne tous les contacts dont vous avez besoin, directement, et vous n’avez donc pas à les chercher « ailleurs » ou à changer de page, ou à revenir sur vos pas (car vous avez l’impression  que vous avez zappé les contacts!), au risque de vous perdre sur le web… Disposer de contacts directs est toujours plus rassurant (hébergements, activités, services…). Allez visiter la plateforme, vous testerez vous-même !

  • Peu à peu, le projet s’est enrichi par des voyages et des rencontres, avec la profession d’agent touristique, avec (SCOP Ekitour, une agence de tourisme social) ou avec les valeurs du directeur de l’Auberge de jeunesse de La Rochelle et ses expériences de Tourisme Social et Solidaire (Dont les expériences à La Rochelle qui, fait en ce moment 28 et 29 janvier –  un colloque sur le sujet de l’Economie sociale et solidaire avec l’ UNAT et la région Nouvelle Aquitaine.
    – Puis il fallut choisir des solutions numériques, qui ne sont pas neutres, et investir plus de 300 000 euros pour la réalisation de la plateforme. La réalisation pouvait commencer !

II-PRODUIRE EN COMMUN : faire ce que ne font pas les autres !
Entre le Voyage « All inclusive (tout compris) et le voyage entièrement fait main, seul sur Internet, il y avait une place, nous a dit Prosper Wanner au cours de notre entretien. L’idée fut donc d’abord concrétisée sur les territoires des quartiers au nord de Marseille, en dégageant un intérêt commun lors de rencontres avec les habitants pour définir les différentes étapes de leur éventuelle participation : accueillir les visiteurs ; échanger ; quel récit leur proposer ? Pourquoi il ne faut pas distinguer les touristes des autres voyageurs, etc… Certains habitants acceptaient d’héberger gratuitement, d’autres non, mais tous furent sensibilisés à des modes de production en commun. Une forme de collectif, de communauté « oiseaux » s’inventa, loin, une fois encore, des rites et pratiques du tourisme classique. (Notre photo : Prosper Wanner).
200 personnes participèrent pendant un an à ces ateliers en France et en Italie. Des exemples : sur la plateforme, (lien et copie/écran) faire ce que les autres ne font pas, c’est ne pas plonger le voyageur dans l’angoisse dès son arrivée en affichant « 3 personnes sont en train de regarder cette offre », comme le font, pour vous mettre la pression, les Tours Opérateurs ou commerciaux du voyage.
La plateforme, aujourd’hui, est le résultat de ces recherches et de l’invention des « récits » qui racontent les quartiers, en évoluant de façon collective avec ses participants, associés.

III- L’EXIGENCE DE QUALITÉ, enfin, est le  socle commun pour qui veut adhérer au projet : la professionnalisation – avoir un métier, être déclaré, payer ses impôts.. ; l’adhésion aux principaux axes du Tourisme social et solidaire (Hospitalité ; accueil et partage ; récits et Droits de l’homme ( Dignité ; rémunération du travail, protection sociale, libre circulation…). Avec les récents Droits culturels (Dignité, accès, diversité), toutes ces chartes sont le cadre éthique et organisationnel des Oiseaux de Passage.

IV – LES MODÈLES ÉCONOMIQUES sont ceux des modèles et principes coopératifs et se réfèrent aussi à l’éthique de la fameuse Convention de Faro et aux droits culturels ou au travail de l’Europe sur la diversité.
À Marseille, la coopérative a pris un abonnement collectif. Ses membres décident ensuite de comment répartir le coût entre eux.
Certains participants , comme la Vallée de la Roya, prennent chacun un abonnement mais proposent aussi des activités gratuites ; les « rémunérations » du collectif sont donc à la carte, selon votre degré d’investissement et de contribution : 9 euros par mois si vous savez chercher et proposer des idées de sorties, de concerts ou autres événements ; un peu plus si vous vous occupez de chercher des hébergements ; et 50 euros par moins pour des hôtels, par exemple, qui ont des frais importants.

V- UNE SCIC ! L’organisation interne reflète l’ensemble des tâches de mutualisation et une vocation à être un peu une « coopérative de coopératives extérieures ». Par exemple un comité réfléchit et produit des idées sur le Voyage de Groupe, au-delà du marketing territorial ou des questions environnementales. La SCI comporte trois collèges, celui des Producteurs qui est majoritaire (Réseaux locaux et nationaux) ; celui de la Diffusion (Agences et Comités d’entreprises, par exemple) et celui de la Recherche, très actif sur les sujets–clés (enjeux numériques ; Droits de l’Homme; Data et droits de propriété ; libre circulation…) ; un avocat apporte son expertise juridique à la SCIC, pour les montages d’entreprises comme au quotidien. Par contre, et cela est étonnant, l’équipe ne compte que deux salariés pour la coordination, toutes les tâches étant réalisées au plus près des lieux où elles sont exécutées, et non centralisées vers une direction « par en haut ». Normal, me direz-vous, pour un projet qui respecte les Communs !

VI – LES OISEAUX de PASSAGE, concurrents de l’économie traditionnelle du tourisme ? L’expérience doit « grossir, en France », mais aussi à l’étranger. Chaque semaine, nous l’avons dit dans la présentation, de nouvelles collectivités ou pays, à voir ici, rejoignent les Oiseaux de passage. (Liste, ci-contre, de celles  qui peuvent raconter leur adhésion)Et se développer pour que chacun puisse créer son propre voyage, payer en ligne ou encore bénéficier d’énergies douces pendant tune promenade…Mais on peut imaginer que les partenaires vont se multiplier, et divers mouvements du tourisme collaboratif se fédérer. Aujourd’hui, changer les projets venus d’en haut en prenant le parti du récit, de ce que les gens ont à dire, à raconter, et offrir l’hospitalité à tous est un désir partagé, en particulier par le vaste mouvement des communs.
Enfin, même si ces Oiseaux de Passage sont éblouissants, on sait bien, aussi, qu’ils ne sont pas une « concurrence du tourisme industriel qui a et aura toujours ses adeptes : primo-visiteurs étrangers, dont la seule motivation est de visiter rapidement (7 jours pour toute l’Europe !) les « phares » culturels (Mont-Saint-Michel ou Statue de la Liberté) ; ou Tourisme d’Affaire, qui se concentre sur des Palais des Congrès ou des visites de terrain, des réunions financières ou autres « obligations » qui ne laissent aucun « loisir », ou presque, comme vous le, démontre Ken le Touriste parfait depuis 550 billets de ce petit blog…

CONCLUSION :  Marier « Tourisme » et « Communs » est à mon avis la piste la plus séduisante aujourd’hui car elle inclut les notions de développement durable et s’enrichit des forces et compétences de toutes les collectivités, de tous les habitants ou travailleurs qui ont envie de participer. Par rapport à l’industrie touristique classique, avide de marketing ciblé, de gains rapides et de retombées économiques, ce tourisme social ne pourra connaître le risque d’ubérisation, ni celui d’un tourisme trop standardisé, formaté. Il peut aussi, par la personnalisation des « récits » qui composent son offre, faire de chaque destination un moment intime, d’émotion et de rencontre.
– Pour arriver à ce résultat « idéal », les acteurs des OISEAUX DE PASSAGE ont tout observé à la loupe, très sérieusement, avant de prendre leur envol. Ils ont décidé d’éviter au touriste social un parcours du combattant : réservation compliquées ; trop d’intermédiaires…Ou le contraire, ce « Je fais tout seul mais je risque de rater un truc ». Leur crédo, « altérité et réciprocité » ,  leur a aussi servi à éviter toute déconvenue en matière d’hospitalité. Ils ont à cœur de qualifier les offres et que leurs hôtes s’y retrouvent financièrement. -Comment ? Grâce aux nouveaux usages numériques et au choix de ce qu’il y a de mieux dans l’expérience touristique, mais grâce au talent de se acteurs, qui savent fédérer, mobiliser, faire travailler ensemble des forces différentes (habitants ou experts ; trois ans de co-construction ; 33 communautés d’hospitalité déjà présentes sur la plateforme en six mois ; 600 lieux d’hospitalité, 1000 chambres (hôtels, AJ, gîtes, chambres d’hôtes).
Cette révolution est donc passionnante, née avec les Greeters (Visite faite par des habitants « volontaires » dès 1995 aux Etats –Unis) et initiée en France il y a plus de dix ans,  et dont ce petit blog avait témoigné grâce à mon amie Sylvie Huron, pionnière avec Les Greeters de Nantes!
Aujourd’hui cette révolution fait à nouveau un pas de géant, car le tourisme social et solidaire propose le meilleur du Tourisme, de la Culture et du Numérique!

POUR EN SAVOIR PLUS
– Le lien de la plateforme : https://lesoiseauxdepassage.coop
-L’ Actualité des Oiseaux de passage, sur la plateforme .
CONTACTS :Contacts : Siège social : 6 bis rue Albin Haller – ZI République 2 – 86000 POITIERS- Tél. : + 33 (0)6 28 51 49 63 Skype : csimonneau@lesoiseauxdepassage.coop
Deux acteurs importants, tous deux Co-gérants de la SCIC Les oiseaux de passage, que je remercie très sincèrement pour leur accueil et leur participation à cet article !
Prosper Wanner, Co-gérant de la <pwanner@lesoiseauxdepassage.coop> – SCIC Les oiseaux de passage & SCIC Hôtel du Nord- +33 6 48 96 65 98
Clément Simonneau <csimonneau@lesoiseauxdepassage.coop> Clément SIMONNEAU,Co-gérant de la SCIC Les oiseaux de passage- 319 Chemin des côtes, 38380 Saint-Laurent-du-Pont
Voir Clément sur cette chouette vidéo ! Vidéo : https://youtu.be/HzPHNhusFos                                                                      ♥ Et notre photo, à gauche, c’est Clément!
Les oiseaux de passage & FairBnB
En janvier, notre coopérative est mise en avant par les revues Alternative Économique dans l’article « Le tourisme peut devenir collaboratif et responsable », WeDemain « Fairbnb, une riposte éthique à Airbnb » et Géo « Des alternatives éthiques à la plateforme de location Airbnb » … FairBnB est une plateforme coopérative de voyage qui propose une alternative éthique à AirBnB. Depuis plusieurs mois maintenant, nous étudions les coopérations possibles entre nos deux plateformes de voyage : interopérabilité, communication, communautés, modules de développement, etc…

– Télécharger le livret « Passeur de voyage » 2019
– Télécharger le dépliant « Voyageur« 2019, excellent !

– Des images pour vous inspirer ou faire un article ? Ici!

-Bon article de Presse , sur France Active.

  • TOUS LES TEXTES DES DROITS  : Droits culturels, Convention de Faro, Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle ; Droits sur la Liberté de création, et Droits de l’Homme : la Ligue de l’Enseignement de la région Nouvelle Aquitaine a fait un petit dossier hyper bien, le voir ICI!

– Une rencontre en ce moment , à La Rochelle : le COLLOQUE UNAT – « TOURISME SOCIAL ET SOLIDAIRE : ACTEURS ENGAGÉS DU 21E SIÈCLE ». Voir le programme . Et voici l’affichette:

  • LE MOUVEMENT DES COMMUNS en France,  porté par des acteurs culturels de premier plan : Michel Briand à Brest (Brest en communs) et, que vous pourrez mieux connaitre ici car il fait part de son expérience ( Forum des usages coopératifs et de réseaux associatifs comme Vecam, Savoirscom1, la Coop des communs ou plus informels comme les Assemblées des communs, l’archipel des formations Animacoop ou la la P2P Foundation) . Silvère Mercier, avec son travail sur les savoirs communs et les bibliothèques, est aussi passionnant (L’avenir en communs)/ et le blog de  Calimaq,S.I.Lex, un grand classique, avec un article de sa dernière intervention au CNAM : « Les Communs, source de nouveaux usages? » 
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Ken et sa nouvelle Bugatti à pédales

Ken a décidé d’arrêter la moto, trop polluante. Môssieur roulera désormais en voiture à pédales…Une Bugatti, tout de même 🙂

KEN LE TOURISTE PARFAIT  revenait de l’un de ses tours du monde hebdomadaire. Tout en sirotant un cocktail que venait de lui apporter Barbie Chérie, il regardait, ravi, ses photos : ses palaces de Hong Kong, , ses dîners  sur les Roof top d’Abu Dhabi, ses jets privés pour le retour, avec un saut à Londres. Il avait aussi gagné tant d’argent et laissé de telles retombées économiques, partout sur son passage, qu’il se sentait l’âme d’un bienfaiteur, souffla-t-il à Barbie. Et si tu mettais tout ton argent en communs,Ken? Lis le billet du jour, sur les Oiseaux de passage! lui répondit-elle. « Pas question : ces deux garçons, le Prosper et le Clément,  c’était qui, ces deux-là?« 

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