Déc 02

Airbnb et le Tourisme créatif

photo-zenOn ne présente plus Airbnb, plate-forme mondiale de l’hébergement « chez l’habitant », aimée par les touristes et détestée par les opérateurs historiques (Agences de Tourisme, Hôtels…), les Villes (New-York, Berlin, Paris, Barcelone, qui ont pris des mesures d’interdiction …) ou les Services des Impôts.
Valorisée aujourd’hui à 30 milliards de dollars, la petite start up née en 2008 compte aujourd’hui plus de 3 millions d’annonces de logements dans 34 000 villes et 191 pays pour cette année 2016. Et elle est donc rapidement devenue hors-la-loi , comme de nombreuses pépites qui ont bousculé tous nos usages,car aucune loi n’avait prévu les disruptions des usages numériques, leurs nouveaux métiers et modèles économiques. Les professions « historiques » sont donc en train de regagner la partie  » à prestations égales, impots égaux », aujourd’hui. Diverses taxes, avec de nouveaux trains législatifs, commencent à tomber sur Airbnb.

AIRBNB ET SES NOUVELLES DESTINATIONS
Brain Chesky, pdg d’Airbnb, avait sans doute prévu tout cela (amour et détestation, procès et rattrapage fiscal…) depuis longtemps. Il a annoncé le 17 novembre dernier ses nouvelles  diversifications avec une nouvelle offre d’ « Expériences » . Et Airbnb a levé un milliard de dollars pour mettre en oeuvre ces nouvelles offres. Car si Airbnb vous proposera toujours des logements pour votre destination, qui resteront encore longtemps et à 90% son activité principale, 10% de ses effectifs vont se consacrer à ces nouvelles Expériences  (Trips)  liées à chaque destination. Parmi elles, de nombreuses activités culturelles et artistiques existent déjà et d’autres vont suivre.
Et, ô surprise, Airbnb parie des offres culturelles atypiques, en choisissant, plutôt que le patrimoine ou les évènements classiques, un Tourisme Créatif, celui qui est le moins développé, le moins « industrialisé », le plus « fait-main » par les habitants. Ce tourisme prend la forme d’ateliers ou de quelques journées consacrées à apprendre une forme d’art, d’artisanat, de gastronomie ou de sciences. Voilà, pour le tourisme culturel, ce qui est une vraie bonne nouvelle.

experiences-airbnbI- UN TOURISME DE NICHE ? L’industrie touristique, en France, a encore des réflexes classiques, ceux du tourisme de masse : toute offre doit concerner un certain « volume » de touristes pour générer des marges confortables et des retombées économiques. Le tourisme traditionnel préfère donc des valeurs sûres, comme le patrimoine classique ou un bon vieux festival de Jazz ou de Chanson.
Voici donc aujourd’hui un paradoxe : l’une des plus grandes plates-formes du monde commercialise des offres culturelles restées jusqu’alors confidentielles, et qui ne bénéficiaient pas de la puissante promotion touristique. Pourquoi le fait-elle ? Parce que ces nouvelles offres correspondent à une forte tendance, celle que la plate-forme a déjà utilisé avec succès pour sa stratégie d’hébergement : permettre un contact et une rencontre avec les habitants, et donc de ne pas voyager comme un touriste. Et ce n’est pas une « tendance pour demain », mais bien une réalité aujourd’hui.
QUELQUES EXEMPLES D’ EXPÉRIENCES CULTURELLES PROPOSÉES PAR AIRBNB 
Paris : Alexandre, un jeune sculpteur parisien propose l’une des premières expériences Airbnb de la capitale. Premier jour : rencontre entre participants avec Alexandre, pour faire connaissance, au café Le Renaissance (où a été tourné le film Inglorious Bastards) puis visite d’ateliers d’artistes (Cité Montmartre).Le deuxième jour, Alexandre vous accompagne dans une sélection de galeries d’art parisiennes où vous recevrez un accueil personnalisé. Enfin, vous visitez l’atelier d’Alexandre lors du troisième jour de l’expérience, pour une introduction aux techniques de sculpture, jusqu’à repartir avec une pièce en argile que vous allez sculpter vous-même.(Madyness, ci-dessous dans notre PESP)

  • Miami : APPRENEZ LA MUSIQUE : N’allez pas seulement dormir chez l’habitant, à Miami, mais apprenez à créer et mixer de la musique avec une productrice (Elizabeth)! Quatre jours en immersion : 243€ par personne….Pour ne pas voyager « idiot »? Quand le tourisme culturel devient actif, créatif, avec des moments d’échange et de participation. Le petit plus : vivez comme un « local », et découvrez les lieux que fréquentent les habitants…Voir la vidéo ici
  • GASTRONOMIE A FLORENCE avec un Chaseur de truffes ! Deux jours (160€  par personne)de cuisine et fooding proposés par Guiglio  Membre de l’Académie toscane de la Truffe. Au programme : balade pour découvrir les basiques sur les diférentes variétés de truffes puis la visite- dégustation
  • Japon : DÉCOUVREZ LE TRAVAIL DES POTIERS  avec  Mâitre, Showzi Tokyo · Learn the art of renewing pottery with a master – Immersion sur 3 jours : arts Proposée par Showzi. A voir ICI. 

momaII- LE TOURISME CRÉATIF d’ AIRBNB
Le Tourisme créatif et culturel est celui où l’on fabrique quelque chose, où l’on est mis au défi pour réaliser, pour vivre une expérience : apprendre les rudiments des savoir-faire chez un artisan ou un Chef Cuisinier, un photographe ou toute profession artistique ou culturelle que l’on « avait-toujours-rêver-d’exercer ». C’est, rappelons-le ici :
un tourisme qui rapproche les compétences des habitants des souhaits des visiteurs ( Vivre comme un local ; meiux comprendre une ville, son histoire, son actualité…);
Un tourisme qui fait découvrir les façons de vivre, façons de penser des habitants d’une région, d’une une ville ou d’un village ;
Un tourisme qui peut rajeunir toute offre traditionnelle et un peu « veillotte », comme nous le disions la semaine dernière ;
Un tourisme, enfin, qui n’est pas une visite culturelle passive : vous allez y participer, échanger, bien concrètement, dans la vraie vie. Loin de la mise en échec de beaucoup de visites culturelles souvent jugées difficiles et où les visiteurs « consomment », une visite déjà préparée pour vous (Expo d’un musée ; monument ; galerie d’art) mais pour laquelle on ne vous demande aucun apport créatif.
– Pour conclure, le tourisme créatif ne met jamais les visiteurs en échec, il  engage les visiteurs : difficile, quand on a ce type de rendez-vous, de changer d’avis !
– Le Tourisme créatif peut donc être créé à peu près partout, et même dans des contextes difficiles, comme ce fut le cas pour la Seine-Saint Denis. Ce département défavorisé fait appel depuis plusieurs années à l’identité, la créativité et la jeunesse de son département pour complètement revivifier une offre traditionnelle (Basilique ou fluviale). Ce département est notre exemple le plus abouti, à mon avis, de « destinations » telles que les présente Airbnb, tout comme les Greeters furent les premiers ambassadeurs des habitants et de l’art de vivre de chacun de leurs territoires.

logoIII- CE N’EST QU’UN DÉBUT ?
Oui, car ce choix est encore en « test ». Airbnb décide et contrôle , pour l’instant, toutes les nouvelles activités. Le service est d’abord lancé dans 12 villes pilotes mais les offres nouvelles doivent être agréées par Airbnb qui prendra 20% de commission sur leur prix de vente en ligne
Pourtant je souhaitais en informer ceux qui ne les connaissais pas encore, car, si on ne « voit pas ce qu’il se passe », si on s’en rende compte trop tard, il ne vous reste plus qu’à dire « Je n’ai rien vu venir! ». Ce qui serait dommage car notre pays a tout pour mettre en œuvre ces nouvelles formes de tourisme (Cf. Les nouveaux hôtels/auberges en ce moment et les projets d’ACCOR), et renouveler  le  tourisme culturel afin de  satisfaire des visiteurs avides de plus d’authenticité et de « culture immatérielle », celle qui signe un territoire et son histoire.
Les grandes usines numériques sont en train de bouleverser tous les opérateurs, y compris les directions et équipes des activités touristiques traditionnelles.Cet exemple en témoigne, une fois de plus.
Faciliter l’accès à ces offres locales, les mettre en ordre de marche, vérifier leur qualité… Tout cela représente un vrai travail, pour Airbnb, mais présente l’avantage de tout fournir ou presque sur son application : se loger, réserver son transport, une voiture en location, un restaurant, en comparer les prix et pouvoir participer 700 expériences originales. Chaque jour, de nouveaux prestataires proposeront de nouvelles visites, rencontres avec les habitants à Airbnb….sur son site ou via son application. Il y a fort à parier que même les habitants se serviront plus souvent de l’application.

IV- DES CONSÉQUENCES POUR LES OPÉRATEURS CULTURELS ? Même si ces nouvelles offres ne concurrencent pas les visites classiques, comme UBER n’a pas remplacé les taxis, on imagine que la totale désintermédiation (offre directe sur Airbnb sans aucun intermédiaire) va attirer énormément de monde. Ce modèle doit donc interroger les sites et évènements culturels qui risquent aussi de perdre une certaine visibilité si les gens préfèrent visiter une  plate-forme pour concevoir leur séjour.
Dans l’idéal, les acteurs de la Culture pourraient profiter de cette nouvelle donne pour lister toutes leurs compétences et évaluer la qualité de leur tourisme créatif local, afin de l’affilier à Airbnb.

Ces expériences, enfin,  témoignent aussi de deux nouvelles orientations : il est souhaitable de rendre beaucoup plus poreuse la frontière entre culture des professionnels (labels, reconnaissance de l’Etat…) et art et pratiques amateurs. Et tout aussi urgent, à note avis, de décloisonner les offres en ixant les genres: : Musique, Musées, Patrimoine, Art contemporain, Cinéma, Villes et Pays d’Art et d’Histoire, etc…… pour rétablir une  conversation permanente , une  transversalité très souhaitée dans les pratiques culturelles et à l’oeuvre dans le multimedia.

pagtourPOUR EN SAVOIR PLUS
– PAGTOUR 24 novembre 2016 La chronique économique d’Amid Faljaoui ( Notre photo)  –La stratégie cachée derrière les nouveaux services d’Airbnb « Dans le monde numérique, tout va très vite. Se reposer, c’est se condamner à mourir. Car pendant ce temps, les concurrents continuent d’avancer… »
– SIECLE DIGITAL : Airbnb (Le Siècle Digital) Le service qui est en ligne depuis seulement quelques jours propose déjà plus de 500 activités disponibles dans 12 villes : Los Angeles, San Francisco, Miami, Detroit, La Havane, Londres, Paris, Florence, Nairobi, Le Cap, Tokyo et Séoul.

– MADYNESS Valentin Pringuay 24 novembre 2016 : Au-delà du logement : comment Airbnb souhaite changer le monde du voyage 
LE MONDE Economie § Entreprises 20/21 novembre Jérôme Marin, Correspondant à San Francisco : Airbnb s’imagine en agence de voyages. Le début de l’article ICI, pour en voir les références.

  • ACCOR et le TOURISME CRÉATIF : une bonne idée du Groupe hôtelier ACCOR, il y a quelques années, mais qui tarde à voir le jour. À voir sur son site Internet, ICI.
  • A lire aussi, dans la même veine de diversification pour Airbnb, ce prototype de « nouvel hôtel » au Japon. Airbnb repense les hébergements et surtout les hôtels avec des formats « mixtes » où les habitants sont intégrés dans tous les programmes immobiliers Airbnb construit ses propres logements pour touristes

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ken-et-la-belle-angeleKEN LE TOURISTE PARFAIT était un peu perdu : la dilution des frontières entre professionnels et amateurs lui posaient un problème existentiel : qui était-il ? Son job de Touriste Parfait, qu’il accomplissait avec un professionnalisme quasi-maniaque, lui imposait un tour du monde par semaine, une douzaine de Palaces et autant de réunions d’Affaire. Mais de là à dire qu’il n’improvisait jamais ou qu’il ne s’écartait pas des chemins battus, comme le faisaient les amateurs…Il appela Barbie Chérie, son ex… »Dois-je douter? », lui demanda-t-il la gorge sérrée. « Mais non, jamais! Un Ken ne devrait par dire ça! Tu es LE Touriste Parfait et Créatif ».

 

 

 

————————————–UNE IMAGE POUR FINIR EN BEAUTÉ

Le beau menu d’Airbnb (Capture d’écran du site Internet le 1 décembre 2016)

menu-experiences

Nov 24

Réinventer le Tourisme Culturel!

 

  • RÉFLÉCHIR AVEC VOUS ?

fdl_320x240_lightComment réinventer le Tourisme Culturel? La fin de l’année approche et l’heure du bilan arrive, avec les  Ken d’Or 2016 qui récompenseront les meilleurs exemples d’un  tourisme culturel qui reflète vraiment notre activité culturelle, ses réussites et ses grands projets. Et, cette année, vous le constaterez bientôt dans mon dernier billet 2016,  une bonne cinquantaine de démarches, de réalisations et d’innovations  seront au rendez-vous! Les acteurs du  Tourisme et de la Culture ont encore fait du très bon travail, portés par de nouveaux idéaux, de nouvelles utopies et de nouveaux usages : partager, co-construire, surprendre les visiteurs et les fidéliser! Tous ces exemples, du plus modeste au plus brillant, ont en commun d’adopter les comportements des visiteurs d’aujourd’hui comme fils rouges.

  • Pourtant – et je pense que nous en sommes tous d’accord-  les très bons exemples n’ont pas la visibilité qu’ils mériteraient  en « hauts lieux ».  Il est donc important de se moliliser, de faire appel à toutes les imaginations et à toutes les compétences! Les réseaux sociaux sont, en particulier, bien pratiques et bien plus efficaces qu’un film de promotion classique.
  •  Il faut bien entendu s’interroger sur cette communication à l’ancienne,même si le nouveau tourisme culturel finit toujours par l’emporter grâce à une multitude de stratégies indépendantes de ces « haut-lieux » que sont les ministères, agences et organismes nationaux. Si ces nouvelles stratégies  donnent aujourd’hui leur chance à tous, y compris les plus « petits », la communication officielle communique surtout sur les « phares »,  souvent représentatifs d’une France vieillotte, qui commémore à tout va et n’encourage pas assez les bonnes expériences (Stratégies créatives ; offres culturelles innovantes ou intense participation des habitants à l’offre touristique et culturelle) comme nous allons le voir. Et les territoires communiquent aussi du haut en bas, avec peu d’initiatives et de moyens mis à disposition des plus jeunes. Enfin le « Faites des photos de vous sur nos lieux touristiques et envoyez-les à la Ville, à l’Office du Tourisme!« , a ses limites, d’autant que ce travail n’est pas, la plupart du temps, rémunéré.

telechargementI- LA France VIEILLOTTE

« Vieillotte, tournée vers un passé et un art de vivre qui n’existent plus que dans les musées, les boutiques de souvenirs ou les vrais -faux bars authentiques , la recette française n’est plus au goût du jour. Une fois qu’on y a goûté et qu’on a fait le plein de souvenirs, on n’y revient pas, ou moins souvent. Pour réinventer un tourisme durable qui ferait (re)venir les touristes, capable de résister aux menaces, il faut miser sur les points forts de la marque France , l’audace et l’inventivité, et non les clichés sépias. Mais ce nouveau monde tarde à émerger. »Johan Hufnagel, Libération 31 octobre 2016, page 2.

En lisant cette phrase  j’ai pensé qu’elle résumait très bien le frein majeur du tourisme culturel aujourd’hui : sa communication, au niveau national et des aides financières beaucoup  trop  tournées vers le Passé et  les clichés. Contrairement à nos gentils concurrents (Espagne, Italie, Royaume –Uni, Allemagne..), très peu est fait pour communiquer sur notre société d’aujourd’hui bien que d’excellents sites et événements culturels témoignent de la vie et du désir de partage des habitants : les contenus de Lille 3000 ou Seine-Saint-Denis-Tourisme, leur audace et leur inventivité n’ont pas la promotion internationale qu’ils méritent et je pourrais multiplier ces exemples par mille! Comme dit Johan Hufnagel :

« Dans Paris est une fête, brandi l’an dernier comme symbole de résistance et de résilience, Hemingway racontait les déambulations de la Lost  Generation entre Saint-Germain -des-Prés,Montparnasse et Opéra. S’il revenait aujourd’hui raconter un Paris post-Bataclan, nul doute qu’il marcherait entre République, Aubervilliers et Montreuil. Car la mythologie Paris-France n’est pas morte. Elle revit au- delà du périph, se réinvente, diverse et créative, dans ses friches et ses terroirs. Mais elle ne bénéficie pas d’un nécessaire branding comme Brooklyn ou Berlin. »

 

la-carpe-koi-haitian-lanternII- UN ÉTAT DES LIEUX

Sans s’appesantir sur l’état des lieux, qui empêcherait de passer à l’action, voici un petit constat en trois points.

1) Nous sommes dépassés….

D’autres continents dans le monde construisent des musées à tout de bras, si j’ose dire, comme la Chine ; d’autres pays ont bâti cette année des politiques conjointes entre Tourisme et Culture, comme l’Italie depuis 2013 avec son Ministère des Biens et Activités Culturelles et du  Tourisme . Et d’autres villes, sites culturels ont une offre mais aussi un accueil  si innovants, si variés que seul  le mot « excellence » peut les résumer (Une cinquantaine d’exemples dans ce petit blog, de Vienne à Londres en passant par Santa-Cruz (Califormie) ou  Amsterdam qui chouchoute les « publics en ligne, et seulement en ligne grâce à sa banque de 150 000 images à leur disposition in all over the world).Et la Communication suit, avec par exemple la campagne délurée de Great Britain.

kiosk-night-fever_02) …Alors que nous sommes excellents !

Nous avons, en France,  de véritables pépites pour le Tourisme Culturel ! Les repérer,  les observer, les analyser, chaque année – Pourquoi sont-elles si efficaces ? Peut-on transférer leurs « modèles » ? – ne serait pas bien difficile. Cette liste, qui s’allonge chaque jour, pourrait être réalisée collectivement, et donner  à tous la possibilité de progresser! Mais comme il y a peu d’échanges,  je  constate au fil des années que les inégalités se creusent : les meilleurs exemples cultivent  leur excellence  pendant que les plus mauvais n’ont pas les moyens et surtout pas les ressources pour améliorer leur offre.Je constate que des villes ont pris depuis cinq ou dix ans le tournant des Smart Cities (Lyon) et ont embarqué la Culture et le Tourisme dans l’aventure; je vois aussi que les Creative Cities et les régions créatives ont fait de même, un peu chacun dans son petit coin mais les résultats sont inouis! Nantes par exemple, avec Jean Blaise qui prévient : « Ne copiez pas Nantes à la lettre, copiez sa démarche!« . Mais voilà, son expérience, née dans les années 85-86, n’est pas si facile à bien comprendre. Copier est plus facile.

Nous aurions donc une permière tâche à accomplir : lister collectivement les très bons exemples, en France et ailleurs et  les transformer en « ressources » à partager . Cette recherche serait, à mon avis, une bonne idée car elle permettrait de réfléchir aux critères mais surtout aux enjeux, aux moyens et aux stratégies.

Pour établir cette liste, quelques objectifs  :

  • établir « collectivement » ces critères et bien connaître les offres de nos concurrents (Connaissances de très bons exemples France/Etranger ou mise à jour des savoirs et usages…).
  • chercher comment redonner de l’autonomie aux acteurs, pour qu’ils utilisent plus librement les moyens financiers existants à tous les échelons de l’Etat et des territoires.
  • On peut rêver, enfin,  d’une volonté politique qui redonnerait la parole aux acteurs sur le terrain , seuls capables de «  réinventer un tourisme durable qui ferait (re)venir les touristes, capable de résister aux menaces », en misant sur les points forts de la marque France, l’audace et l’inventivité, et non les clichés sépias. », comme le dit Johan Hufnagel .Si ce nouveau monde tarde à émerger, c’est que ces acteurs  ne sont pas suffisamment écoutés, hiérarchies obligent. Et donc pas suffisamment aidés : mutualiser les aides financières souvent inaccessibles -mille et un guichets- ou réservées aux  « mêmes », souvent les plus « gros »,  permettrait aussi d’aller plus vite. Il faudrait vraiment, plutôt que ces incessants « Rapports et Constats » officiels,  qui dénoncent depuis vingt ans cet enchevêtrement, passer à l’action : mutualiser,  simplifier et décentraliser la multitude d’aides pour les rendre efficaces.

moucharabieIII- UNE SOLUTION POUR L’AVENIR !

Face à la crise actuelle, réagir devient urgent. Pas une semaine, pas un jour sans que la Presse ou de véritables experts professionnels ne signalent le dévissage de la France. Les titres sont éloquents : « Tourisme : un passage à vide et des failles structurelles » (Libération, Par Christophe Alix — 30 octobre 2016), ou « Les musées en berne »  et , presque chaque jour : « Nouvelles baisses de la fréquentation touristique ».

Les réponses à cette crise sont faibles pour développer l’innovation, car il s’agit surtout, au niveau national, régional ou municipal,  de parer au plus pressé, et en particulier de compenser la baisse de la fréquentation , avec des d’euros millions distribués pour éponger les manques à gagner (Hébergement et Hôtellerie). Ou encore de  faire de la Communication classique. Mais il n’y a pas eu d’appel massif à une mobilisation ou de sollicitation des acteurs les plus imaginatifs, ceux qui ont fait leurs preuves et pourraient, collectivement, apporter leur petite pierre à un nouvel édifice.

Voilà pourquoi j’ai fait ce billet car je pense que des solutions venant du terrain, et en particulier des solutions pour des offres actuelles et innovantes, devraient être sollicitées !

SI VOUS VOULIEZ PARTICIPER  A RÉINVENTER LETOURISME CULTUREL,  CE SERAIT TRÈS TRÈS BIEN! MERCI  DE LAISSER UN COMMENTAIRE : une idée, une proposition, ce que vous voulez !Par exemle si vous avez réfléchi, mes amis,  à des solutions. Ou si  vous voyez-vous d’autres freins à la redynamisation d’un tourisme culturel innovant. Quelles alternatives au tourisme culturel vieillot ? Quelles voix pour porter les offres et l’énergie du Présent? Merci de partager vos avis! 

Concluons en citant à nouveau John Hufnagel  sur la France d Amélie Poulain : « En attendant que le tourisme français mise plus sur le Grand Paris que sur Amélie ( Poulain), l’accordéon et les bérets , cher touriste, tu peux revenir, on n’est pas si désagréables que ça ! »

-POUR EN SAVOIR PLUS

  •  L ‘ARTICLE « RÉINVENTER » DE JOHAN HUFNAGEL , à voir ici sur lejournal Libération

platoniumQUELQUES CHIFFRES 

  • Si toutes les difficultés du secteur ne doivent  pas être mises sur le dos de la violence terroriste, qui a mis en lumière les problèmes des «marques» Paris et France, la chiffres sont alarmants. ll  faut prendre la crise du tourisme avec sérieux puisqu’il représente  deux millions d’emplois, et un chiffre d’affaires de 170 milliards d’euros et 7,5% de notre PIB :  or, sur les neufs premiers mois de 2016, la France à reçu 7% de touristes en moins. L’Ile de France et la Côte d’Azur ont été les plus touchées,(-750 millions pour l’Ile-de-France au premier semestre). La baisse des visiteurs de grands établissements culturels reflète cette baisse des arrivées touristiques : -20% pour le Louvre au premier semestre ;depuis novembre 2015  ont été aussi affectés le Musée d’Orsay(-18%),  l’Orangerie (-15%) ou le Château et Domaine de Versailles (-14%).Le Centre Pompidou, qui n’a « que » 40% de visiteurs touristiques (contre 75% pour Le Louvre) , a également connu  une baisse de sa fréquentation de 7%. Les clientèles émergentes, relais des clientèles plutôt vieillissante de l’Europe, on enfin beaucoup diminué et un quart des visiteurs manquera vraisemblablement à la fin de l’année, avec 1,6 millions de visiteurs au lieu de 2,2 millions. L’INSEE confirme, pour la saison estivale, une baisse globale de 2,5 % pour la fréquentation touristique. Forte baisse du tourisme étranger (-5,5%) par rapport à clelle des touristes français(-1%). PACA (-6%  dont -8,6% sur le littoral ), la Bretagne (-5%) . De janvier à octobre, la fréquentation des touristes étrangers a chuté de 8,1%, a précisé récemment  le cabinet du ministre, Jean-Marc Ayrault,  à l’AFP. A voir ici et là dans Les Echos et le Quotidien du Tourisme.Baisse de la fréquentation de cet été en France : Les Echos

img_4825En conclusion,  même si quelques régions ont résisté à la baisse de fréquentation cet été  (Hauts-de France (+1,8%), Grand Est (+0,1%), Nouvelle- Aquitaine (+1,5%), Occitanie (+0,9%), Auvergne- Rhône-Alpes (+2,5%) et la Corse (+2,4%)) il semble difficile de rattraper un retard que d’autres pays concurrents n’ont pas connu : cet été la fréquentation touristique de l’Espagne a connu une croissance de 6,5% par rapport à l’été 2015.  (Voir tous les résultats sur le Rapport de l’INSEE,
Et un petit espoir :  « Les réservations aériennes jusqu’à la fin de l’année n’affichent plus qu’un recul de 7,9% alors que cet indicateur était encore à -12% mi-octobre« !

COMMISSION EUROPEENNE http://ec.europa.eu/enterprise/sectors/tourism/index_en.htm

NOS PHOTOS ! La Fête des Lumières à Lyon, un évènement incontournable !

A lyon et en soirées, du  8 au 10 décembre 2016.Regardez le programme!  Et Arborelum. L’affiche du film Amélie Poulain, film français de Jean-Pierre Jeunet sorti 25 avril 2001 (2h 00min) Avec Audrey Tautou, Philippe Beautier, Régis Iacono.  Une oeuvre de Ben Vautier, « la situation étant désespérée, tout est maintenant possible! » (MAMAC de Nice).

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ken-couronne-de-chaises-pantonKEN LE TOURISTE PARFAIT ne comprenait rien au texto de sa Chérie. Après  une semaine « parfaite » car il avait accumulé les séjours en Palaces, les tours du monde et les jets privés les plus somptueux, il ouvrit le message de Barbie, son ex, et le trouva  in-com-pré-hen-sible : « Help! Ken, mon amie frenchie me demande si elle vote pour l’extrême-droite ou la droite extrême…Tu aurais une idée? » . Dans le doute, il tenta un  « S’abstenir, peut-être… » en réponse.

 

Nov 16

Portrait d’un Gardien de musée!

dvQui sont les gardiens de monuments et musées, rebaptisés agents d’accueil et de surveillance par l’administration? A quoi pensent-ils et de quoi est fait leur métier? Aujourd’hui nous passons la parole à Thomas Jumel, Gardien au musée du Louvre, qui prépare un livre sur son métier et a besoin de vous! Pour réussir son livre, il doit en effet sonder de nombreux collègues et si vous exercez cette profession ou si vous connaissez des professionnels de ce métier, pourriez-vous leur proposer de répondre au premier sondage de Thomas?

I- LE SONDAGE DE THOMAS, Gardien au Louvre
Thomas prépare un livre  qui dressera le portrait des agents eux-mêmes, de leurs habitudes et quotidien, mais aussi de leur formation et de leurs besoins.Ce livre sera destiné à ses collègues mais aussi à tous les visiteurs des monuments et des musées, à leur  rapport au « gardien », à leur  vision de ce personnage,  et… à leurs  attentes !
Je vous propose donc de participer à cette aventure éditoriale en invitant des agents d’accueil, si vous en connaissez, à répondre au sondage suivant :
Vous êtes agent d’accueil et de surveillance dans un monument historique ou un musée ? Ce sondage est pour vous ! Et je vous remercie à l’avance du temps que vous pourrez lui accorder ! Promis, il y a peu de questions!

http://www.askabox.fr/repondre.php?s=110191&d=SPbZhW7lnERh

thomasII- PORTRAIT D’UN GARDIEN DU LOUVRE

Je m’appelle Thomas Jumel et je suis agent d’accueil et de surveillance au Musée du Louvre, à Paris.
Agent d’accueil et de surveillance, c’est la désignation moderne et institutionnelle des mystérieux « gardiens de musée ». On imagine aisément l’uniforme, le képi et le sifflet, à l’image de Bourvil dans « Si Versailles m’était conté », ou de René, gardien de la galerie de la Renaissance italienne de la chanson « Le gardien de Musée » des Blaireaux…La profession a évolué, et si certains « vieux de la vieille » semblent faire partie des murs, l’agent d’accueil et de surveillance est bien souvent aujourd’hui un jeune diplômé d’histoire de l’art, d’histoire, ou de tout autre discipline universitaire.
Parfois guide conférencier certifié, il est souvent capable de renseigner le visiteur sur une œuvre ou un artiste aussi bien sinon mieux qu’un guide de passage. Car, oui, il est dans « son » musée. Quand vous visitez le Louvre, Orsay, Versailles, le château d’Angers, de Pierrefonds, ou le Panthéon, vous entrez en quelque sorte « chez » ces agents qui vivent avec le monument.
la-joconde-seuleEn tant qu’agent du Louvre, je suis souvent amené à rencontrer le monde entier car la multiculturalité est omniprésente dans ma profession. J’y croise des américains, des chinois, des espagnols, des coréens, mais aussi toutes les religions du monde. Être gardien, c’est assurer la sécurité des visiteurs et des œuvres, mais c’est aussi avoir la capacité de s’adapter à toutes les situations, pour répondre à toutes les demandes.
Un bon agent d’accueil et de surveillance, c’est une personne ayant la patience d’un Bouddha, la présence d’un général De Gaulle, et le savoir-être de la reine d’Angleterre. Il faut tout à la fois être polyglotte, vigilant, souriant, patient et savoir garder l’émerveillement pour tout le Beau qui nous entoure au quotidien sans jamais que nous nous en lassions.
C’est dans cette passion pour mon métier et pour le patrimoine que j’ai entrepris l’écriture d’un livre sur le métier « d’agent d’accueil et de surveillance ». Un livre qui aura pour tâche de briser les clichés, de faire connaître ce métier étonnant de polyvalence et de saine routine, et d’aider tous ceux qui désireraient passer les concours du Ministère de la Culture et de la Communication pour devenir, eux aussi, gardien de musée.
Dans cette optique, j’ai lancé le premier d’une série de deux sondages sur le métier, merci de votre aide, si vous êtes vous-même agent d’accueil et de surveillance ou si vous pouvez en contacter facilement !
Thomas, Novembre 2016.
2016-02-15-11-50-38-copistePOUR EN SAVOIR PLUS !
Le métier !
« Tout commence par un concours. Aucune formation n’est nécessaire pour être agent d’accueil et de surveillance. Il faut le niveau brevet, comme pour tout concours de catégorie C. pour lequel, évidemment, vous devez faire preuve de vos qualités (Réflexion ; rédactionnel…). Une fois en poste, on a la possibilité d’améliorer nos aptitudes et nos connaissances aux travers des formations internes au ministère (ex : le SSIAP1, le PSC1, la manipulation des RIA et extincteurs, la connaissance du Ministère de la Culture et de la Communiction, et d’autres formations sur la multiculturalité, l’accueil des publics en situation de Handicap, etc). Mais ces formations sont-elles courantes partout en France ? J’imagine que c’est plus facile à Paris qu’en province….
Enfin, en moyenne les agents d’accueil et de surveillance entrent en fonction entre 25 et 30 ans alors que les vacataires sont souvent beaucoup plus jeunes.« (Thomas, 12 novembre 2016)

dans-ce-musee– Combien sont-ils, au Louvre ?
Au Louvre, on compte entre 1100 et 1300 agents d’accueil et de surveillance (chiffre variant selon la période, avec l’arrivée des vacataires saisonniers). Et plus de 2000 agents en tout, toutes directions et métiers confondus
– Et des livres, présentés par Thomas :
1- L’incontournable : Marie-Christine Labourdette, Les Musées de France, collection « Que Sais-Je ? », Paris, PUF, 2015.Ouvrage qui contient toutes les d’informations sur le label couv_259381« Musée de France ».
2- Florent Chavouet,  L’île Louvre (Notre photo ci-contre).s’agît d’une bande dessinée, quoique pas tout à fait. Mais elle donne à voir le Musée du Louvre autrement et notamment du point de vu des agents d’accueil et de surveillance. Leur (notre) quotidien y est « assez bien » décrit. Quelques petites erreurs mais vite pardonnées.(Louvre-éditions/Futuropolis, 2015).
3- Lazar Kunstmann, La culture en clandestin – L’UX, Paris, Hazan, 2009. Un livre sympathique par son langage fleuri mais peu recommandé par les institutions car il raconte l’intrusion des Unter-Gunther, de gentils voyous, dans l’enceinte même du Panthéon parisien pour y restaurer l’horloge Wagner. Aujourd’hui, les monuments sont bien sécurisés, et chaque année davantage.

4- Johan Idema, Comment visiter un musée et aimer ça?, Amsterdam/Paris, 2015, BIS Publishers/Eyrolles.
Un petit livre sans prétention qui s’adresse aux visiteurs réguliers (ou non…) des musées, et donne plusieurs conseils pour bien les visiter. Si le livre ne traite pas seulement des gardiens de musées, il leur rend un bel hommage avec un premier conseil : « Comment tirer le meilleur des gardiens, les Yeux du musée ».

copisteLES PHOTOS DE THOMAS
Chaque photo choisie incarne, le quotidien des agents d’accueil et de surveillance, dit Thomas, car  « Elles correspondent toutes, je crois, à ce que l’on voit et vit au quotidien d’un musée« .
1Dark Vador au Louvre! une photo issue de la première édition de la Petite Galerie du Louvre avec le masque de Dark Vador, dans la première édition de ce lieu destiné aux enfants. Ce masque se trouvait devant un tableau très classique représentant la tentation de Saint-Antoine,

2- Thomas Jumel
3- Une photo rare : de la salle des Etats (ou plus précisément de la Joconde, sans AUCUN visiteur devant!
4- Une jeune copiste, au Louvre
5- Une photo prise dans la Galerie David d’Angers avec ce qu’il faut faire et ne pas faire dans le musée.

6 – La couverture du livre l »L’ile Louvre », @Futuropolis, 2015.
7- Un copiste au Louvre .Enfin une vidéo  du « parquet du Salon Carré du Louvre (lieu emblématique qui vit naître le fameux Salon des artistes vivants) avec mes pieds« , dit Thomas, « puisque mon métier s’exerce debout, et souvent en marchant, longeant les nombreuses galeries du Louvre » : img_0352

 

P1050991KEN LE TOURISTE PARFAIT était tout guilleret ! Vingt-deux hôtels cette semaine, (toutes ses réunions d’Affaires avaient eu lieu dans les Palaces…), sept vols en jet privé et quelques motos louées: son contrat de Touriste Parfait avait été, une fois de plus, rempli. Il appela son ex, Barbie Chérie, « Dis-moi, tu connais un certain Thomas, Thomas Jumel ? ». « Oui, répondit Barbie, dès que j’arrive au Louvre, à Paris, je le cherche pour qu’il m’accompagne ! ». Si elle avouait…

 

 

 

 

CATASTROPHE! Au moment où nous mettons en ligne arrivait  cette nouvelle trouvée sur Hyperallergique! La vie professionnelle d’un Gardien, cela peut être aussi cela, hélas : cette sculpture renversée par un visiteur, au Musée de Lisbonne, cette semaine et…et toute cassée. Aux dernières nouvelles, les conservateurs disent qu’elle sera restaurée et que rien d’irréversible ne lui est arrivé dans sa chute.

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« Lisbon’s National Museum of Ancient Art (NMAA) and toppled an 18th century, Portuguese sculpture while posing for a photo with it. The polychrome wooden sculpture of the archangel Saint Michael fragmented after the man, a Brazilian tourist, tripped and backed into the gallery’s tall centerpiece. The depressing aftermath was captured by another visitor, Nuno Miguel Rodriges, who told Portuguese newspaper Público, “There were guards in the room at the time it happened … Everyone was incredulous at what had happened and there was a great silence.”En voir plus ICI!

 

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  • Photo du désastre sur Twitter: :https://twitter.com/UOL/status/795921748239777792/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

 

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