Protection du patrimoine, question d’actualité

 

PROTECTION DU PATRIMOINE : l’avis “conforme” des Architectes des Bâtiments de France supprimé en ZPPAUP ( juillet 2009)

Ses amis, le vrai patrimoine de Ken le touristeSes amis, vrai Patrimoine de Ken le Touriste

L’Assemblée nationale et le Sénat ont voté dans les mêmes termes le 23 juillet un article nouveau du projet de loi Grenelle I, introduit par la commission mixte paritaire, sur proposition de Christian Jacob député-maire de Provins, qui supprime l’avis conforme de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) dans les ZPPAUP, zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. (Voir la définition des ZPPAUP à la fin de ce billet.)
Bien que le tourisme culturel s’attache davantage à la valorisation des sites patrimoniaux qu’à leur conservation, en principe, nous souhaitons donner ici aux acteurs du tourisme le maximum d’informations sur la protection du patrimoine.
Il est en effet plus facile de  dialoguer avec la culture si l’on connait ses us et coutumes, et la conservation est, pour la culture, un plat de choix.
1- Les différentes protections en France
Le meilleur site que nous ayons trouvé est celui consacré aux opérateurs de la conservation du patrimoine, les ABF, Architectes des bâtiments de France  Les autres sites Internet sont soir trop détaillés, soit trop expéditifs. La présentation des différentes mesures, procédures, est, dans le lien suivant, juste et accessible : www.culture.gouv.fr, http://www.culture.gouv.fr/culture/regions/sdap/sdap.htm
2 – La suppression des avis des ABF est-elle une catastrophe nationale ?
Eh non ! Il faut bien comprendre que, à l’Assemblée nationale, pendant un an de discussion sur le sujet  (Dans le cadre de la loi sur l’environnement, le fameux Grenelle II, qui succède au Grenelle I, déjà adopté), c’est de décentralisation dont on parlait. La vraie. Celle où les collectivités locales demandent à l’Etat de lui octroyer des compétences qu’il estime devoir garder.
Les arguments de l’Etat : les lois de protection du patrimoine sont dictées par le souci d’Intérêt Général. La plupart du temps, cet argument fait en général mouche dans les assemblées parlementaires. Suivent des arguments en effet très centralisateurs : les élus, d’accord, mais lorsqu’il y a « alternance », un élu pourra revenir sur le choix de son prédécesseur. L’Etat se présente alors comme le garde-fou de toutes les dérives à venir. Mais, pour le débat sur les ZPPAUP, il semble qu’il n’ait  pas été suffisant.
Les arguments des collectivités territoriales : pouvoir décider de son avenir en toute connaissance de cause. La règlementation est « trop » nationale, en quelque sorte, et les situations sont tellement différentes d’un territoire à l’autre ( De l’île de La Réunion à Paris-centre..) qu’il vaut mieux laisser les responsabilités et la décision aux territoires, aux élus, qui connaissent parfaitement leur territoire, ses contraintes, ses atouts, ses habitants. Et ont en charge son développement, son avenir. Ils peuvent donc affirmer que  l’alternance est une preuve de la démocratie. Les élus sont adultes, pourquoi feraient-ils des bêtises ? Pourquoi, eux qui font le tourisme culturel, négligeraient-ils l’attractivité du patrimoine et ses retombées  économiques ? Ne serait-ce que pour cette raison, les élus tiennent aussi à leur patrimoine, et l’Etat n’est pas le seul garant (des connaissances, d’un traitement équitable des territoires) pour la question du patrimoine. 
3 – Le pot de fer contre le pot de terre ?
Avec ce type de débat,on pourrait dire que nous sommes encore au XIX siècle…La grande loi sur le patrimoine, qui régit notamment toutes les protections, date de 1913 ! Souvent reliftée, avec un Code du Patrimoine qui la résume ( Mais il est payant, dommage), son histoire récente est donc celle des coups de boutoirs des collectivités territoriales, qui souhaitent se développer, contre un système très étatique, il est vrai, fait d’une multitude de prescriptions.
L’archéologie préventive est le plus le exemple de cette prédominance de l’Etat sur tout l’appareil législatif de la  conservation, même « préventive », donc. On ne compte plus, dans les débats publics, notamment ceux de nos deux assemblées parlementaires, les requêtes visant à amoindrir l’archéologie préventive. Le cas-type, caricatural mais réel,  étant, évidemment, assez simple : la ville (ou le département, ou la région…) avait un super projet de développement, on y fait des fouilles, les opérateurs mandatés par l’Etat y trouvent quelque chose d’Intérêt Général, ou susceptible de le devenir, et paf, le projet de développement prend plusieurs mois ou années de retard et peut même finir dans les oubliettes.
4 – Poser autrement le problème ?
Dans cette lutte, il y a les « bons » et ses « méchants » : l’Etat serait le bon,  qui lutte contre tous les abus des  installateurs de supermarchés, contre des élus qui ne verraient que le court terme, irresponsables, à l’ « esprit de clocher », promps à la démagogie, obnubilés par leur réélection.
Alors,  pour décrisper la situation, il faut poser une question : mais qu’a fait l’Etat, depuis 1913, pour former à la conservation du patrimoine, pour que d’autres acteurs, très bien formés, mais  pas forcément labellisés « Etat », puissent aussi décider ? Pourquoi en sommes-nous arrivés à ce face à face Etat/collectivités territoriales ? Pourquoi, lorsqu’une décision est contestée par des élus, faut-il des jours, des mois, des années de discussions entre l’Etat et ces collectivités ?
Comment en sortir, autrement que par des CMP au beau milieu de l’été, qui donneront inéluctablement des réactions « pour » et « contre », au lieu de repositionner calmement, ne serait-ce que par des « expérimentations », la question du Qui décide, sur quels critères, est-ce clair, à quoi ça sert ?
5 – POUR EN SAVOIR PLUS…
Meilleur article sur le sujet : le site Internet du journal Le Moniteur, www.lemoniteur.fr, article du 27 juillet 2009, de Jacques-Franck Degioanni.
L ’archéologie préventive face à son destin  :
L’Etat, prescripteur, fait de plus en plus appel à des opérateurs agréés : au début de 2008, sur les 66 opérateurs (hors Inrap) agréés, on en comptait ainsi 48 relevant de collectivités territoriales, soit 73% de l’ensemble. Mais la répartition géographique des opérateurs publics ou privés est très déséquilibrée (8 en région Paca, mais 2 en Rhône-Alpes, par exemple). Entre 2002 et aujourd’hui, le pourcentage des dossiers instruits par les directions régionales des affaires culturelles (Drac) donnant finalement lieu à une prescription archéologique a été divisé par deux, passant de 13,83% des dossiers examinés à 6,67%, ce qui témoigne d’une sélectivité accrue de la part des services instructeurs alors que le nombre de dossiers instruits a doublé au cours de la période.
Un bon lien pour suivre l’actualité du devenir de l’archéologie préventive :
http://www.localtis.info/servlet/ContentServer?c=artVeille&pagename=Localtis%2FartVeille%2FartVeille&cid=1206345748084
Le Sénat grignote les fouilles d’archéologie préventive, publié le 22 octobre 2008
« Dans le parcours très chahuté du projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, un amendement est passé inaperçu. Il est vrai qu’il ne concerne qu’indirectement le logement social, mais a beaucoup plus à voir avec la préservation du patrimoine archéologique. Présenté par Daniel Dubois, sénateur de la Somme, et adopté sans difficulté, il complète l’article L.531-6 du Code du patrimoine, en y insérant un alinéa prévoyant que “si dans les six mois qui suivent l’arrêté d’autorisation de fouilles sur des terrains destinés à la construction de logements sociaux aucune opération de fouilles n’a été engagée, l’autorité administrative prononce le retrait de l’autorisation”. »
A lire aussi sur Localtis.info, les péripéties de la loi qui a supprimé l’avis conforme des ABF :
• 26/05/2009
Grenelle 1 : la commission des affaires économiques de l’Assemblée adopte une cinquantaine d’amendements
• 28/01/2009
Plus besoin d’un avis conforme de l’architecte des bâtiments de France pour les travaux en ZPPAUP
• 26/01/2009
Le Sénat raccourcit encore les délais des chantiers d’archéologie préventive
• 12/01/2009
Une nouvelle contrainte pour les chantiers d’archéologie préventive
• 22/10/2008
Le Sénat grignote les fouilles d’archéologie préventive
• 11/06/2008
Périmètres de protection des sites : pas d’exception pour les petites communes
• 13/05/2008
Les zones de protection du patrimoine n’ont pas la valeur d’un document de planification
ZPPAUP définition CAUE http://www.archi.fr/URCAUE-IDF/abcdaire/imprimer.php?fiche=314
• Sur proposition ou après accord du conseil municipal des communes intéressées, des  zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) peuvent être instituées autour des monuments historiques et dans les quartiers, sites et espaces à protéger ou à mettre en valeur pour des motifs d’ordre  esthétique, historique ou culturel.
Plus souple que la procédure de secteur sauvegardé, la ZPPAUP est un document qui délimite un secteur plus particulièrement sensible sur le plan architectural et paysager, il est élaboré après délibération du conseil municipal, enquête publique et avis de la commission régionale du patrimoine et des sites.
Créée par arrêté préfectoral après accord du conseil municipal, la ZPAUP constitue une servitude  annexée au PLU (POS) et s’impose aux opérations de construction et d’aménagement menées dans son périmètre.
La ZPPAUP est un outil de protection ou de mise en valeur du patrimoine qui ne se limite pas au seul patrimoine bâti. 
6 – KEN  AU ZENITH !ken-au-zenith
Comme de très nombreux  touristes, Ken a pris pas mal de décisions, cet été,  au tout dernier moment. Il a aussi beaucoup consommé de « proximité », a logé chez des amis plutôt qu’à l’hôtel. Il a aussi discuté à l’occasion avec les propriétaires de restaurants,contents de la baisse de la TVA .
Non, ce qui chagrine notre Ken, c’est la baisse du tourisme international, cet été : moins d’américaines, d’anglaises et d’irlandaises… Un grand malheur, en quelque sorte, pour ses soirées VIP  et jet set. Moins de sublimes russes richissimes, aussi, sur la Côte ou à Monaco.
Enfin, convenons-en, il a tout de même l’air de se refaire une petite santé, malgré ces très mauvaises nouvelles, et il a décidé d’aller voir l’expo La Splendeur des Romanov à Monaco, histoire d’avoir un bon sujet de conversation avec ses petites chéries, dès leur retour en France.

Quelle histoire raconter ?

Ken à La Réunion, la semaine dernière

Ken à La Réunion, la semaine dernière

Amis du Tourisme,

avec votre  région, votre ville, votre pays ou le monument dont vous avez la charge,  vous avez souvent dû penser « Mais c’est quoi, au juste, son histoire ? ». Et puis vous avez laissé choir, vous avez laissé tomber. Car au fond, les historiens et  la Culture  étaient là pour ça, pensiez-vous, qui raconteraient bien tout cela, c’etait  leur job, après tout! Et Zou! Partage des tâches : vous avez délégué!
De l’inconvénient de déléguer, hé hé…
 Oui mais voilà, quand on raconte une histoire approximativement, celle, en particulier, ou personne, pas même vous, ne peut recoller les morceaux, eh bien, les touristes, ces Autres, ces  hôtes de passage, n’y comprennent rien et, bizarrement, s’accrochent à leur planche de surf ou à leur rando de l’après-midi ! Car si les visiteurs comprenaient, à mon avis, ils en redemanderaient, ils seraient enthousiastes : comprendre est tellement agréable.
EXPLICATIONS
Reprenons ces généralités, mais  avec vous  au centre du paysage et « in situ » :  il vous est donc arrivé, au moins une fois,  de vouloir comprendre l’histoire, qui pouvait expliquer un lieu ou un pays, aujourd’hui. Et , quand on vous l’a racontée, neuf fois sur dix, cela a donné :
– L’ennemi arriva à l’aube du 28 juin 1124, avec une armée de plus de cent hommes, ce qui était beaucoup pour l’époque,  et rasa le château !
– Oui …oui, avez-vous dit ! (Comment ne pas être d’accord ?) Et vous avez même ajouté : c’est super de savoir TOUT ça, merci pour TOUT ! 
Mais, au fond, tous ces faits précis ne vous renseignaient pas vraiment.
–  Vous, c’est plutôt « Qui était l’ennemi ? », ou bien « Mais pourquoi ils ont  rasé le château ? » qui vous auraient intéressé, mais voilà, l’historien vous a, pour ainsi dire, cloué le bec avec sa précision…Ce fait a eu lieu tel jour à telle heure, dans telles et telles conditions, relatées dans tel et tel ouvrage, de l’époque, dans les archives les plus récentes, bref, comment poser une autre question, cela devait probablement suffire…
Françoise Vergès et Nicole Pot
Aujourd’hui, dans un article du journal Le Monde, deux femmes superbes et merveilleuses, Françoise Vergès,  directrice scientifique de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.
 et Nicole Pot, directrice générale de l’INRAP –institut national d’archéologie préventive- ont tenté de dire que, dans les DOM, « Personne n’y comprenait rien ou pas grand chose », et que, si c’était possible, avoir un petit peu plus d’histoire et d’explications, ce serait super pour que les habitants soient les premiers informés. Moi, je pense que le regard de l’Autre, le touriste, peut aussi compter dans cette demande d’histoire, vu qu’il représente plus de 50% des visiteurs et donc aussi des habitants, même temporaires, nomades, de l’Ile de La Réunion.
Nicole Pot  et Françoise Vergès sont chacune un sommet de la réflexion et de l’intelligence, elles sont aussi patientes et calmes. Leur article DOIT être une de vos lectures de l’été, quoi que l’on vous conseille d’autre, j’insiste. A lire absolument, même en sandwich entre un Gala et un bon petit Arlequin, je connais votre tentation de lire « du bien bête » en vacances. (Toute l’info dans notre « Pour en savoir plus, ci-dessous).  
Françoise et Nicole à la loupe
La première, Françoise, a élaboré le plus magnifique projet de musée qui soit. C’est la MCUR, Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise , projet qui, tout simplement, émet l’idée que La Réunion n’était pas une terre vierge de passé  lors des différentes arrivées des populations des continents qui ont peuplé l’Ile, (Dire que les Terres étaient Vierges arrange tout le monde, en général, car  arriver en terre vierge ne dérange personne et suppose qu’il n’y a eu aucun fait particulier ou notable. Ils sont arrivés, ont posé leur bagage, et voilà tout !).Mais convenez  qu’il faut raconter toute l’histoire comme elle s’est réellement passée, et chercher des indices, des preuves pour construire tout cela. 
Hélas, trois fois hélas, la République a beaucoup gommé,  et souvent l’histoire de La Réunion est résumée à l’histoire de la départementalisation française, quasiment effacé des siècles d’un trait debleu/blanc/rouge. Le souhait de Françoise V est donc que l’on cherche, puis trouve, enfin, tous ces matériaux si fragiles que sont les récits des héritiers des premiers habitants ; que des hypothèses et des réponses soient faites à partir de questions essentielles à la compréhension de toute lecture d’un homme, aujourd’hui, du paysage de l’Ile et sur les terres magnifiques de La Réunion. Et  que les fouilles archéologiques y prennent place, plus vite qu’en métropole, car un grand retard a été pris.
Nicole P, dans un tout autre genre, a toujours été très forte, la meilleure d’entre nous, dirait-on, à la Culture. Aujourd’hui, à la direction de l’INRAP, elle s’applique à démontrer que l’archéologie ne sert pas qu’aux archéologues, et peut découvrir la merveille des merveilles, le sens du monde, ce que l’on y voit. Et qu’il faut donc fouiller, analyser, expliquer, avant de  mettre à jour.
« Sa » centaine d’archéologues est prête à tout révéler. Même des histoires soigneusement cachées parce qu’elles n’étaient pas assez fédératrices pour unir les différentes vagues d’arrivants.
En quelque sorte, ces deux femmes sont des militantes, car cela réclame du courage- pour que l’histoire, les histoires des régions, des pays, soient un peu moins fantasques qu’elles ne le sont aujourd’hui ! Voilà aussi un magnifique défi pour les médiateurs de la culture, souvent en panne de missions majeures, et qui transmettent aussi très souvent ce qu’on leur a dit de transmettre, à partir de ce qu’on leur a donné, sans remise en question. 
Certes, ce qu’il faut dire au Tourisme, c’est que refaire l’histoire est difficile. Cela bouscule un ordre établi. Cela bouscule parfois des équilibres politiques, des pactes de non-agression, une paix idéologique. Par exemple, si vous avez le malheur d’aller, même une demi seconde,  contre l’un des rôles de la République,  qui-a-tout-unifié-et-heureusement,  ou bien si vous critiquez le Mallet –Isaac, bible de l’histoire française bien normée, votre parcours sera difficile,  comme l’est d’ailleurs toute velléité de décentralisation, de prise en main par chaque territoire de sa destinée. L’histoire récente des régions à forte identité (Corse, Catalogne, Pays-Basque…) ne raconte que cela, cette difficulté.  
C’EST UNE AFFAIRE QUI MARCHE !
Et pourtant, les choses sont en train de changer. Vous vous souvenez de mon billet sur Nantes, la valeureuse ? Qui, l’une des premières, a fait son « coming out » du côté de l’origine de la richesse des bourgeois nantais qui devait tellement à la traite négrière? Avec une somptueuse exposition, les Anneaux de la Mémoire ? La Vendée reprit aussi l’histoire « officielle », qui ne tenait pas la route. Eh bien, d’autres régions, d’autres villes devraient sans doute  faire ces mises à jour, dirait-on en informatique. Car on meurt, non pas du non-dit, mais surtout des retards, des paresses intellectuelles, des formes multiples  d’auto-satisfaction. Pour être vivant, un territoire doit se présenter comme une histoire, des  résultats, un atelier de possibles, un futur. Et tout cela ne peut être figé, doit être en mouvement (Nouvelles générations, géographies ; nouvelles hypothèses, etc..), sous peine d’arrêt, de rigidification.   
Et là, nous ne sommes pas trop en avance, en France. Rappelons que les USA ont commencé leur lifting dans les années 70. Les Canadiens un tout petit peu plus tard,  très surpris par les fausses légendes que leur racontaient (en riant beaucoup, après coup…) « leurs » indiens ; ils  en avaient fini par croire qu’ils avaient hérité de « mauvais indiens », ceux dont les américains ne voulaient pas… Oui, car la bêtise est sans limite, sauf celle que lui oppose les  connaissances.
D’autres pays travaillent à  présenter leur histoire, aujourd’hui. La Tunisie, par exemple, n’est pas QUE Carthage et Rome, culturellement. Ce n’est pas parce que des archéologues européens ont a-do-ré y fouiller énormément et y trouver les restes de Carthage et de Rome  que ces époques seraient les plus importantes de la Tunisie. De notre point de vue, nous pensons que l’histoire de la Tunisie, sur plusieurs siècles, et hors présence romaine, est d’ailleurs mille fois plus passionnante. 
L’histoire est tout de même une enseigne, une carte de visite touristique, une marque. C’est elle que l’on affiche très souvent sur les dépliants touristiques, à travers un paysage ou un monument. Elle doit donner envie, attirer, donc être comprise. On ne peut donc la réduire, la malmener, si l’on peut faire autrement.   
LECTURES DE VACANCES    
Voilà pourquoi j’ose vous tirer de votre sieste et  de votre insouciance  permanente, en ce moment. Ou bien pourquoi je n’hésite pas à faire diversion à vos angoisses ordinaires (la crise économique , l’avenir de petits, le boulot de la grande ou la réforme territoriale à venir…).
 Soyez disponibles pour revoir, même un peu, collectivement, l’histoire locale.
et POUR EN SAVOIR PLUS …
– L’article formidable et novateur de Françoise Vergès et de Nicole Pot : L’esclavage oublié, Françoise Vergès et Nicole Pot, Le Monde daté du 20.07.09
D’autres articles sur le sujet de l’actualité de  l’histoire, dans le Monde:
Il faut renouveler la pensée critique, par Michèle Riot-Sarcey , du 21 juillet 2009
Transformations silencieuses, par François Jullien
– Le meilleur projet Culturel et Scientifique de France, depuis au moins dix ans!
http://www.mi-aime-a-ou.com/maison_des_civilisations.htm
http://www.regionreunion.com/fr/spip/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=90
– Avec deux ouvrages formidables pour vous sortir, même un petit peu,  du Mallet Isaac : Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Françoise Vergès, La République coloniale, Hachette Littérature, Albin-Michel, 2003-, ou la Fracture coloniale, de Nicolas Bancel et Pascal Blanchard. Pour développer, reprendre les bibliographies de ces ouvrages en format poche, en plus, autour de 6 ou 7 euros, soit une ou deux glaces à deux boules la vanille…
Ajoutons enfin Le livre de Jean Teulé, « Mangez-le si vous voulez ! » sorti récemment, assez horrible. Il raconte  comment un petit groupe d’hommes  et de femmes peuvent accuser, torturer, tuer l’innocent de passage, parce qu’il avait..Il avait quoi, déjà ? Réponse, e gros : « Ben, on ne sait plus…On ne sait pas ce qui s’est passé, ce qui nous a pris .Mais si on l’a fait, c’est parce nous étions  inquiets, pour notre avenir, notre survie…Il  faut pas nous en vouloir…On n’a pas été terribles sur ce coup-là, c’est vrai… » dirent, en résumé, les tortionnaires à leur procès.  Des culpabilités, normales, des imbécilités, humaines, rien de tout cela n’est indicible. Ed.Julliard, 7 mai 2009 144 p ISBN : 9782260017721.

KEN AU ZENITH !
Ken et sa Belle de Renoir

 

 
Très franchement, toutes ces histoires de l’histoire en marche ne passionnent pas, mais alors pas du tout KEN

. Du moment que son jet privé est prêt, qu’il va bien s’amuser, entre deux contrats d’affaire  mirobolants, Ken est et demeure le Touriste parfait, docile, qui croit dur comme fer aux dépliants touristiques. Les remises en question, très peu pour lui. Le monde est ce qu’il est. Ken « beauf » ? Que nenni. L’archéologie le   « gonfle, voilà tout », dirait-on assez vulgairement aujourd’hui, et il leur préfère les musées d’art. Plus simple de comprendre, d’y aimer ce que l’on voit. Quelques squelettes et des alignements de petits os ou morceaux de poteries?Ca lui rapelle les visites obligatoires à l’école. Notez qu’il les aimait bien, ces sorties éducatives, parce qu’on sortait de l’école, l’instit était plus cool – elle, elle adorait les musées – Et aussi il avait arrêté ado, car ses parents, trouvaient ce type de sortie “enrichissante”, “Comme ça tu feras au moins quelque chose d’intelligent”, ne manquuaient-ils pas d’ajouter. Avec leurs millions de petits chinois qui en révaient, de musées, mais ne pouvaient y aller, etc…etc…Dég, en quelque sorte’, l’amour des parents pour les musées, rien que ça et il avait envie de sécher….Il ne comprend d’ailleurs jamais pourquoi on lui montre, aujourd’hui encore, dans les musées d’archéologie, 120 petites flèches alignées par ordre de taille..Une seule aurait suffirait, à son avis,  mais bon, ce n’est vraiment pas son problème et il n’en a parlé à personne, de cette question d’alignements et d’accumulation.
  A sa petite collection de femmes, il ajoute, aujourd’hui, un Renoir. Là au moins il est en terrain connu, il y en a plein dans ses chambres d’hôtel, souvent au dessus de son lit, d’ailleurs. Ou dans ses revues d’aéroport. Et, que voulez-vous, c’est cumulatif, plus il les voit, il apprend, plus il les aime, les femmes de Renoir.

La subvention à Johnny !

turner-for-ever1Le spectacle de Johnny pour le 14 juillet a Paris a donc été financé par le ministère de la culture, directo ! A quel titre ? Monument en péril ? Jeune artiste ? Aide à la diffusion d’un artiste peu connu ?  Nouvelle compagnie à encourager ?Mais non , dit le Président, c’est  pour que l’Etat encourage Un grand spectacle populaire gratuit avec un chanteur populaire! Eh bien  je n’y crois pas. Aucun spectacle n’est gratuit. Il faut bien que quelqu’un paye l’artiste, les musiciens, la location du matériel, les techniciens, la sécurité et le décor…Et pour les chanteurs  populaires, on n’a jamais vu que le prix du billet ait empêché leurs fans d’aller voir leurs idoles. Ja-mais ! 
Ne pas associer le Maire de Paris était aussi un peu cavalier, car l’évènement avait lieu sur ses terres, et l’Etat, sauf cas de force majeure, ne doit rien faire qui puisse chagriner les élus sur leurs territoires.

Ken et Turner…

1 – Deux millions d’euros pour Johnny ? Que vont penser, en ces temps difficiles de crise, les  participants du Festival d’Avignon, les artistes, techniciens du spectacle, intermittents, jeunes troupes qui crient misère et hurlent au désengagement de l’Etat ?

Un million neuf cent mille euros prélevés sur nos impôts pour aider Johhny ? Plus ? Moins ? Combien, exactement ? Sur quelles actions, précisément ? Avec ou sans le décompte du travail des agents du service public qui  ont été affectés à cette tâche ? Et pourquoi n’est-ce  pas la Com du Président qui a financé cet évènement,  si le Président voulait à tout prix être le co-auteur du projet, avec Johnny? Et en plus, Johnny ne paie même pas ses impôts en France…Les questions et appréciations fusent sur les blogs ce matin… Sauf une : mais comment ont-ils fait pour ce spectacle – et les précédents- pour mobiliser les crédits publics de l’Etat ? Affaire sensible …Dossier réservé…Signalé ? Affaire d’Etat? Domaine perso du Prince? Certes, mais qu’ont-ils inventé, dans les Cabinets des ministères, pour  pouvoir verser tant d’argent ? Ou , plutôt qu’ « inventé », qu’ont –ils « mobilisé » comme procédure et comme crédits, déjà largement dépensés et affectés en ces graves périodes de pénurie et de disette budgétaires, pour affecter cette somme à un grand show populaire  ? 

2 – Avec le théâtre, même difficile, toujours penser à un  feu d’artifice! 
Enfin  je vous conseillerais bien, aussi,  de faire un feu d’artifice à chacun de vos spectacles programmés ( Evènementiel, pour les pros du Tourisme).Car ce matin, je me suis régalée de statistiques de fréquentation  en écoutant la radio:  600 000 personnes pour Johnny, disait une radio ! Un million disait la seconde…En ajoutant toujours, cependant  «  Pour Johnny et pour le feu d’artifice de la Tour Eiffel »…Ah bon ???? C’est l’histoire du moine qui prie en fumant et qui mange en priant ? Combien pour Johnny et combien pour la Tour Eiffel ? C’est in-comp-table, évidemment…Puisque c’était gratuit, pas de billets! Qui et comment a-t-on compté, d’ailleurs, hier soir, à Paris?  
Conclusion : il faut vraiment revoir toutes les procédures et toutes les commissions de la Culture, de son ministère:

– Plutôt que les mille et une  commissions pour que tout artiste puisse avoir  sa chance lors d’achat d’œuvres d’art; plutôt que  les circulaires, règlements,  formulaires conditions à remplir pour… avoir trois francs six sous ou davantage de l’Etat, pour  être « éligible », comme on dit dans l’administration, et pour garantir un égal accès pour chacun aux subsides du secteur public,  ne perdons plus de temps!Soyons pragmatiques, envoyons nos demandes au Président, directement, pour avoir notre réponse directement, et si possible notre subvention, directement  elle aussi !

Ajoutons aussi à la RGPP, révision générale des politiques publiques,  une forte critique des processus de choix actuels, trop contraignants, vieillots, qui ne garantissent que peu l’impartialité de l’Etat, son rôle de régulateur et de contrôle, garde-fou des abus en tous genres, bref, tout ce qui fait, en France, que grâce à son administration chaque sou du contribuable est bien placé,  là où il faut !
3 – Le feu d’artifice pour les 120 ans de la Tour Eiffel
Ce feu d’artifice est aussi exemplaire, et dommage que l’on n’en parle pas davantage, car l’affaire Johnny fait écran

Voilà : tous les élus de France veulent leur feu d’artifice, car, c’est vrai, nous adorons – nos enfants adorent aussi – la lumière, la fête, même à date fixe, car c’est magique ! Mais voilà, en France, en particulier, nous avons des choses assez vieillotes, des feux type « Ruggieri », avec la belle rose  et plock ! La rouge et flack !  et les petites fusées vertes et  pchouissss… ! Je passe sur l’Adagio d’Albinoni. Comme on se croit toujours les meilleurs,  on ne sait pas qu’un feu d’artifice, aujourd’hui, ça peut être tout à fait autre chose…Comme celui d’hier sur la Tour Eiffel :  une écriture de lumière dans le ciel, des pluies  blanches, une cohérence, une poésie, un truc à vous tirer des larmes sans les godillots du bing bang, tradi des Pam ! et des Flock

B.Delanoë, et d’ailleurs J.J Aillagon, à Versailles, ont  fait la même chose : savoir utiliser, aujourd’hui, les meilleurs talents, ceux de ces feux d’artifices réinventés, magnifiques d’innovation et tout aussi spectaculaires que les précédents !
Et que l’on ne me dise pas «  Oh, t’es jamais contente…Tu râles tout le temps ! »  ou bien « Mais les gens aiment les feux tradis ! Eh bien non, quand il y a mieux, on fait mieux, voilà ! Les espagnols ( Ah ! le Festival des feux d’artifice de San Sebastian!), les monégasques, pas tout à fait français, d’autres pays savent utiliser ces nouvelles formes de feux d’artifices et sont passés de la marine à voile à autre chose. Et « les gens », comme on  les appelle, aiment aussi ce qui est mieux, si on leur permet de le connaître. C’est sûr, ils ne vont rien demander, et ne bouderont pas leur plaisir à un feu tradi, mais pourquoi les priver de nouveauté, réelle,  et de plaisir? Pourquoi les maintenir au moyen-âge des feux d’artifice quand ceux-ci ont complètement changé, chargés de sens, de rythme, d’images complètement et incroyablement nouvelles pour nous étonner et fabriquer des souvenirs aux enfants ? 
4 – KEN, le Roi de l’Evènementiel ! A Love Parcours ECA2!
Ken, toujours parfait en tout, en tourisme et en culture, en Affaires et en Love, continue de consommer en vacances…Des Suites d’hôtel  à 5000 euros/nuit, un panier moyen à deux fois plus…Pour se cultiver,  il  FAIT les expos, les festivals, avec ou sans Barbie. Ca fait partie de son standing,  et, vous l’avez vu dans nos derniers billets, Ken commence à se prendre au jeu. C’est simple, il a compris, enfin, qu’il avait le droit de  ne pas tout aimer dans une exposition, qu’il devait trouver tout seul les objectifs d’un musée (9 fois sur dix, à l’entrée, on ne vous les donne pas, ça fait partie du code, vous ne savez déjà pas très bien ce que vous allez voir, mais pourquoi au juste vous êtes là, quels sont les buts de ce lieu, de ce que l’on va vous montrer)! Bref, Ken commence à bien se débrouiller et va vous épater! Découvrez son circuit Jet Set de l’été !

A Love Parcours ECA2! Ken est un fou d’évènementiel, et a inventé une nouvelle forme de tourisme culturel : assister à tous les spectacles de l’Agence de Monsieur Pépin, ECA2. Comme il n’y en n’a pratiquement pas en France ( qui préfère les feux d’artifices tradis, on l’a vu…), parce que ECA2, faute de demandes dans notre pays, travaille surtout à l’étranger,  Ken fait un super circuit touristique et culturel, cet été,  à la pousuite des spectacles hallucinants de ECA2.Il va des Emirates, aux J.O s’il y en a,   au mariage de la dernière Princesse du Monde ou  aux soirées branchées de la côte ouest des States.  Ou encore au Japon,   pour se régaler  d’ECA2! Je vous donne le lien, pour que vous partagiez son plaisir : www.eca2.fr et garde pour moi les “photos volées ” de Ken à ces soirées. Hé…Hé…

Vacances et culture, comment  choisir ce que l’on va voir?

Ken a  ainsi résolu le problème du choix, en faisant un Love Parcours ECA2.  Le choix à la question, très simple :  je fais quoi, en culture, cet été , si j’ai du temps?

Il lit la presse : 200 trucs à faire par département, en France! Plus de 600 trucs à faire ou à voir, à écouter, en Région! Ken ne fait pas comme vous et moi , il ne cherche pas les infos pendant des plombes. Il envoie son attaché de presse dans un Office de Tourisme : 45 offres par ville ou campagne, pas moins, non plus, à ajouter aux 27 dépliants et papiers divers remis gracieusement sur le sujet! 
Car « hiérarchiser » est une chose difficile. Un des rares points communs entre la Culture et le Tourisme, c’est l’absence de hiérarchie de l’offre lorsque vous posez une question à un Institutionnel (Office ou Comité du Tourisme). On ne vous dit jamais, ou très très rarement « Que voulez-vous comme hôtel, du calme ? De l’innovation ? Des surprises ? Une jolie vue ? Près de l’eau ?” On vous donne toute la liste des 3 étoiles, par prix ou par situation, à vous de vous débrouiller…

Pour la culture, c’est pareilTout est bien, tout est “à voir”! On vous donnera, si on en dispose,  toute l’info sur  les églises romanes, sans vous signaler celle qui est en meilleur état de conservation, a un très joli cimetière et un jardin ravissant autour…Et on ne vous dira rien des inconvénients de  celle qui n’est pas terrible terrible, pour que vous l’évitiez! Et  que vous choisissiez  plutôt la première, car vous n’avez pas toute la vie pour faire le parcours .  
L’offre est à égalité. C’est navrant. Car tout ne se vaut pas, hé non…Même si les OT ne veulent blesser personne ( les élus des communes, les intercommunalités…)  il vaudrait peut-être mieux qu’ils  hiérarchisent leur offre selon votre caractère et vos envies ( en gros…) plutôt que de vous donner cent adresses, qui aboutiront inéluctablement à cette paralysie qu’est l’embarras du choix.
Grâce aux blogs, à Internet et aux « retours»  d’expérience des voyageurs, ça évolue, heureusement… Parce que lire tous les guides en papier qui « choisissent », eux, – merci au passage au  pionnier du choix, le Routard! – c’est cher et c’est trop long ! 
Entrer dans une librairie pour  choisir son livre de vacances!
Voici, pour illustrer ce principe de non-hiérarchisation de l’offre, de non-choix, de la part de ceux qui en savent un peu plus que vous, en principe. Allez voir   le dessin des Indégivrables, sur  www.indegivrable.com, site auquel vous devez vous abonner pour rire tous les matins, si ce n’est déjà fait. Cette semaine  un dessin sur votre accueil, dans les librairies, quand vous cherchez Quoi lire en vacances ? On vous montre cent ouvrages sur des présentoirs: “Tout est là, voyez vous-même! Nous avons un beau choix cet été 2009!”
 

Légende de la photo de Ken : Ken devant un tableau de Turner, le peintre anglais. Il adore! C’est comme un feu d’artifice!Ici, le tableau “L’incendie des maisons du Parlement” , peint à Londres mais exposé au  Cleveland Museum of Art (USA). Quelques peintre impressionnsites, dont  Pissaro et  Monet, avaient vu le travail de Turner(1775-1851) lorsqu’ils s’étaient  réfugiés à Londres en 1870,  et s’en inspirèrent.